GALA LES OLIVIERHumoristes en quête d'un diffuseurDaniel Rioux et Dany Bouchard Le Journal de Montréal 24-10-2006 | 15h24
Le prochain gala Les Olivier ne sera pas diffusé par TVA. Jugée trop coûteuse et trop difficile à rentabiliser, la grande fête annuelle de l'humour doit désormais se trouver un nouveau diffuseur. Depuis sa création, en 1999, le gala Les Olivier a toujours été diffusé par TVA. La soirée, dont le coût est estimé à 700 000$, est produite par l'Association professionnelle de l'industrie de l'humour (APIH), qui en finance une bonne partie en vendant une licence de diffusion à un réseau. Rentabilité «Au cours des trois dernières années, nous n'avons pas pu rentabiliser l'achat de la licence avec la seule vente des publicités durant le gala», explique la porte-parole de TVA, Nicole Tardif. «C'est une émission qu'on présente une seule fois; les cotes d'écoute sont intéressantes, mais on ne peut quand même pas vendre les publicités quatre fois plus cher juste parce que c'est un gala. Ce n'est pas le Super Bowl», plaide-t-elle. Selon elle, TVA a fait savoir sa décision en juin dernier à l'Association des professionnels de l'industrie de l'humour. «On a demandé à ce que le prix de la licence soit réduit de 10%. «Ça a été refusé et on s'est retiré», confirme-t-elle. Sans évoquer le retrait de TVA, Francine Dubois, directrice générale de l'APIH, a hier confirmé que la présentation du gala Les Olivier fait actuellement l'objet de négociation avec «différents diffuseurs». «On devrait être fixés dans deux semaines», a-t-elle précisé, soulignant que l'APIH a toujours été producteur du gala jusqu'à maintenant, mais que ce n'est désormais plus une condition essentielle à la signature du prochain contrat de diffusion. Approche Hier, la direction de Radio-Canada et celle de TQS ont toutes deux admis avoir été approchées par les organisateurs du gala Les Olivier. «On a rencontré les gens de l'APIH. On est à évaluer leur proposition, mais nous n'avons pas encore pris de décision», a laissé savoir la porte-parole de Radio-Canada, Guylaine O'Farrell. De son côté, la direction du Mouton noir n'a pas caché son intérêt pour un gala d'humour comme celui des Olivier, mais elle a admis devoir considérer les coûts importants d'une telle opération. «L'organisation des Olivier nous a approchés», confirme Claude Deraîche, porte-parole de TQS. «Il y a eu des discussions et la balle est maintenant dans leur camp. Mais pour l'instant, le plan d'affaires qu'ils nous ont proposé ne cadre pas avec nos objectifs», admet-il. 1 135 000 téléspectateurs Diffusé chaque année à la fin du mois de février ou au début du mois de mars, le gala Les Olivier est l'un des plus populaires du petit écran. En 2003, le gala a été regardé par 1 948 000 personnes contre 1 135 000 téléspectateurs l'an dernier, sa plus faible moyenne jusqu'à maintenant. TVA ne croit qu'en le vote populaire TVA ne veut plus de galas dont les gagnants sont choisis par l'industrie. En confirmant qu'elle ne diffusera pas le neuvième gala Les Oliviers, la direction de TVA a aussi précisé qu'elle n'a plus l'intention de diffuser de galas dont les gagnants ne sont pas choisis par le public. «Les galas de l'industrie sont très controversés, très critiqués», indique Nicole Tardif, porte-parole de TVA. «On veut se concentrer sur la diffusion de galas dont le vote est populaire, comme Artis (l'ancien gala MetroStar). Ça nous ressemble plus, tout simplement», dit-elle. Proposition rejetée La décision de TVA coupe court à la proposition de Radio-Canada, qui suggérait, la semaine dernière, que le gala des prix Gémeaux (récompensant les artisans de la télé) soit diffusé par toutes chaînes en même temps. «On nous demande souvent de le diffuser, seul ou avec d'autres, mais c'est la même règle qui s'applique», souligne Nicole Tardif. |