HISTOIRES DE FILLESLa fin d’un grand bonheurSuzanne Gauthier 12-01-2008 | 16h48
«Par contre, personnellement, c’est surtout l’année dernière que j’ai eu souvent le coeur dans l’eau. Je savais que ça achevait. Il y a donc une partie du deuil qui est faite. Mais c’est certain que le dernier enregistrement va être difficile», avouera spontanément Nathalie Mallette. Le grand bonheur qu’elle sont eu de travailler ensemble valeur manquer, mais également l’esprit de camaraderie, de famille qui, diront-elles, existait sur ce plateau. «Moi qui suis arrivée alors que la série était déjà en ondes depuis six ou sept ans, je peux témoigner, comme tous les comédiens qui sont venus y jouer au fil des émissions, qu’on y était super-bien accueillis. «Tout le monde était très généreux et c’était facile d’entrer dans l’équipe», dira Pascale Montpetit, qui, avec Histoires de filles, en était à ses premiers pas dans une sitcom. «C’était notre responsabilité de bien accueillir les comédiens qui venaient jouer avec nous», précisera madame Mallette.
PARTIE DE NOTRE PAYSAGE Entourant ces comédiennes, il ne faudrait pas oublier les «réguliers», dont Michel Laperrière et son docteur Roch Lafleur, Guy Jodoin et son impayable Gerry, Laurent Paquin et son Laurier Saint-Denis. Et durant les premières années, il y avait également l’attachante Guylaine Tremblay, l’improbable Yves P. Pelletier, l’impayable Mario Jean, la pétillante Marie-Lise Pilote, le flyé Roc Lafortune… Tout ce beau monde devrait d’ailleurs revenir faire un tour dans un des derniers épisodes. On s’était attaché à tout ce beau monde. Leurs Histoires faisaient partie de notre paysage télévisuel. À nous aussi, ils vont manquer! Au départ, les filles étaient loin de se douter que leur série allait tenir l’antenne durant une décennie. «Nous y allions une année à la fois», se souvient Catherine Lachance. Puis, ce sont les filles qui ont réclamé cette dixième année. «Ils voulaient arrêter l’année dernière. Cesser après neuf ans! C’est plate comme chiffre: neuf! Ce n’est pas symbolique, surtout que, contrairement à ce que les producteurs croyaient, nous n’étions pas du tout tannées de jouer dans Histoires de filles», racontent les quatre comédiennes.
«L’APRÈS-Histoires de filles » Elles s’adonnaient à Histoires de filles trois jours par semaine, sans compter le temps de préparation. «Nous étions occupées de septembre à mars. C’était comme notre année scolaire; nous allions passer l’été chacune de notre côté et on se revoyait en septembre», précise Nathalie Mallette, qui devrait un jour remonter sur les planches, tout comme Pascale Montpetit, qui, sans avoir de scène à défendre avec elle, se retrouve avec Marie-Chantal Perron dans le téléroman Destinées. Cette dernière vient de terminer le tournage de Babine, prochain film de Luc Picard, et prépare son retour au théâtre tout en pensant à sa prochaine collection de jupes. En ce qui concerne Catherine Lachance, elle compte bien reprendre ses chroniques à Sucré-Salé l’été prochain: Finalement, Histoires de filles aura été un bon tremplin pour ces comédiennes qui, durant dix ans, sont entrées dans nos salons chaque semaine.
HISTOIRES,
CONFIDENCES
ET FOUS RIRES En dix ans, sur ce plateau, il en est arrivé, des histoires, il y en a eu, des fous rires, il s’en est fait, des confidences, on en a eu, des conversations, parfois sérieuses, parfois tout ce qu’il y a de plus futile… De ces dix années, il va certes rester quelque chose. Surtout cette amitié qui s’est développée au sein des filles et des gars. Pour la préserver, on compte provoquer des rencontres, des soupers… «Ces filles-là sont devenues mes meilleures amies. Chaque semaine, nous sommes ensemble, je ne vois jamais autant mes autres copines. «Et les gars sont comme nos frères, on peut compter sur eux, sur leurs épaules pour nous réconforter si on en a besoin», dira Catherine Lachance.
LA CRISE D’ANGOISSE DE JANINE SUTTO «Il y a le classique: les fous rires incontrôlables de Nathalie. Écoute, il lui arrivait de tellement rire qu’elle en pleurait et les larmes jaillissaient de ses yeux presque à l’horizontal, comme dans les bandes dessinées!» se souviennent les filles en riant encore. «Et toutes ces fois où on a oublié qu’on était sur un plateau de tournage et qu’on jasait, jasait… Les lumières s’éteignaient, toute l’équipe se déplaçait vers un autre décor et nous, on restait là à jaser, jaser…» n’est pas près d’oublier Marie- Chantale Perron, qui, un jour: «J’ai calmé Janine Sutto, qui faisait une crise d’angoisse. Elle n’avait pas compris qu’on enregistrait devant public et elle était devenue toute nerveuse en le réalisant. Je l’avais rassurée en lui disant de ne pas s’en faire, que ça allait aller. Imagine! Moi, calmer Janine Sutto!»
LORSQUE LAURENT PAQUIN SE PREND
POUR FERNAND GIGNAC «Plus on savait qu’il ne fallait pas rire, plus on riait juste à se regarder.» Et que dire des fois où, pour mettre du piquant dans leur couple, Dominique et Gerry se déguisaient? «Entre nous, on aimait bien se dire que Gerry était tellement niaiseux qu’il devait faire l’amour comme une bête!» se rappelle sa partenaire de jeu. «Moi, ce qui me tuait, c’était Laurent Paquin lorsqu’il se mettait à chanter des chansons un peu grivoises en imitant la voix de Fernand Gignac!» raconte en riant, mais avec un fond de nostalgie, Catherine Lachance. |