AU 21E SIÈCLELa télé publique est encore utileMarie-Joëlle Parent Le Journal de Montréal 15-05-2007 | 10h48
La fragmentation des auditoires, la concentration des entreprises médiatiques et la mondialisation sont les ingrédients d'«un cocktail dangereux pour la protection de la culture canadienne», a énoncé M. Lafrance lors d'un dîner-conférence devant le Cercle canadien de Montréal. Son discours a porté sur l'avenir de la télévision d'État dans un contexte de compétition avec les chaînes spécialisées qui se multiplient, mais aussi par rapport à la réalité des auditoires qui fuient vers ces chaînes. À titre d'exemple, en 1961, l'émission L'Heure des quilles attirait 2,6 millions de spectateurs. Aujourd'hui, l'émission la plus écoutée, Tout le monde en parle, attire 1,6 million de téléspectateurs. «Voilà une des raisons pour lesquelles les chaînes généralistes ont des petits problèmes économiques», a précisé M. Lafrance. Ce dernier se rassure toutefois de constater que, malgré l'éventail de choix, de 70 à 85 % des spectateurs québécois choisissent d'écouter une des trois chaînes généralistes (SRC, TQS, TVA). Par ailleurs, le CRTC rendra dans les prochains jours une décision importante pour les chaînes généralistes comme Radio-Canada. On saura si la SRC aura droit de toucher des redevances chaque mois, tout comme celles auxquelles les chaînes spécialisées ont droit. Du reste, M. Lafrance a proposé plusieurs avenues pour rendre la SRC «plus publique que jamais et plus présente sur le territoire». Dès cet automne, la création de deux nouvelles émissions - une réservée à l'international, l'autre à l'enquête - renforcera le créneau de l'information. Il souhaite aussi consolider l'offre des émissions jeunesse et celle des émissions sportives. En dernier lieu, Radio-Canada veut miser sur les nouvelles technologies: télé haute définition, baladodiffusion, radio satellite, etc. «Il faut absolument que le Canada soit à jour en matière de technologies», allègue M. Lafrance. |