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Libéré, parce qu’il venait tout juste de terminer son dernier cours d’une maîtrise en communication qu’il a entamée il y a de cela quelques années.
«Je jouais à l’école le jour et j’allais à l’école le soir», s’amuse à dire celui qui a incarné Lacaille dans la série Virginie pendant neuf ans. Une période si longue dans la vie d’un touche-à-tout que JiCi Lauzon n’hésite pas à dire à la blague que Fabienne Larouche a été la femme qu’il a côtoyée pendant le plus longtemps...
Mais malgré la fin des cours, il n’est pas totalement libéré puisqu’il lui reste toujours la moitié de son mémoire à rédiger... Une tâche imposante qu’il compte bien terminer d’ici le printemps.
Le sujet qu’il a choisi, le zapping, peut paraître simpliste. Étudier l’effet de la télécommande sur le comportement humain, ça ne fait pas très sérieux. Mais l’étudiant Lauzon y a découvert le reflet d’un malaise de société. Un sujet qui s’est révélé tellement vaste que c’est autour du zapping que se construit aujourd’hui sa carrière.
La convergence façon JiCi Lauzon
Après neuf ans dans la peau du même personnage dans Virginie, JiCi Lauzon avait envie de relever de nouveaux défis. Il a donc annoncé son départ de l’émission quotidienne. Lors d’une entrevue qu’il a donnée pour expliquer son choix, il a parlé de son sujet de maîtrise. La suite des choses l’a comblé.
Par un heureux hasard, un des responsables des Soirées des Grands Communicateurs a lu l’article et l’a contacté pour qu’il donne une conférence sur le zapping.
Il a tellement bien fait cela que Marie-France Bazzo l’a ensuite invité à en discuter à son émission à Télé-Québec. Encore une fois, JiCi Lauzon a impressionné et il a été invité à se joindre à Bazzo. tv à titre de chroniqueur régulier.
Mais ce n’est pas tout, le zapping constitue également le sujet que JiCi Lauzon a choisi de traiter dans un documentaire, qui sera diffusé dans le cadre de la série Mon Œil, à Canal D.
Étudiant, conférencier, chroniqueur et documentariste, quatre titres, un seul sujet, le zapping. «À un moment donné, j’étais tanné d’être éparpillé. Donc, maintenant, tout ce que je fais, j’essaie de le faire converger», explique JiCi Lauzon.
De Virginie à Bazzo.tv
D’ailleurs, celui-ci n’est pas peu fier de son passage d’une dramatique à une émission dite sérieuse. «D’aboutir à Bazzo. tv, c’est ce dont je suis le plus content, parce que c’est un switch paradigmatique», lance-t-il.
Paradigmatique? Décidément, JiCi Lauzon a encore la tête dans les ouvrages des grands penseurs de la communication, qu’il lisait dictionnaire électronique à la main.
«J’ai toujours aimé Marie-France Bazzo. J’étais jaloux de ses chroniqueurs, je les trouvais chanceux parce qu’ils sont payés pour lire», ajoute-t-il.
Il fera justement état de ses lectures sur les communications lors de l’émission. Il pourra également profiter de sa tribune pour livrer le fruit de ses réflexions sur ce domaine.
«C’est comme si je m’étais réinventé un discours. Parce qu’à force d’être acteur, c’est comme si on s’en remettait aux auteurs. Quand j’étais humoriste, j’écrivais mes propres textes», se remémore-t-il.
Aujourd’hui, JiCi Lauzon s’étonne lui-même de son parcours. «Je ne pensais jamais que la manette me zapperait si loin!» conclut-il.
La télécommande nuit au contenu
Insignifiante, la télécommande? Pas selon JiCi Lauzon, qui a découvert au fil de ses recherches que le zapping influence le discours de nos politiciens, contribue à l’hypersexualisation des jeunes et nuit aux relations sociales.
«C’est à cause du zapping que les jeunes ne finissent pas leurs phrases.»
Cette affirmation sur laquelle est un jour tombé JiCi Lauzon l’a frappé de plein fouet. «Mais moi non plus, je ne finis pas mes phrases. Serais-je une victime du zapping?» s’est-il questionné.
JiCi Lauzon a dû faire de l’influence de la télécommande sur le comportement humain son sujet de maîtrise afin de trouver la réponse à sa question.
Première constatation, depuis l’arrivée de la télécommande, les publicités télévisées ont perdu des plumes. Changer de chaîne étant plus facile, les téléspectateurs n’ont pas à rester à l’écoute pendant les pauses.
«Pour garder l’attention des gens, les publicitaires sont obligés de choquer», indique-t-il. En choquant, les publicitaires ont contribué à certains malaises, tels que l’hypersexualisation de la société.
Mais même pendant les émissions, les gens ont tendance à être plus impatients, et ils changent de poste rapidement. D’où l’importance de ne pas être ennuyant.
«Ça a provoqué l’accélération des discours, note JiCi Lauzon. On se dépêche de puncher avant que les téléspectateurs ne zappent.»
Des pertes, un gain
La forme a donc tendance à prendre le dessus sur le contenu. Une dérive dont ne sont pas à l’abri nos politiciens.
Un autre phénomène a puisé sa source dans l’avènement de la télécommande. Les téléspectateurs tentent de tout voir en même temps. «Le problème, c’est qu’en essayant de ne rien manquer, on manque tout», signale JiCi Lauzon.
Ainsi, de moins en moins de gens peuvent discuter de ce qu’ils ont vu à la télé.
«C’est comme un buffet, image-t-il. Tu manges un peu de tout, mais de quel goût vas-tu te souvenir? D’aucun d’entre eux.»
En fait, le seul gain que la société a fait avec l’arrivée de la télécommande serait... un gain de poids. Comme quoi même les gains se traduisent en effets négatifs.
JiCi Lauzon a tout de même obtenu une réponse à sa prémisse de départ grâce à ses recherches. Il est, lui aussi, victime de la zappette par son comportement, mais aussi par son travail.
«Pour le documentaire que je prépare,
il va falloir que je me batte pour
que les gens écoutent mon message au complet», remarque-t-il avec
justesse.
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