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Gabriel Pelletier - Le deuxième niveau de Bob Gratton
© Cité Amérique
Julien Poulin dans le rôle de Bob Gratton.

GABRIEL PELLETIER

Le deuxième niveau de Bob Gratton

David Patry
Le Journal de Montréal
13-01-2007 | 15h36
Trop épais et prévisible, Bob Gratton? Il ne faut pas s’arrêter au premier niveau et il faut voir la critique sociale derrière, répond Gabriel Pelletier. Les nombreux chroniqueurs télé qui n’ont pas ri au visionnement des deux premiers épisodes de la série n’ont pas ébranlé le réalisateur.

«J’ai eu une inquiétude quand les critiques sont sorties. Je me suis dit: Coudonc, personne ne trouve ça drôle, admet Gabriel Pelletier. Mais j’en ai lu d’autres qui ont trouvé ça bien drôle», poursuit-il.

«Les gens de la postproduction se racontent même les jokes entre eux», raconte le réalisateur, qui estime que certains passages pourraient marquer l’imaginaire autant que ceux du premier film de Pierre Falardeau.

Gabriel Pelletier n’a donc pas été ébranlé par les critiques. «Moi je trouve ça drôle. Je pense que dans la comédie, il y a des types d’humour qui ne font pas rire des gens mais qui en font rire d’autres.

«Les critiques m’atteignent moins quand je suis content de ce que je fais. C’est arrivé dans le passé que j’aie été d’accord avec les critiques, et à ce moment-là, ça me touchait davantage», affirme-t-il.

Choquant?

Un des faits reprochés au Bob Gratton du petit écran est de passer des remarques racistes gratuites et de trop souvent avoir recours aux sacres. Mais Gabriel Pelletier ne croit pas que cela attirera un lot de plaintes de la part du public.

«Bob Gratton fait partie du folklore. C’est un personnage qu’on connaît bien. Il ne faut pas s’arrêter au premier degré. Les critiques ont relevé ses propos racistes, notamment lorsqu’il rit de son voisin arabe, mais c’est plutôt lui qui est ridicule devant son voisin. Le con là-dedans ce n’est pas le voisin, c’est lui», insiste le réalisateur.

Pour ce qui est des sacres, il considère qu’il s’agit d’une tempête dans un verre d’eau, alimentée en partie par le diffuseur afin de mousser les discussions autour de la série. La maxime «Parlez-en en bien ou parlez-en en mal, mais parlez-en!» serait donc bien adaptée à la situation. Il admet tout de même que le nombre de sacres pourrait choquer quelques personnes.

Critique sociale

Gabriel Pelletier déplore que les chroniqueurs télé aient trouvé que la critique sociale est inexistante dans la série.

«Moi je trouve que c’est faux. Je me considère comme quelqu’un qui a une conscience sociale et j’ai apprécié faire ce type d’humour.»

Il cite en exemple un épisode où Bob Gratton doit changer la pancarte de son garage parce qu’elle est en anglais, alors que celles de toutes les multinationales le sont. Un sujet qui est fort d’actualité avec la récente histoire de la marque de commerce des stations-service Esso.

Selon lui, Bob Gratton rappelle un peu les Bougon, sous l’influence de son auteur François Avard.

Le bon vieux Bob

Même s’il était un fan du premier Elvis Gratton, Gabriel Pelletier a trouvé que plus le personnage s’éloignait de la réalité et qu’il devenait une mégastar, moins il était intéressant. Il a toutefois bien aimé travailler à partir des textes des auteurs Jean- François Léger, Daniel Chiasson et Daniel Gagnon, eux-mêmes supervisés par François Avard.

«L’équipe d’auteurs a vraiment bien compris le sens de ce que [Pierre] Falardeau et [Julien] Poulin ont voulu faire», indique-t-il.

Selon lui, la série télévisée nous montre le bon vieux Bob des premiers jours. «Dans la série, il n’est plus identifié à Elvis. On présente son quotidien, avec son garage, et il n’est pas le personnificateur d’Elvis qui devient une star», souligne le réalisateur.

Un autre réalisateur pour l’an II

Même s’il n’a pas trouvé si difficile de chausser les souliers de Pierre Falardeau, aidé notamment par les acteurs qui connaissaient fort bien leur personnage, de même que par la forme qui n’est pas la même lorsqu’on passe du grand au petit écran, Gabriel Pelletier ne sera pas de la deuxième année de Bob Gratton, ma vie, my life, qui a déjà été annoncée par TQS.

Cela désole le réalisateur, qui se consacrera plutôt à la fin de son projet Ma tante Aline, qui met notamment en vedette Béatrice Picard et Sylvie Léonard.

«J’aurais aimé ça faire la suite. Surtout qu’ils vont avoir plus de moyens et plus de temps pour la faire, parce que TQS croit vraiment en la série», conclut-il.

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