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Tout le monde en parle - Arcand persiste et signe
© Radio-Canada
L'entrevue de Denys Arcand (qui était accompagné de Marc Labrèche, qui joue le rôle principal de son film) s'est déroulée dans le rire et la bonne humeur.

TOUT LE MONDE EN PARLE

Arcand persiste et signe

Maxime Demers
Le Journal de Montréal
03-12-2007 | 10h45
Dans une rare entrevue hier soir à Tout le monde en parle, Denys Arcand a accusé les critiques de rapidement laisser tomber les cinéastes qu'ils ont naguère encensés.

Questionné sur le fait qu'il a qualifié les critiques français de «tabarnaks» le mois dernier lors de la présentation de L'Âge des ténèbres au Festival du cinéma en Abitibi-Témiscamingue, le réputé cinéaste québécois a expliqué qu'il en voulait surtout au phénomène de mode qui semble influencer grandement leurs choix.

«Quand j'ai dit qu'ils étaient des tabarnaks, ce n'était pas par rapport à moi mais plutôt par rapport aux cinéastes qui deviennent passagèrement à la mode pour les critiques», a souligné Arcand.

«Je pense notamment à des gens comme Jean-Pierre Lefebvre, qu'ils (les critiques) ont qualifié de génial, extraordinaire et merveilleux, avant de se tanner de lui et de le laisser tomber. Après, il y a eu Marc-André Forcier qu'ils ont vite surnommé «notre Fellini». Mais ça, c'est the kiss of death, du temps emprunté.

«Il y a eu aussi Francis Mankiewicz, notre Bergman, qu'ils ont dit. Mais le problème, c'est qu'à chaque fois, ils les abandonnent après s'être tannés d'eux. Ils ont ainsi parfois fait beaucoup de tort à des gens. Comme à Francis (Mankiewicz), qui a dû aller travailler à Toronto dans des conditions pas évidentes. La même chose pour Claude Jutra. C'est parce que j'ai vu ces gars-là avoir de la misère que j'ai dit que les critiques étaient des tabarnaks.»

Quant aux critiques français qui ont été très sévères à son endroit lors de la sortie de L'Âge des ténèbres en France il y a deux mois, Arcand a rappelé que ce n'était pas nouveau.

«J'ai toujours eu des ennemis en France qui sont toujours là et qui étaient là pour Les Invasions barbares aussi. Ce n'est pas bien pire avec L'Âge des ténèbres qu'avant. Lors de la sortie du Déclin de l'empire américain, le journal Libération a écrit que j'étais un crétin», a rappelé le réalisateur.

Pessimiste

Très brève et restant toujours en surface, l'entrevue de Denys Arcand (qui était accompagné de Marc Labrèche, qui joue le rôle principal de son film) s'est déroulée dans le rire et la bonne humeur, avec beaucoup de complaisance aussi.

Guy A. Lepage a relevé au début de l'entretien que comme les films précédents d'Arcand, L'Âge des ténèbres dressait un portrait peu flatteur de la bureaucratie du système québécois et de notre société en général.

«Je ne suis pas très optimiste quant à l'état de la planète, l'état des pays sous-développés et l'état de notre bureaucratie», a admis Denys Arcand.

«Je m'enrage pour toutes sortes de choses. Je m'enrage contre le Stade olympique qui a coûté un milliard de dollars et qui va coûter un autre milliard pour refaire le toit. Il y a aussi un ministère du gouvernement québécois qui a dépensé 100 000 $, ou peut-être un peu plus, pour recalibrer ses bureaux selon la doctrine Feng Shui. Ce n'est pas une blague, ça, c'est vrai.»

L'entrevue de Denys Arcand hier à Tout le monde en parle était l'une des seules accordées aux médias québécois à l'occasion de la sortie de L'Âge des ténèbres. Ce matin, le cinéaste doit également s'entretenir avec Paul Arcand à l'émission matinale Puisqu'il faut se lever, sur les ondes du 98,5 FM.

Ce soir, Arcand et l'équipe de L'Âge des ténèbres fouleront le tapis rouge à la Place des Arts pour la première montréalaise du film. L'Âge des ténèbres sort en salle vendredi.

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