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Financement - François Avard est bougon
François Avard remet en question les choix des grands argentiers de la télévision.

FINANCEMENT

François Avard est bougon

Pascale Lévesque
Le Journal de Montréal
19-09-2007 | 12h21
L'auteur François Avard bougonne contre la télé, lui reprochant d'être tombée dans la facilité. L'auteur réclame plus d'argent pour la fiction.

«J'ai hâte que la norme revienne de financer la création de fiction et de séries lourdes», déclare celui qui nous a donné Les Bougon devant l'abondance de jeux et de télé-réalités.

«Moi, la télé, elle me plaît pour l'information et la fiction. J'aimerais bien plus qu'on mette de l'argent et de l'énergie dans la série télé que dans les jeux, les télé-réalités ou dans le rapatriement des sports à l'antenne de grandes chaînes. On a déjà une chaîne spécialisée pour le sport, de toute façon», plaide-t-il, citant en exemple Les Boys comme seule série ayant un budget décent de plus de 400 000 $ par demi-heure. Avec Casino, Nos étés 4 et Le Négociateur 3 qui ne seront présentés qu'à l'hiver, il est vrai que la grille horaire d'automne souffre d'un certain déséquilibre.

François Avard tire à boulets rouges sur la nouvelle émission C'est juste de la télé, à ARTV, animée par André Robitaille.

«La télévision se regarde assez le nombril comme ça. On dirait qu'en ce moment, il n'y a pas de place pour la télévision qui se moque d'elle-même», rappelant les belles années de RBO, Rira bien et Taquinons la planète.

Risible

Un vrai paradoxe à son avis parce que «pourtant, la télé n'a jamais été aussi risible qu'aujourd'hui».

Et c'est exactement là où se positionne Pendant ce temps devant la télé, une émission pour jeunes script-éditée par François Avard, que vous verrez en première ce samedi. Un projet qui plaira tant aux ados qu'aux adultes pour la simple et bonne raison que c'est une des rares occasions où la télé rit d'elle-même.

En gros, on y suit quatre ados bien écrasés, pour ne pas dire vissés dans le divan du sous-sol, se livrant à une séance prolongée de zapping. Par le biais de cette émission, François Avard et ses auteurs (Jean-François Léger, Daniel Gagnon, Pascal Lavoie et Daniel Chiasson) s'en donnent à coeur joie dans les parodies d'émissions, de pubs et de valeurs superficielles survéhiculées, comme l'esthétisme à outrance chez les filles.

Sans prétention

«C'est de la caricature, le projet n'a aucune autre prétention. On souhaite dénoncer, mais drôlement. Il n'y a pas de morale en fin de sketch», souligne-t-il.

Tournée et prête pour diffusion depuis l'automne 2006, la série sera finalement diffusée le samedi en heure de grande écoute. Une case horaire qui laisse le script-éditeur perplexe.

«En fin de journée la semaine, ça nous aurait plu. Là, ils l'ont mise dans une slut adulte: je me demande si les jeunes sont vraiment devant la télé à cette heure-là», conclut François Avard.

  • Pendant ce temps devant la télé, le samedi 18 h 30 à Radio-Canada

    L'Afrique à Montréal...

    François Avard n'échappe pas à la dure médecine du manque d'argent pour les fictions en télévision. Faute d'argent pour financer son projet, il s'est fait proposer de tourner une série sur l'Afrique... à Montréal.

    Darfour

    Inspiré par son périple au Darfour, François Avard aurait bien aimé présenter une série prenant place sur ce continent. Laquelle aurait été produite par Aetios, boîte de Fabienne Larouche.

    Bien qu'intéressée par le projet, Radio-Canada lui a proposé d'en tourner 75% à Montréal.

    «Radio-Canada nous a ensuite proposé d'adapter l'idée pour en faire un film. Mais ça ne m'intéressait pas. L'idée de le faire à la télévision, c'était de faire goûter l'Afrique à des gens qui n'auraient pas été portés à s'y intéresser», explique l'auteur.

    L'idée a donc été abandonnée.

    Les Bougon et la France

    Dans un autre ordre d'idées, François Avard attend toujours de voir l'adaptation française des Bougon à M6 se réaliser. Il déclare d'ailleurs à ce sujet: «Je le croirai quand je le verrai.»

    Ah bon? «La dernière fois que je suis allé en France, c'est en décembre. Et je me rappelle principalement d'être allé au resto», raconte-t-il. Un bon bout de temps, donc, pour un gars censé superviser l'adaptation de la série: ce qui en dit long sur la vitesse à laquelle avance le projet.

    «Il y a eu beaucoup de rumeurs à ce sujet, mais pour l'instant, je n'ai encore rien vu du travail des Français», dit-il.

    N'empêche, François Avard n'est pas en manque de projets: en plus de travailler avec Martin Matte sur son spectacle, tout comme avec Louis-José Houde sur le sien, il prête aussi main-forte à ce dernier pour le gala de l'ADISQ et la 2e saison d'Ici Louis- José Houde. Entre autres!

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