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HOLLYWOOD

Une Québécoise inquiète

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
12-11-2007 | 12h32
Commencer dans le métier de scénariste à Hollywood en pleine grève, ce n'est pas le scénario idéal. Parlez-en à Élizabeth Cormier 24 ans. La Québécoise vient tout juste d'obtenir son diplôme du prestigieux American Film Institute, et voilà que l'avenir n'est plus si doré...

«Je suis inquiète, glisse-t-elle au bout du fil depuis Los Angeles. Si ça ne se règle pas d'ici l'Action de grâce, ça peut facilement durer plusieurs mois.»

En 1988, la grève des scénaristes avait duré 22 semaines et avait coûté plus de un demimilliard aux studios.

«Plus ça dure, plus les studios vont couper à cause des pertes d'argent, et ce sont les nouveaux qui vont payer», dit-elle.

En attendant, Élizabeth Cormier continue de peaufiner ses scénarios et tente de se trouver un agent.

Nous l'avons rencontrée plus tôt cet automne à l'American Film Institute, une école qui forme l'élite du cinéma. Les bailleurs de fonds se nomment George Lucas, Steven Spielberg, Clint Eastwood et plusieurs bonzes de Hollywood.

Diplôme

Elle venait tout juste de recevoir son diplôme des mains de Sean Connery portant un kilt, une cérémonie digne d'un film pour ados.

Le coût de cette maîtrise de deux ans? 60 000 $US. Ça, c'est sans compter le coût de la vie là-bas. On peut donc parler de 100 000 $US. Heureusement, elle a pu compter sur quelques bourses du gouvernement du Québec.

L'American Film Institute, c'est 120 étudiants triés sur le volet chaque année. La moyenne d'âge est de 28 ans, et 20% sont des étudiants internationaux.

Le volet scénarisation forme 20 étudiants par année. Ils viennent grossir les rangs d'un milieu très compétitif.

«C'est très dur de percer dans le métier. La plupart du temps, les producteurs vont lire les 30 premières pages sur les 120, et c'est tout», dit Élizabeth Cormier, tout en nous faisant visiter les lieux.

Les corridors fourmillent de nouveaux étudiants. Les murs sont tapissés de posters de films-cultes.

Au sous-sol, on retrouve les studios de tournage. Au dernier étage, la bibliothèque abrite tous les scénarios originaux depuis la naissance de Hollywood, une vraie caverne d'Ali Baba: E.T., American History X, ils sont tous là.

Chaque semaine, des réalisateurs connus comme Al Pacino, David Lynch, Robert De Niro, Pedro Almodóvar, Michael J Fox, Martin Scorsese et Robert Zemeckis donnent des séminaires, un peu comme à l'Actor's Studio.

Si la grève s'étire, Élizabeth devra sans doute reprendre le chemin de Montréal. Dommage, parce que le mont Royal, ce n'est pas les collines de Hollywood...

Savoir vendre son scénario

Un scénario de débutant peut rapporter jusqu'à 50 000 $US. «Le plus dur, c'est de trouver une histoire qui n'a pas encore été faite. Et un scénario doit être facile à expliquer en une phrase», dit Élizabeth Cormier.

Un diplôme de l'AFI ne signifie pas pour autant un boulot assuré. Les étudiants comme Élizabeth doive faire de la représentation dans tous les cocktails de la ville.

Elle assiste à des soupers de type spead dating où elle a trois minutes pour vendre son pitch à des producteurs déjà saturés.

Comédies

Sa spécialité, ce sont les comédies. Elle en a déjà quatre en banque. Le premier scénario raconte l'histoire d'un gars qui prétend être le 2e Christ sur Terre.

L'autre parle d'un mariage et d'un enterrement aux Îles-de-la-Madeleine.

Le 3e est un film d'animation sur un ornithorynque qui fait le tour du monde à la recherche de son identité.

Et le dernier parle d'un jeune garçon qui simule son enlèvement. L'idée lui en est venue en feuilletant les journaux.

Il ne lui reste qu'à trouver la personne qui les réalisera...

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