HOLLYWOODDeux galas écopent très durementMarie-Joëlle Parent Le Journal de Montréal 08-01-2008 | 10h06
Pas de tapis rouge, pas de grands dîners, pas de présentateurs. La saison des galas s'ouvre sans paillettes. La Writer's Guild of America (WGA) a demandé à ses membres et aux acteurs de ne pas franchir les piquets de grève. Ça commence dès ce soir avec les 34es People's Choice Awards. Il n'y aura pas de public dans la salle et les gagnants ont préenregistré leurs remerciements. On apprenait hier que les Golden Globes ne seront finalement qu'une conférence de presse annonçant les gagnants à NBC, à 21 h dimanche. À 19 h, on diffusera des entrevues préenregistrées avec les 72 candidats mis en nomination. Oscars Une grande question demeure: qu'arrivera-t-il des Oscars le 24 février? «Une situation comme celle- là, c'est du jamais vu. Ça commence à faire mal», explique Howard Rodman, un des porte-parole de la WGA joint par Le Journal de Montréal hier à Los Angeles. La grève commence en effet à peser lourd sur l'économie de Hollywood, qui a perdu 160 M$ depuis huit semaines. Les galas sont payants pour les studios. On parle de 20 M$ à 30 M$ en retombées pour un film gagnant d'un trophée. Les galas sont aussi payants pour les réseaux. ABC fait plus avec la soirée des Oscars que pendant toute l'année, précise M. Rodman. Les producteurs vont peutêtre considérer un retour à la table des négociations, qu'ils ont quittée il y a 32 jours. Tom Cruise conciliant Certains producteurs ont déjà pris des arrangements avec leurs scénaristes. C'est le cas de David Letterman. Son show de fin de soirée et celui de Craig Ferguson sont les seuls à avoir des scénaristes de retour au travail. Tom Cruise a également conclu une entente avec les scénaristes de sa compagnie, United Artists Films hier. D'autres emboîteront sans doute le pas. En attendant, les 9 000 scénaristes de Los Angeles et New York poursuivent leur piquetage et leurs moyens de pression. Ils demandent de faire passer le pourcentage sur la vente de DVD de 0,3% à 0,6%. Quatre sous «En ce moment, on touche 4 sous du DVD. Je fais plus en retournant une canette au dépanneur», déplore Howard Rodman. Ils demandent également de toucher un montant pour la diffusion de leurs oeuvres sur Internet. Les producteurs leur ont offert un maigre montant de 250 $ avec une liste de conditions. Pour le téléchargement, ils proposent 0,3%, soit le même taux que dans les années 1980 avec les vidéocassettes. Le salaire moyen d'un scénariste aux États-Unis est de 62 000 $ US. «Les bonzes des studios font plus en étant renvoyés des studios, ironise Howard Rodman. Disney a déjà donné 160 M$ à son PDG pour 5 mois de travail.» Un montant qui comblerait les demandes de tous les scénaristes de la WGA pendant trois ans, conclut M. Rodman... |