TOUT LE MONDE EN PARLEBoisclair persiste et signeDany Bouchard Le Journal de Montréal 05-03-2007 | 10h02
Le chef péquiste a été présenté par Guy A. Lepage comme celui qui «a une grosse côte à remonter» selon les sondages. Souriant mais toujours très stoïque, André Boisclair a sèchement consenti un petit «bonsoir» à Dany Turcotte avant d'aborder la délicate question des accommodements raisonnables. «Pourquoi le courant ne passe pas entre vous et les Québécois?» lui a rapidement demandé l'animateur. «J'ai transformé le parti et j'ai surtout mobilisé les gens», a fermement répondu André Boisclair après avoir admis que le PQ «n'allait nulle part» il y a de cela quelque temps. S'il a souvent répété son intention de prioriser l'éducation une fois élu, André Boisclair a aussi profité de son passage au plus populaire des talk-shows pour réitérer son accusation de «menteur» à l'égard de Jean Charest, qu'il dit ne pas être en mesure de verser 10 $ dans la poche des étudiants, comme il l'a promis. Selon André Boisclair, le déficit zéro est «une immense réussite» et la première loi à faire approuver, si le PQ est élu, est celle qui annulera la vente du mont Orford. «De la colère» Au sujet de son orientation sexuelle (son autobus de tournée serait surnommé Brokeback Express par les journalistes), André Boisclair a dit éprouver «de la colère» lorsqu'il en est question en lien avec la politique. «La beauté des choses, c'est que les Québécois de longue date sont capables d'être intelligents», a-t-il commenté avant d'être applaudi par le public en studio. Au sujet de la parodie de Brokeback Mountain dans laquelle il a accepté d'apparaître pour une émission spéciale de fin d'année préparée par Les Justiciers masqués, André Boisclair a répété qu'il ne le referait pas, mais il a cette fois dit s'être fait piéger par le tandem d'humoristes. «C'était de très mauvais goût. Je me suis fait avoir du début à la fin», a-t-il dit. Selon lui, jamais Les Justiciers masqués ne lui ont parlé des torses nus, de la crème fouettée et des cerises dont sont affublés les deux autres personnages du sketch, en l'occurrence Stephen Harper et George W. Bush. «Je me suis fié à leur bon goût», a-t-il dit des Justiciers masqués, ajoutant avoir été invité «par des gens qui se disent mes amis, qui veulent me donner un coup de pouce». Sans avoir ri d'une seule blague de Dany Turcotte, André Boisclair a décliné l'invitation à rester sur le plateau, trop occupé par sa campagne électorale. Le père des p'tits Simard La politique a ensuite fait place au drame des p'tits Simard avec la présence sur le plateau de Jean-Roch Simard, père de Nathalie et René, qui vient d'écrire un livre sur sa famille. «Je suis un homme qui a souffert. Je suis coupable de ce que j'ai fait, mais je ne suis pas responsable», a-t-il raconté, avouant son alcoolisme. Affaibli mais touchant, le père des Simard s'est dit «en voie de pardon» à l'égard de Guy Cloutier, atteint «d'une maladie de l'âme». Jean-Roch Simard a dit porter Véronique et Stéphanie Cloutier dans son coeur et ne pas comprendre pourquoi Nathalie a coupé les ponts avec lui il y a de cela deux ans. L'émission d'hier a aussi permis d'entendre Zachary Richard, de retour sur le plateau pour la seconde fois, et de découvrir Matthieu Ricard, traducteur du dalaï-lama qui «connaît très bien Richard Gere». Geneviève Guérard, juge au Match des étoiles, s'est aussi pointée sur le plateau. Très à l'aise avec les caméras, l'ex-danseuse des Grands Ballets canadiens s'est montrée très émue en revoyant l'une de ses prestations. «C'est comme une autre vie. C'est étrange», a-t-elle confié en retenant ses larmes. L'auteur Jean-Paul Dubois était aussi de passage à l'émission. Les Justiciers masqués se défendent«C'est un mensonge. Il ne s'est surtout pas fait avoir», clament Les Justiciers masqués. Facilité «C'est facile de parler de piège, mais il l'a fait de son plein gré», répète Sébastien Trudel, l'un des Justiciers masqués, réagissant aux propos tenus hier soir par André Boisclair sur le plateau de Tout le monde en parle. Selon lui, l'entourage du chef péquiste connaissait très bien le concept de la parodie. «Son entourage est même allé louer le film pour regarder la scène avant d'approuver (sa participation)», explique Sébastien Trudel. «Il attaque notre réputation» Lorsque André Boisclair parle d'eux comme des «amis», Les Justiciers masqués avouent ne pas comprendre son approche. «Je ne sais pas de quoi il parle. On a peut-être été sympathiques», dit Sébastien Trudel, précisant que lui et Marc-Antoine Audet ont rencontré le chef péquiste une seule fois avant l'enregistrement du sketch. Mal assumé «Ce n'est pas le sketch, le problème, estime l'humoriste, c'est qu'il ne l'ait pas assumé. Il présente ça comme s'il était une victime. «Il attaque notre réputation», tranche Sébastien Trudel, qui dit espérer qu'André Boisclair ne revienne désormais plus sur le sujet. |