GILBERT ROZONNouvelle tape dans le dos très appréciéeAgnès Gaudet Le Journal de Montréal 11-06-2007 | 11h07
Gilbert Rozon a reçu pour Juste pour rire près de 40 prix en carrière dont plus du trois quart en tourisme, mais aussi des Gémeau, Félix, Gemini et bien sûr un Olivier. Cette fois, il est honoré au Festival international de télévision de Banff, une mention à l'échelle pan canadienne, qui est reconnue mondialement. «Ce prix, comme tous les autres, revient à mon équipe, à Éric Belly, Lucie Rozon, Jacques Chevalier, Bruce Hill, s'empresse de souligner Gilbert Rozon. Moi, je ne suis que le capitaine de l'équipe. Rozon est honoré aux côtés des piliers de l'humour tels Peter Ustinov, l'Australien(ne) Dame Edna, l'Anglais John Cleese, l'Américain Martin Short et Guy A. Lepage récipiendaires des années précédentes: «Je vais rentrer là très modestement, en petit maître, sur la pointe des pieds, dit-il, lui qui a souvent le sentiment d'imposture. Ce n'est pas de la fausse humilité, ajoute-t-il. Juste pour rire n'est pas l'oeuvre d'un seul homme. Sinon, je ferais de la peinture. On ne peut pas gagner un match de hockey et garder la coupe stanley pour soi tout seul. Chacun de mes co-équipiers est un guerrier, moi je n'ai fait que coordonner tout ça.« Accent du lac st-jean Reste que Gilbert Rozon montera avec une pointe d'orgeuil sur la scène ce soir: «Mais, ajoute-t-il sans se prendre au sérieux, le lendemain on recommence à se battre avec Bev Oda! C'est un réel paradoxe.» M Rozon a préparé un discours, cherché un angle. Il se débrouille assez bien en anglais sans être à l'aise comme dans sa langue natale: «Je vais me fier à mon charme naturel, lance-t-il en riant, à mes quelques milliers de mots et mon accent du lac St-Jean.» Comme à chaque fois qu'il doit prendre la parole devant une foule, Gilbert Rozon angoisse. C'est qu'il ne veut surtout pas ennuyer la galerie. «Je ne me prends pas pour un comique, dit-il. Je ne suis pas Rousseau (Stéphane) ni Parent (Jean-Marc) qui ont une aisance extraordinaire sur scène. Mais je suis le patron de Juste pour rire. Il faut pas que je sois trop plate, ni trop long, mais il faut que je dise quelque chose qui marque.» Encouragements moraux Les prix sont-ils utiles dans la carrière de Gilbert Rozon? Selon ce dernier, ils peuvent ouvrir des portes et aident à promouvoir une marque, mais les encouragements devraient se trouver aussi dans les moyens financiers. «Les tapes dans le dos font du bien. Mais à la fin de la journée, ce qui compte c'est d'avoir les moyens de faire un bon festival, précise Rozon, d'aller au bout de ses rêves, de pouvoir offrir plein de spectacles gratuits dans les rues. En attendant, on y va pour les encouragements moraux.» Les Gags, un succès planétaireDire que la série Les Gags diffusée à la télévision sur l'ensemble de la planète est née... dans la douleur. Pour Gilbert Rozon, les grandes idées ne sont au départ pas toujours évidentes et certaines évidences échouent. Il a longtemps résisté à produire la série Les Gags, doutant de son succès et croyant le marché saturé. L'équipe Juste pour rire était en désaccord. C'est Pierre Girard qui l'a convaincu et tout le monde a mis l'épaule à la roue, pour en faire le succès international qu'on connaît aujourd'hui. Encore présentement, des Gags sont tournés ici et en Irlande (pour la BBC). En fait, cinq équipes à travers le monde planchent en parallèle sur la «table à dessins» sur des avenues télé différentes. «Pour trouver des projets qui vont faire le tour du monde, il faut en faire beaucoup», estime Rozon. Aujourd'hui l'ensemble des émissions Juste pour rire sont présentées partout à travers le monde, dans 125 pays et 95 lignes aériennes. Au delà de 2 milliards de personnes voient les émissions Juste pour rire chaque année. Quant au festival, il est selon Rozon, indissociable de «courte-pointe» globale de Juste pour rire. |