TOUT LE MONDE EN PARLEMario Dumont avale son vin de traversPascale Lévesque Le Journal de Montréal 12-03-2007 | 05h57
Mario Dumont avait beau avoir l'air d'un petit chien battu lorsque Chantal Hébert a déclaré de façon assassine qu'elle «n'était pas convaincue qu'il soit prêt pour cet examen-là», soit celui de devenir premier ministre, reste qu'il n'a rien fait pour la faire changer d'idée hier à Tout le monde en parle. Pas plus que pour convaincre les non partisans de l'ADQ d'ailleurs. Tout semblait pourtant bien aller pour Mario Dumont, qui répondait aux questions de Guy A. Lepage et aux moqueries de son fou, Dany Turcotte. Il avait beaucoup d'aisance et d'aplomb, laissant même l'impression que la langue de bois, ben il ne la connaissait pas. Le chef de l'ADQ a même eu le temps de glisser qu'il avait pu chiffrer ses promesses. Ô erreur fatale! Mario Dumont s'est avancé trop loin. Même si les promesses étaient chiffrées, ce n'était pas le bon moment pour dévoiler quelque chiffre que ce soit. Le mot d'ordre: «Vous allez voir à la fin de la campagne!» lançait-t-il sans même avoir la décence de retenir son rire. «Est-ce que j'ouvre la valise?» a demandé alors Dany. Le commentaire d'ouverture du fou du roi - «Vous, avant d'être député, vous avez été camelot?» - prenait encore plus son sens. Guy Jodoin Les presque vingt années en politique de Mario Dumont auront au moins contribué à l'apprentissage du comédien Guy Jodoin. Ce dernier a été l'été dernier encore choisi par les jeunes qui votent au gala KARV, à VRAK.TV, comme la personnalité qu'ils souhaiteraient voir premier ministre. Il a d'ailleurs eu droit à l'entrevue thématique du même nom que l'animateur réserve à ses invités politiciens: «Vous êtes élu, quel est votre budget?» lui a-t-il demandé. Guy Jodoin a si bien louvoyé autour de la question que ça a fait dire à Guy A.: «C'est un vrai premier ministre, il veut pas dire les chiffres!» Reste que Chantal Hébert aura certainement réussi à apporter un éclairage chez tous ceux qui sont indécis face à cette campagne électorale en commentant tour à tour, à la suite des demandes de Guy A., partis et chefs politique. Un pur délice d'entendre ce franc-parler. On se demande pourquoi ce n'est pas elle qui anime le débat des chefs, mardi. Invitée pour parler de son livre French Kiss, cette dernière n'aura finalement pas pu faire sa promotion personnelle. Arielle, reine de la babiche Très beau contraste d'ailleurs de la faire passer tout de suite après la délicieuse et charmante Arielle Dombasle, venue de France pour nous faire découvrir son nouvel album, C'est si bon, rassemblant des succès des années 1940 et 1950. Dany avait raison de se questionner sur son flou parce qu'après avoir invité la belle Arielle en motoneige, elle semblait n'avoir d'yeux que pour lui. On a eu droit à un hilarant échange sur la babiche, du genre de ceux qu'on aime faire avec nos cousins français qui adhèrent encore à cette vision romantique du Québec avec les caribous et les cabanes au Canada. Mais d'une femme qui a un cuisinier qui ne sait pas faire à manger et un chauffeur qui ne sait pas conduire, on peut s'attendre à ce qu'elle embarque dans le jeu avec la naïveté et l'enthousiasme propres aux enfants. Un pur délice. Enfin, heure de tombée oblige, Serge Postigo a été notre dernier invité de la soirée. Aussi bas était le niveau de l'entrevue «boîte à outils» qu'on lui a servie (en rapport avec son émission de rénovation à une chaîne spécialisée), aussi élevé était le niveau de rire. Le plus drôle est souvent dans le plus simple et ce fut de loin l'un des meilleurs moments de la soirée. |