LCNLe vent dans les voilesDavid Patry Le Journal de Montréal 07-10-2007 | 05h00
Depuis sa création il y a 10 ans, LCN détenait une licence de diffusion qui l’obligeait à présenter des manchettes aux 15 minutes. Un format contraignant qui a été allégé par le CRTC en février 2006, à la suite d’une demande faite par le réseau. Maintenant, LCN a le droit de diffuser des analyses et des interprétations de l’actualité, jusqu’à concurrence de 12% de son temps d’antenne. «On voulait donner une personnalité à LCN, lui donner des visages», explique le directeur général de l’information de TVA et de LCN, Martin Cloutier. La nouvelle licence du canal nouvelles a permis de diffuser des émissions comme J.E., Denis Lévesque et Franchement Martineau. En cette période faste en information, l’analyse et le commentaire de personnes connues et reconnues sont des choses appréciées du public. Depuis, LCN a le vent dans les voiles. Alors que RDI a toujours eu une longueur d’avance, notamment au niveau des parts de marché, les deux réseaux se retrouvent aujourd’hui au coude à coude, avec chacun 2,6 parts de marché lors de la dernière année. LE CANAL NOUVELLES DE TVA «Quand je suis arrivé à LCN, on avait 1,3 de parts de marché. Il y a eu une transformation très importante de LCN, en commençant par dire que LCN est le canal nouvelles de TVA. Les gens aiment et font confiance à TVA pour s’informer. Si TVA a sa chaîne d’information, ils vont retrouver les reporters de TVA, la qualité d’information de TVA, la rigueur de TVA et la façon de couvrir l’information de TVA LCN», affirme Martin Cloutier. Mieux encore, LCN a devancé RDI en termes de portée. C’est-à-dire le nombre de téléspectateurs qui s’arrêtent à la chaîne au moins une fois par semaine. Quelque 3,6 millions de téléspectateurs sont passés LCN chaque semaine cet été, contre 3,1millions pour RDI. Des chiffres qui font la fierté de Martin Cloutier. DÉRÉGLEMENTATION EN VUE Pour poursuivre sur cette lancée, Martin Cloutier espère que le CRTC déréglementera encore davantage dans les prochaines années. Il rêve de pouvoir présenter d’autres formats d’émissions sur LCN, comme des documentaires. Ce que ne lui permet pas sa licence actuelle. «Je pense que dans 10 ans, il n’y aura plus de réglementation. Moi c’est ce que je souhaite. On a des conditions de licence qui nous empêchent de faire beaucoup de choses, mais je crois que dans 10 ans, ça va être révolu tout ça.» Martin Cloutier est d’avis que les réseaux devront alors se rabattre sur un seul critère: la pertinence. «Vous savez, il n’y a plus de limite avec le Web. Il y a des sites où on peut aller chercher toutes les télévisions du monde.» SUR LA CORDE RAIDE DEPUIS 10 ANS Breaking news. Un policier de Montréal vient de tirer sur un homme dans l’arrondissement Anjou, au moment même où Le Journal de Montréal est de passage dans les locaux de LCN. Julie Couture, qui quelques instants plus tôt nous faisait l’éloge des petites équipes de LCN, promptes à réagir lorsque l’actualité l’impose, ne se doutait pas qu’elle aurait la chance de le prouver si rapidement. L’équipe technique s’active, la chef d’antenne reprend son siège et pose des questions à voix haute à ses collègues afin d’avoir ce qu’il faut d’information pour pouvoir entrer en ondes. Mais voilà, quelques secondes avant d’être en direct dans des milliers de foyers québécois, l’hélicoptère TVA, avec Maxime Landry à son bord, n’a toujours pas trouvé l’endroit de la fusillade et n’a donc pas d’images à présenter. Pas d’images, pas de télé. On indique à Julie Couture qu’elle devra annoncer les événements pour y revenir plus tard, en passant tout de suite un autre sujet. C’est là que toute la beauté – et aussi la cruauté – du direct entre en jeu. Julie Couture entre en ondes et s’aperçoit que Maxime Landry a trouvé l’endroit cerné par les policiers. Elle jette un regard rapide à ses écrans et le lance pour ses explications, glanées en plein vol grâce à des appels aux corps policiers et à Urgences Santé. Un revirement de situation aussi rapide qu’inattendu, que Julie Couture et Maxime Landry ont pris en charge de main de maître. PLUS DE MATURITÉ Être ainsi si la corde raide, vous pourriez vous brûler les doigts… «Oui, il y des dangers, mais ce sont les mêmes qui guettent n’importe quelle salle de nouvelles, que ce soit en direct ou en différé», affirme le directeur général de l’information de TVA et de LCN, Martin Cloutier, qui dirige une équipe d’une cinquantaine d’employés. «Les gens connaissent leurs capacités. Quand ils peuvent y aller, ils y vont. Quand ils peuvent pas, ils attendent», admet Martin Cloutier, qui a lui-même travaillé pour le concurrent RDI pendant une dizaine d’années avant d’être à l’emploi de LCN depuis 2004. |