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TÉLÉ-QUÉBEC RIDICULISE L’IDÉE D'UNE FUSION AVEC TQS

«C'est n'importe quoi»

Mathieu Bruckmuller
10-01-2008 | 19h13
Lancée par Adrien Pouliot, la proposition de fusion entre TQS et Télé-Québec, pour sauver le Mouton noir, n’est pas du goût de Télé-Québec. « C’est n’importe quoi », lance dans un grand éclat de rire Michèle Fortin, la présidente-directrice générale. « On ne peut pas faire Bob Gratton et Loft Story, car notre public va nous quitter », avance-t-elle.

Dans une entrevue au Journal de Montréal, Adrien Pouliot, dont la famille a été propriétaire de Télévision Quatre Saisons pendant 10 ans, estime que les deux chaînes pourraient se tirer d’affaires avec un mix éducatif et commercial. Réponse cinglante de Michèle Fortin : « Ce n’est pas en s’associant avec une télévision au bord de la faillite que nous allons améliorer notre sort. Une partie de notre programmation s’adresse aux enfants et l’autre est à visée éducative et culturelle pour la population en générale. En cas de fusion avec TQS, quelle moitié devrions-nous sacrifier ? », s’interroge Michèle Fortin.

Mission différente
« TQS et Télé-Québec n’ont pas la même mission. J’ai beaucoup de sympathie pour le Mouton noir, mais c’est un autre monde », argue la patronne de Télé-Québec. Seul avantage : « Nous sommes tellement différents que nous ne nous marcherions pas sur les pieds, mais ce n’est pas une raison suffisante pour se marier », poursuit-elle avec une pointe d’humour.

Selon Adrien Pouliot, «TQS pourrait diffuser des émissions éducatives de 9 à 15 heures et la programmation plus commerciale débuterait à 15 heures jusqu’après minuit. Tout le monde y trouverait son compte». Impensable, rétorque Michèle Fortin. Les programmes éducatifs qui fonctionnent le mieux se déroulent à l’heure du souper pendant Le grand Journal de Jean-Luc Mongrain, dit-elle.

« C’est comme si après 15 heures, ce que nous faisons n’a aucune valeur, aucune pertinence. J’invite donc M. Pouliot à regarder Télé-Québec », dit pour sa part Annick Charrette, la présidente du syndicat des employés de Télé-Québec. « Ce n’est pas notre rôle de sauver une télévision privée en difficultés », poursuit-elle.

De son côté, TQS a refusé de commenter les propos d’Adrien Pouliot, de même que la sortie de la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, pour qui Radio-Canada devra porter une lourde part du blâme si jamais le Mouton noir ferme ses portes.

« Nous nous concentrons pour trouver une solution durable à TQS », a dit Claude Derêche, directeur général des communications.

Incapable de trouver un acheteur, TQS s'est placée en décembre sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

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