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Marie-Antoinette - Quand l'histoire devient captivante...
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Karine Vanasse est Marie-Antoinette

MARIE-ANTOINETTE

Quand l'histoire devient captivante...

Brigitte McCann
Le Journal de Montréal
14-12-2006 | 11h29
Si l'Histoire nous était toujours racontée à la façon de Marie-Antoinette, le passé serait un sujet beaucoup plus populaire. Le docu-fiction tourné pour Télé-Québec devant un écran vert captive autant par ses effets spéciaux que par son scénario.

Narrée par Guy Nadon, l'histoire de Marie-Antoinette est présentée de façon efficace et claire sans pour autant minimiser la complexité des intrigues ayant mené la reine de France jusqu'à la guillotine.

On ne l'aime pas. On ne la hait pas. Mais on a plutôt le sentiment de mieux comprendre la réalité de cette reine venue d'Autriche, propulsée à l'âge de 15 ans dans les bras de l'héritier du trône le plus glamour d'Europe, à la veille de la Révolution française.

Karine Vanasse: un délice

Karine Vanasse est superbe dans le rôle-titre. Si on reconnaît parfois la bouillante actrice d'Un homme mort, on a aussi l'impression de la voir pour la première fois, surtout lorsqu'elle s'adresse directement à la caméra.

Arborant de grands yeux bleus, une peau pâle et un air digne, la reine nous convie à nous mettre dans sa peau le temps d'imaginer les tourments d'une étiquette royale difficile à vivre et bien représentée à l'écran. Car il s'agit bien de tourments. Imaginez, chaque jour, vous vêtir, vous laver et manger tous vos repas en public, devant les membres de la cour, amis comme ennemis, certains nobles de coeur, mais d'autres avides de potins. Imaginez accoucher quatre fois... en public (pour s'assurer que l'enfant est bien de vous)!

On comprend mieux la source des extravagances de Marie-Antoinette, décrites avec force humour (les palais, les centaines de robes, de perruques, les diamants, une ferme-jouet grandeur nature), sans toutefois les excuser, dans un contexte de grave famine et de conflits politiques sérieux. Après tout, la France est au bord d'une révolution sanguinaire.

En Louis XVI, Olivier Aubin est peut-être le personnage le plus touchant, jouant l'amant maladroit et le roi prisonnier de son rang avec une sincérité évidente. Le couple Vanasse-Aubin dégage une chimie toute royale: sobre, cultivée par l'isolement et étrangement authentique dans un environnement où rien ne l'est.

La magie de l'écran vert

Hormis quelques petits passages, les scènes à l'intérieur d'un Palais de Versailles recréer de toutes pièces sur écran vert sont d'un réalisme impressionnant. La lumière, les ombres, les reflets des domestiques dans les miroirs... on se croit vraiment dans le palais majestueux, qui a fait l'envie des plus prestigieuses monarchies du XVIIIe siècle.

Ici, les modestes moyens de cette aventure cinématographique ne posent pas de problème. La beauté de certaines scènes extérieures est à couper le souffle. La chaleur des couleurs et de la lumière berce l'oeil.

La limite des moyens apparaît davantage à l'extérieur des murs du palais, dans les effets de foule, que l'on sent parfois restreinte à quelques badauds en liesse ou en colère. Mais ce n'est rien pour déranger l'effet final prévu pour le petit écran, qui avait fière allure sur le grand écran du cinéma Ex-Centris, où avait lieu le visionnement de presse hier.

Pour en savoir plus sur Marie-Antoinette, voyez le reportage du cahier Week-end, samedi.

  • Marie-Antoinette, le jeudi 21 décembre à 21h à Télé-Québec.
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