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AU NOM DES FEMMES

Julie appelle l'État à la rescousse

Dany Bouchard
Le Journal de Montréal
07-09-2007 | 10h58
Appuyée de Mario Dumont et de Bernard Landry, la productrice Julie Snyder relance le débat sur l'aide de l'État versée aux couples infertiles faisant appel à la fécondation in vitro.

Premier document de la série Ça pourrait nous arriver, celui portant sur la fécondation in vitro révèle au grand jour les lacunes du gouvernement en matière d'aide aux couples souffrant d'infertilité.

Outre un crédit d'impôt de 30% alloué aux couples qui sont traités, l'État ne paie aucun des traitements via son régime d'assurance- maladie, contrairement à beaucoup d'autres pays comme l'Angleterre, la France ou la Belgique qui défraient la majeure partie des frais s'élevant souvent au-delà de 20 000 $.

«Au Québec, on permet à des femmes d'avorter autant de fois qu'elles le souhaitent, mais il y en a qui veulent des enfants et on ne les aide pas», s'indigne Julie Snyder, productrice du documentaire qui a elle- même eu recours à la fécondation in vitro par le passé (avant de finalement devenir enceinte de façon naturelle).

Un débat politique en vue

Rencontré dans le cadre du documentaire, l'actuel ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, y va de déclarations complètement discordantes de ce que prônent les autres politiciens interviewés.

«Ce n'est pas notre intention d'ajouter quoi que ce soit au panier de services (de l'assurance-maladie)», tranche-t-il.

Présent hier au visionnement de presse du documentaire, Mario Dumont a quant à lui affirmé que le Québec est en retard sur la question et que son parti a déjà prévu des mesures.

«Nous, ce qu'on dit, c'est que l'infertilité doit être reconnue comme étant une condition médicale couverte par l'assurancemaladie», dit-il, en s'avouant très «surpris» des déclarations de Philippe Couillard.

«Il a une fermeture étonnante», soulève M. Dumont à son sujet.

Le documentaire montre aussi le témoignage de Bernard Landry (instigateur du crédit d'impôts en 2000), qui souligne «que nous avons le taux le plus élevé de ligatures des trompes, de vasectomies et d'avortements de tout l'Occident».

«Un documentaire comme celui-là va mettre ce sujet-là sur la place publique pendant plusieurs mois», estime Mario Dumont.

Céline Dion et Julie Snyder

Hormis le côté politique du sujet, Ça pourrait nous arriver vise aussi à démystifier la fécondation in vitro à travers les témoignages de personnalités connues (Céline Dion, Julie Snyder) et de couples aux prises avec l'infertilité.

Particulièrement authentique, Céline Dion y va d'ailleurs d'un témoignage très émouvant, notamment lorsqu'elle raconte comment elle s'est sentie avant d'avoir eu recours à la fécondation in vitro.

«Après trois ou quatre ans (d'essais infructueux), je me suis dit qu'on était peutêtre trop chanceux. [...] Quand René est tombé malade, ça a été le son de cloche: astu compris que t'en n'aurais pas?», dit-elle, émue.

Julie Snyder convient pour sa part que le documentaire «engagé» est une première pour sa boîte de production.

«Je ne le fais pas pour moi, parce que j'ai les moyens de me payer les traitements de fécondation in vitro, mais je le fais pour les autres, pour ces couples-là qui paient jusqu'à 20 000 $ pour leurs traitements.»

À l'avenir, Ça pourrait nous arriver traitera notamment de l'adoption, du don d'organes et des gens qui changent de vie.

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