LES LAVIGUEURSL'avocat Pilon n'aime pas son image de crapuleMarie-Joëlle Parent Journal de Montréal 30-01-2008 | 06h13
La série Les Lavigueur, la vraie histoire n'est peut-être pas aussi «vraie» qu'on le dit. Un des avocats dépeints dans la série s'estime victime de diffamation. Me Jean-Pierre Pilon a déposé une mise en demeure contre Radio-Canada mardi dernier et compte maintenant poursuivre les auteurs. Dans la série, Me François Léonard, avocat de Louise Lavigueur, est dépeint comme un personnage «ratoureux, théâtral; un petit malin», écrit Radio-Canada dans son site Internet. «En cour, il fait dire à Louise des choses erronées et dévastatrices à propos de son père. Une vraie crapule», pouvait-on lire sur le communiqué de presse émis par Radio- Canada. Les Lavigueur: bien loin de la vérité
Ce der nier est mécontent de l'image négative qu'on projette de lui dans la série. Diffamation «Il estime avoir été victime de diffamation dans le site Internet (Radio-Canada) et par les auteurs», affirme Jacques Wilkins, agent de communications engagé par Me Pilon pour gérer ce dossier épineux. La crapule du petit écran serait en fait un avocat qui défend la veuve et l'orphelin depuis 40 ans dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, selon M. Wilkins. «Il entend poursuivre les auteurs pour diffamation», ajoute M. Wilkins. Me Pilon a aussi déposé une mise en demeure contre Radio-Canada mardi dernier, lui demandant de rectifier le descriptif du personnage dans le site Internet. |
Aussitôt, Radio-Canada a changé le texte. On peut aujourd'hui y lire: «Aucun lien ne doit cependant être fait entre Me François Léonard et l'avocat qui a représenté Louise Lavigueur pour un certain temps, au début du litige qui l'a opposé à son père.»
Me Pilon a aussi demandé à la SRC de faire une mise en garde au début de l'émission. Ce qui n'a pas été fait.
Le producteur de la série, Marc Grenier, se refuse pour l'instant à tout commentaire.
La balle est dans le camp de Radio-Canada, qui refuse de commenter parce qu'il s'agit d'un dossier «potentiellement légal», affirme Guylaine O Farrell, porte-parole de la SRC.
Payer plus tard
Joint hier à son cabinet, Me Pilon est resté muet quant à ses intentions de porter la cause devant les tribunaux, laissant planer le doute.
Pour l'instant, aucune poursuite n'a été déposée au palais de justice de Montréal.
À savoir si le personnage de la série le représente, il a répondu ceci:
«Ça fait 40 ans que j'exerce dans le quartier ouvrier, je donne accès à des gens démunis à des services juridiques dans Hochelaga-Maisonneuve. Le client paie quand le jugement est rendu.»