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Dora l'exploratrice - Les voyages forment la jeunesse

DORA L'EXPLORATRICE

Les voyages forment la jeunesse

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
04-12-2006 | 10h22
Le personnage créé par Chris Gifford veut aider les enfants à surmonter leurs problèmes.

Un dessin animé adressé aux enfants de deux à cinq ans connaît un succès fulgurant aux États-Unis et sur toute la planète. Le créateur de Dora l'exploratrice a su exploiter le bon filon. L'héroïne vient d'Amérique latine et chaque épisode est passé devant un comité d'experts de 75 enfants!

La population hispanique explose aux États-Unis, mais aucun personnage principal au petit écran ne s'adresse à cette communauté.

C'est le constat que fait en l'an 2000 Chris Gifford, créateur au réseau Nickelodeon.

Il invente alors Dora, jeune exploratrice hispanique qui emmène les enfants dans des aventures fantastiques, aidée de son petit singe Boots.

Le succès est immédiat, l'émission attire 23 millions d'enfants par mois aux États-Unis, dont 2,5 millions d'Hispaniques.

Barbie détrônée

En France, Dora est numéro un toutes catégories dans la vente de produits dérivés, détrônant Barbie.

Pourquoi?

«Parce qu'elle parle dans les deux langues, espagnol et anglais, mais aussi parce qu'elle aide les enfants à résoudre leurs problèmes», dit Chris Gifford, de passage à Montréal.

L'homme au succès planétaire garde les deux pieds sur terre, il préfère l'ombre aux projecteurs.

Ce qu'il veut, c'est aider les enfants à surmonter leurs problèmes.

«En voyant mes enfants grandir, j'ai réalisé que les obstacles rencontrés à cet âge sont une montagne: attacher ses chaussures, allumer une lampe, se servir des céréales... Dora est là pour leur donner les outils», ajoute M. Gifford.

Dora pourrait-elle parler de la pauvreté aux enfants ?

«Ce n'est pas le but de l'émission, mais peut-être que dans le futur on ouvrira sur des sujets plus sociaux», affirme M. Gifford.

Les enfants décident

Pour donner aux enfants ce qu'ils veulent voir, Nickelodeon réalise un véritable tour de force.

Chaque étape de la conception d'une émission est supervisée par des enfants d'âge préscolaire.

«Ce qu'ils n'aiment pas nous le jetons. Nous créons les histoires selon leurs réactions», précise le créateur.

«À la fin, au moins 75 enfants ont vu l'histoire et ont donné leur opinion», dit-il.

Dora, c'est toute une machine. Chaque épisode prend une année à produire et 250 personnes y travaillent, que ce soit à New York, à Los Angeles ou en Corée.

Mais le raz-de-marée Dora, c'est aussi les produits dérivés. On parle de retombées de 3,6 milliards de dollars depuis 2001.

«J'ai même vu une petite fille avec un sac à dos de Dora en pleine forêt amazonienne», raconte le créateur.

Pour l'instant, Chris Gifford poursuit l'aventure de Dora avec Diego, le penchant masculin de l'exploratrice.

Il espère aussi voir son projet prochainement au grand écran.

«Les enfants regardent beaucoup la télé et il faut se faire un devoir de leur montrer le meilleur de ce qu'on peut réaliser» - Chris Gifford

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