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Denis Lévesque - Souvenirs, souvenirs...
© Alfred Lanctôt - Journal de Montréal
Denis Lévesque

DENIS LÉVESQUE

Souvenirs, souvenirs...

Suzanne Gauthier
09-12-2007 | 20h49
En quelque trente ans de carrière, il en a vu passer, du monde derrière son micro. Le plus beau de ses souvenirs, celui qu’il n’est pas près d’oublier, une vingtaine d’années plus tard, et duquel il parle encore avec tendresse et émotion, c’est cet entretien de quatre vingt- dix minutes que lui avait accordé René Lévesque,mais surtout, surtout, du reste de l’après midi qui avait suivi !

«C’était au Saguenay, quelques mois (cinq ou six) avant sa mort. Je l’avais reçu pour parler de son livre Attendez que je me rappelle. Il croyait n’être en ondes qu’une dizaine de minutes, finalement on a fait une heure et demie, en tribune téléphonique, ensemble.

«Il a fait ça avec une humilité assez extraordinaire! On a vraiment beaucoup ri durant quatre-vingt-dix minutes. »

Une fois l’entrevue terminée, Denis Lévesque, qui ne se connaît pas de lien de parenté avec notre ancien premier ministre, sauf peut-être celui de descendre du même Robert, a demandé à René Lévesque ce qu’il faisait avant sa signature de bouquins, prévue pour 17h30.

«Rien de prévu», lui aurait répondu René Lévesque.

Il était 13h30. Denis Lévesque alla demander la carte de crédit de son boss, voulant inviter monsieur Lévesque, son épouse, Corinne Côté, et leur chauffeur pour dîner.

«Mon boss, qui était le copropriétaire d’un des bons restos de l’endroit et qui était un fédéraliste invétéré, ne voulait rien savoir de payer le dîner à René Lévesque. »

JACQUES CHIRAC TROUVAIT CORINNE TROP DE SON GOÛT
Finalement, carte de crédit en poche, les voilà partis pour ce dîner au Chez Georges, dîner qui fut arrosé de bon vin et qui fut propice aux confidences comme celle-ci:

«Monsieur Lévesque m’avait raconté que s’il avait décidé de se marier, c’est que lorsqu’il allait en France, le protocole voulait que Corinne soit derrière lui. En se tournant, il voyait que Jacques Chirac semblait trouver sa Corinne pas mal de son goût… De plus, je trouvais que Corinne avait l’air à aimer ça pas mal; j’ai donc décidé de me marier, à cause de ça!!!» lui avait raconté l’ancien premier ministre.

«Cette rencontre fut tellement sympathique! C’était comme si j’avais parlé à mon oncle. C’est mon plus beau souvenir. Ç’a été la plus belle journée professionnelle de ma vie!»

LA PREMIÈRE RÉALISATION D’UN RÊVE
C’est très, très, très jeune que Denis Lévesque, qui vient de fêter son demi siècle de vie, a su qu’il voulait être un communicateur.

«J’ai eu ce privilège de savoir très tôt ce que je voulais faire dans la vie. Un des meilleurs amis de mon père (Harvey Paradis) était ce qu’on appelait à l’époque annonceur de radio à Roberval, au Lac-Saint-Jean», raconte ce petit-fils du journaliste qui avait lancé l’hebdo local de Roberval, en 1900.

Denis Lévesque se souvient d’avoir, durant des années, écouté religieusement les commentaires des «annonceurs de radio» faire la description de la fameuse Traversée du Lac.

Lorsque quelques années plus tard il a lui-même décrit cette épreuve sportive (il a commencé à faire de la radio à l’âge de dix-sept ans), il se souvient encore de sa fébrilité et de son bonheur:

«C’était la première réalisation d’un rêve de jeunesse. Moi qui avais tant joué à décrire les nageurs, voilà que je le faisais pour vrai!» dira celui qui se décrit comme un communicateur davantage que comme un journaliste.

SES CLASSES À RDI
Un jour, avec ses quatorze ans de radio dans le corps, Denis Lévesque débarque dans la métropole. C’était en 1995. Très en forme, l’homme venait de vivre une année sabbatique pour prendre soin de son bébé fille. Un peu fatigué de la radio, il lorgnait du côté de la télé.

Comme RDI venait d’ouvrir (depuis six mois), qu’il y avait des amis, notre homme s’y retrouve: «C’est là que j’ai appris à faire de la télé.»

Puis le voici parti pour TQS. Il commence sur le terrain, lit les nouvelles, anime les débats: «Je suis sûrement un des seuls à avoir quitté Radio-Canada pour TQS!»

Puis la maladie le frappe, il récupère loin du métier et arrive à LCN. Il avait en tête la formule d’émission qu’il anime depuis deux ans et qui lui permet d’aller dans différentes sphères de la société. La glace est souvent mince, les sujets parfois délicats, mais Denis Lévesque, à qui il arrive de se faire regarder de haut par d’autres journalistes, sait mener sa barque habilement et, surtout, recevoir tous ces gens avec empathie.

Ce père de deux filles âgées de 10 et 15 ans dont il a la garde aimerait bien cependant améliorer sa vie familiale en enregistrant quelques émissions à l’avance. Avec le succès qu’il remporte, avec sa trentaine d’années de métier, avec la cote d’amour qu’il détient, Denis Lévesque devrait être en mesure de se négocier ça.

Denis Lévesque, du lundi au vendredi à 19 heures (en direct) et à 21 heures (en rediffusion) à LCN, à 23 heures (en rediffusion) à TVA et le samedi à 21 heures (en rediffusion) à LCN.

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