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Du sable dans l'engrenage - La société d'État reconnaît ses torts
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Stephen Harper

DU SABLE DANS L'ENGRENAGE

La société d'État reconnaît ses torts

Brigitte Mccann
Le Journal de Montréal
02-02-2007 | 10h14
Reconnaissant avoir commis certaines erreurs, la Société Radio-Canada a répondu cette semaine à la plainte du gouvernement Harper au sujet de son reportage Du sable dans l'engrenage sur la production de pétrole en Alberta.

Alain Saulnier, directeur général de l'information de la SRC, signe une réponse de neuf pages adressée au bureau du premier ministre Stephen Harper en date du 29 janvier, et dont le Journal a obtenu copie hier.

Dans ce document, Radio-Canada concède certaines erreurs, mais maintient la validité da la majorité des informations du reportage de Guy Gendron, diffusé au magazine Zone libre, le 19 janvier, faisant état des engagements canadiens pour augmenter la production de pétrole tiré des sables bitumineux de l'Alberta.

Le gouvernement Harper avait fait parvenir une plainte à l'ombudsman de Radio-Canada la semaine dernière, alléguant que le reportage, également critiqué par le Globe & Mail, véhiculait des erreurs factuelles.

«Ententes secrètes»

Le gouvernement reproche à Radio-Canada d'avoir prétendu que des «rencontres et des ententes secrètes» ont eu lieu entre Stephen Harper et George W. Bush. Là, Radio-Canada fait un mea-culpa.

«L'erreur, qui a effectivement eu lieu, nous l'admettons, s'est glissée dans la présentation d'un reportage à la radio le 17 janvier», peut-on lire dans la réponse d'Alain Saulnier. La SRC aurait diffusé une «mise au point» à deux reprises, deux jours plus tard, sur la même chaîne radio.

«Nous tenons ici à souligner que nulle part le journaliste, Guy Gendron, n'a fait état "d'ententes secrètes"» dans son reportage, indique le document.

Radio-Canada impute une seule erreur à son journaliste. Dans un paragraphe de quatre lignes, elle reconnaît qu'il s'est trompé quant à la date d'assermentation de la ministre Rona Ambrose. «M. Gendron s'est trompé entre le 6 et le 16 février [...]. Nous reconnaissons notre erreur à ce sujet», indique le document, qui la minimise toutefois. «Il s'agit d'une faute d'inattention qui ne saurait soulever le moindre malentendu par ailleurs», peut-on lire.

Guy A. Lepage rencontré

Radio-Canada assure n'entretenir «aucun préjugé à l'endroit du gouvernement» conservateur, qui a par ailleurs promis de réviser son mandat en tant que télédiffuseur public.

Le reportage de Zone libre, décrit par l'animateur Jean-François Lépine comme la preuve que «le gouvernement conservateur a renié tous ses engagements en matière d'environnement pour assurer la sécurité énergétique de nos voisins américains», avait, selon la réponse, pour seul but «d'informer le public sur des enjeux très importants».

Dans sa réponse, Alain Saulnier revient sur l'épisode de Tout le monde en parle du 21 janvier, où Guy A. Lepage a présenté Guy Gendron comme le journaliste dont le «reportage pourrait faire tomber le gouvernement Harper».

«L'animateur provoque avec humour et tente de piéger le journaliste, explique Alain Saulnier. Chacun sait que l'irrévérence est sa marque de commerce. Soyez assuré que nous lui avons transmis vos critiques et en avons discuté avec lui.»

Technicalité

Le gouvernement Harper reproche à Radio-Canada d'avoir faussement prétendu que le Canada est le seul pays à s'être retiré du protocole de Kyoto parmi ses 35 signataires. Là, le gouvernement Harper joue sur les mots, selon la SRC.

«Techniquement», le Canada ne s'est pas retiré de Kyoto, concède Alain Saulnier, puisqu'aucun vote n'a eu lieu au Parlement pour confirmer le retrait. «Mais dans les faits, le Canada est effectivement le seul signataire du protocole de Kyoto à avoir publiquement renoncé à atteindre les objectifs de réductions des émissions de gaz à effet de serre fixés pour 2012», souligne le directeur général.

Dans sa réponse, Alain Saulnier souligne que Radio-Canada a tenté en vain d'obtenir les explications d'un représentant du gouvernement fédéral.

Mais que malgré «d'innombrables démarches» menées durant six mois, les ministres Rona Ambrose, John Baird et Lawrence Cannon ont refusé toute entrevue.

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