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Mario Lirette - L'éternel adolescent
© Le Journal de Montréal
Mario Lirette

MARIO LIRETTE

L'éternel adolescent

Agnès Gaudet
19-01-2008 | 04h00
Mario Lirette, le roi du week-end à la radio, n’est pas du genre à présenter la bague pour qu’on l’embrasse. Mais il ne déteste pas savoir que son succès énerve la compétition.

En fait, la compétition des Week-ends à Mario de Rythme FM s’évertue à trouver des animateurs pouvant le concurrencer. Mais pour le moment, rien de concluant. Il reste le numéro un, seul au sommet. «Ça fait de la meilleure radio », sifflote l’éternel adolescent, un brin d’ironie dans la voix.

Ce n’est pas d’hier que Mario Lirette a du succès à la radio. Il en fait depuis 1972 et célèbre cette année ses 35 ans de métier. Il garde en tête des moments de radio inoubliables, avec les Roch Voisine, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Céline Dion, Ti-Paulo Vincent, Stéphane Rousseau, Patrice L’Ecuyer, les Grandes Gueules, Yves Guérard et Guy Banville.

Mais il a aussi connu une période difficile. C’est ce qui rend le succès si doux aujourd’hui. En 1995, après une série de déboires, accusé de conduite en état d’ébriété, puis de possession de drogue et de violence conjugale, deux crimes pour lesquels il a été acquitté – «Je ne suis pas un batteur de femmes», précise-t-il –, il s’exile à la station CKTF de Gatineau, où il remplace un ami et tente de se faire oublier.

À son émission Méchants Matins du monde, il fait doubler les cotes d’écoute, avant que le patron de Rythme FM, Richard Lachance, le ramène par la grande porte à Montréal.

ORDINAIRE ET EXTRAORDINAIRE

Mario Lirette n’en veut pas à ceux qui, à CKMF, l’avaient foutu à la porte à l’époque. Il avoue que «l’équipe supportait le clown» et qu’il n’était «pas reposant». Mais il rit un peu dans sa barbe devant la compétition aujourd’hui.

«En radio, une part demarché est très dure à aller chercher. Je suis en avance de 14 parts demarché, dit-il. Ça va prendre de 5 à 10 ans avant de m’approcher. »

Et puis Mario admet que cette période de calme imposée à Gatineau a été bénéfique pour sa carrière : «À la vitesse que je roulais, je me serais retrouvé en prison ou à l’hôpital, avoue-t-il. À Gatineau, il a fallu que je me fasse connaître. Ça m’a permis de m’identifier, de réévaluer mes capacités et de conclure que la radio, c’est vraiment ma place. Avant, j’animais inconsciemment. Aujourd’hui, je sais que l’on devient extraordinaire en étant ordinaire!»

DE COMÉDIEN À ANIMATEUR

Et dire que l’animateur ne voulait pas faire de radio ! C’est Réjean Villeneuve, ex-gérant de Stéphane Rousseau, à l’époque à CKLM, qui a persuadé Mario Lirette de tenter l’expérience de la radio. Celui-ci était alors comédien dans la série Avec le temps et il rêvait d’une grande carrière dans le jeu.

Il accepta néanmoins de travailler une nuit à la station. «Je n’avais vraiment pas aimé ça, avoue-t-il. Quand Alain Montpetit est arrivé le matin, j’ai sacré mon camp. » Jusqu’en 1990, il s’entêta à exercer les deux métiers à la fois, jusqu’à ce que le micro triomphe avec Le Show à Mario, Les Deux Pistons et Les Grandes Gueules à CKMF (Énergie aujourd’hui), où il donna une chance à deux jeunes humoristes inconnus, José Gaudet et Mario Tessier, qui s’appelaient à l’époque Les Amuse- Gueules.

Aujourd’hui, après 35 ans derrière le micro, Mario Lirette, 56 ans, peut finalement dire qu’il aime la radio. «Je suis dans ma bulle, dans mon élément, dit-il. Les jeunes me regardent et viennent me chercher. »

COMPTER DES BUTS

En 35 ans, il en a vu de toutes les couleurs à la radio. Les choses ont changé et l’animateur le déplore. «Il y a moins d’artisans, c’est devenu une business qui appartient à des investisseurs, des conglomérats dont certains viennent d’ailleurs et gèrent la radio au Québec. Les sièges sont éjectables, tout est une question de gestion. Les animateurs sont traités comme au hockey, on change de trio, on les sort du club, ou on les renvoie à l’école. »

«Moi, je suis parmi les joueurs qui comptent 50 buts par année. Tant que je vais rester numéro un, ils vont me dire vous et me donner des beaux becs. »

La radio n’est pas toute la vie de Mario Lirette. Homme de famille, Mario est père de trois enfants de deux unions différentes ; deux fils, Philippe-Olivier, 24 ans, et Simon- Nicolas qui habite avec lui, ainsi que Mélissa-Rose, âgée de 11 ans, qui passe ses week-ends à la maison. Amoureux de Jacinthe Valérie, une jeune chanteuse qu’il aide dans sa carrière, il file le bonheur parfait.

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