ANNE-MARIE LOSIQUELa femme derrière l'imagePascale Lévesque Le Journal de Montréal 06-01-2007 | 04h00
Qui a retenu lors de son récent passage à Tout le monde en parle qu’elle était productrice de La Job, diffusée à Radio-Canada dès cette semaine… ou encore vedette de Bimbo, fantasme ou réalité, disponible à la télé à la carte dès la mi-janvier? Ses bisous donnés généreusement aux gars de RBO ont plus de chance de passer dans les annales. «Te sens-tu prisonnière de ton image? –Non, non. C’est moi qui le veux bien. Je n’étais pas dans l’obligation d’embrasser trois mecs de suite, même si je ne pensais pas que ça se ferait. J’ai toujours dit qu’un jour, si ça ne me convenait pas, je sortirais du plateau.» Une image autoproduite Être prisonnière, pour Anne-Marie Losique, c’est être obligée de suivre ou de se faire imposer une certaine voie parce qu’un producteur ou un distributeur dit que c’est cette image-là qui marche. «Je ne peux pas me plaindre de mon image, c’est moi qui m’autoproduis. J’aime jouer avec cette espèce de mythe me concernant sans jamais éclaircir la situation. Je vais laisser n’importe qui dire n’importe quoi sur moi parce que je trouve ça amusant et qu’en plus, jusqu’à présent, ça m’a très bien servie», plaide-t-elle. – On t’a sûrement déjà dit quelque chose qui t’a blessée?
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Anne-Marie Losique préférerait abandonner un projet plutôt que de se plier à ce genre de demande de la part d’un diffuseur. «Je dis ça, mais il faut dire que je peux me le permettre. Il y a d’autres artistes, qui ont besoin de gagner leur vie, qui devront écouter, relate-t-elle. C’est dur pour moi de les critiquer parce que je n’ai jamais vraiment été dans cette position-là.» Le féminisme pour l’individualité Les plus grandes critiques d’Anne-Marie Losique sont les femmes. Alors que certaines voient en elle une fille qui réussit à s’affirmer librement, sans que le jugement des autres lui importe, d’autres considèrent son attitude comme une nuisance à la cause des femmes. «Il faut bien peu de connaissance de l’histoire du féminisme pour ne pas savoir que si les femmes se sont battues à travers tous les siècles, c’est justement pour que de nos jours, en 2007, on puisse revendiquer notre individualité», explique Anne-Marie Losique qui ne croit pas au féminisme de groupe. Elle est aussi consciente que ces acquis sont très fragiles. «Dans les critiques que les femmes se font entre elles, les premières victimes là-dedans, ça reste des femmes. Je me demande vraiment comment on peut faire violence à une autre femme en la traitant de salope à cause de son look. Je trouve ça dommage», déplore-t-elle, soulignant la chance qu’elle a de vivre en cette époque et en ce pays. «Les trois autres quarts de la planète, n’en parlons même pas», ajoute-t-elle pour mettre les choses en perspective. L’argent fait-il son bonheur? «Je préfère encore tout laisser tomber pour avoir la possibilité d’être moi-même», lance Anne-Marie Losique comme un cri du coeur. Mais avoir le luxe d’être soi-même dans ce métier a un prix. «L’argent, ce que ça a de bien, c’est que ça t’amène la liberté. Et dans ces circonstances, envoyer chier quelqu’un, tu peux le faire plus facilement. Avec ma compagnie, je me suis quand même bâti une liberté au fil des années et je suis pleinement consciente du privilège que ça représente», affirme-t-elle. «S’il avait fallu que j’aie un patron qui me dise comment me coiffer, comment m’habiller, je n’aurais pas duré deux mois. Ou je me faisais montrer la porte ou je m’y rendais moi-même.» Ben Affleck et l’image Ben Affleck n’a pas contacté Anne-Marie cet automne après que leur «chaude» entrevue se fut retrouvée sur YouTube. «Son ex-agent, que je connais et qui travaille toujours avec lui, s’en est chargé», indique-t-elle. Ce dernier lui a demandé d’enlever la vidéo du site Web. «Je lui ai dit que je voulais bien, mais que je ne voyais pas ce que ça changeait», raconte-t-elle, soulignant que l’entrevue était déjà sur des centaines de sites et même que des nouveaux extraits avaient trouvé leur place sur YouTube. «C’est un très bel exemple d’essayer de façonner une image. Depuis que Ben Affleck est marié, il a complètement changé? Il n’est plus capable de rire? Ça montre bien pourquoi il y a tant de stars qui se retrouvent en thérapie…», remarque AML, à la fois empathique à son ami Ben, mais énervée qu’on fasse croire que l’acteur est soudainement devenu quelqu’un d’autre. «C’est fondamentalement un bon vivant. Ils essaient tellement de le protéger, de lui donner cette image de gars rangé.» Anne-Marie et son amoureux On oublie souvent que derrière la Anne-Marie publiquement sexy, celle qui laisse croire à une vie sexuelle olé-olé et qui n’hésite pas, sous l’impulsion du moment, à frencher trois gars sur le plateau de Tout le monde en parle, se cache… un chum steady! Marc Trudeau, de son petit nom, partage non seulement la vie de la «déesse», mais est aussi, rappelons-le, son partenaire d’affaires. Un maudit bon chum, diront certaines… «Il comprend très bien le jeu en plus de me connaître très bien. Ce qui fait que pour lui il n’y a pas de problème, même qu’il trouve ça très drôle. Et au contraire de ce qu’on pourrait croire, il me pousse», confie-t-elle. De son propre aveu, la relation qui les lie est très ouverte. «C’est comme dans ma vie professionnelle. Si j’avais un copain qui m’étouffait, je ne pourrais pas continuer. Encore là, j’ai besoin d’être moi.» La fille à papa Pour ceux et celles qui l’ignoraient encore, Anne-Marie Losique est la fille de Serge Losique, le président et fondateur du Festival des films du monde de Montréal. Cette dernière préfère cependant ne pas aborder le sujet. Elle a déjà dit à ce propos: «Je ne suis pas proche de lui. Je suis une entité différente de mon père, indépendante. Je le vois rarement.» |