100E D'ANNIE ET SES HOMMESUne émission qui est rassembleusePascale Lévesque Le Journal de Montréal 14-03-2007 | 10h19
France Lauzière, directrice des programmes de TVA, a de quoi sourire devant le succès d’Annie et ses hommes. Depuis ses débuts il y a 5 ans, le téléroman, qui ne coûte que 300 000 $ à produire, a connu une constante progression d’écoute, passant de 900 000 à 1,287 million de fidèles en moyenne. Des motifs suffisants dans le contexte de restrictions budgétaires pour que Mme Lauzière décide de remettre ça pour une prochaine année, invoquant, en plus de la grande écoute, l’autre grande qualité d’Annie et ses hommes: « C’est une émission rassembleuse, tant par son propos que les émotions qu’elle suscite. Mais encore plus, elle réussit aussi à rassembler la critique, l’industrie et la population », soulève-t-elle. Une première qui dure 6 ans En 5 ans, le téléroman écrit par Annie Piérard et Bernard Dansereau a, de fait, reçu 46 nominations et 32 prix, tous galas confondus, lesquels se traduisent en 21 prix Gémeaux et 9 MétroStar-Artis et prix Coup de cœur Famille-Culture en 2005. Quoi de mieux que 3 beaux bébés en santé comme cadeau d’anniversaire! Pour son 100e épisode, Annie et ses hommes fête dans la naissance et l’adoption: pendant que Josée accouche de ses deux jumeaux, rassemblant à elle seule tous les clichés possibles et imaginables d’une femme enceinte qui a tout prévu, Annie récupère sa petite Mathilde en Chine. Annie et ses hommes est le premier téléroman signé de la plume des deux auteurs. Jamais ces derniers n’auraient pu croire tenir la route avec un même projet pendant tout ce temps. «Le projet de départ, c’était d’entrer dans l’univers d’une famille de monde ordinaire dans lequel on marie le drame et la comédie. Il y avait beaucoup moins d’aspects lourds comme maintenant. Après la première année et demi, on avait fait le tour et on a commencé à développer des sujets plus ardus», explique Bernard Dansereau. D’Annie et de ses hommes, le spectre dramatique s’est étendu à de nombreux autres personnages. Audace dans les sujets Dépression, déficience intellectuelle, adoption internationale et pédophilie cybernétique sont autant de sujets difficiles et même inhabituels qui ont été abordés au fil des saisons. «Je pense qu’on a pu se permettre d’aller plus loin parce que la famille d’Annie est bien ancrée chez le public. Les gens sont prêts à être plus ouverts dans ce cas», fait voir le coauteur. «Les auteurs sont très audacieux dans leurs sujets, mais ils donnent aussi un aspect très réel à la série. Ce sont des auteurs talentueux et très rigoureux qui font des recherches pour nourrir leur scénario. Ils nous surprennent à chaque année», commente Sophie Pellerin, productrice chez Sphère Média. C’est d’ailleurs elle qui a eu le flair au départ pour Annie et ses hommes lorsqu’elle occupait le poste de directrice de la programmation de TVA. «Tout est une question d’intuition, mais en se fiant aux textes et à la belle brochette d’artistes, déjà c’était suffisant pour avoir le kick», poursuit-elle. Pour Annie Piérard et Bernard Dansereau, il est encore trop tôt pour savoir s’ils s’embarqueront dans une 7e saison. «On savait qu’on avait du matériel pour une 6e année. Le temps nous le dira», conclut la coauteure. Pour le reste, tout le monde souhaite que ça continue. |