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La Job - Anne-Marie Losique frappe dans le mille

LA JOB

Anne-Marie Losique frappe dans le mille

Pascale Lévesque
Le Journal de Montréal
06-10-2006 | 15h28
«La comédie, ça n'a pas de prix», comme le dit David Gervais, patron des Papiers Jennings, n'hésitant pas à mettre deux piles neuves dans un poisson chantant. C'est sans doute la philosophie d'Anne-Marie Losique, qu'on remercie mille fois pour avoir eu le génie d'acheter les droits de The Office: son adaptation québécoise, La Job, présentée aux médias hier, est franchement réussie.

Pour sa première fiction, la productive productrice fesse dans le tas, comme on dit. Son adaptation de la classique et culte série britannique The Office n'aurait pu être plus efficace.

Et quand je dis efficace, c'est de loin le casting qui vient en tête de la liste. À commencer par Antoine Vézina, comédien jusqu'alors inconnu, complètement fou et hilarant dans la peau de David Gervais, le patron des Papiers Jennings.

Un patron qui se décrit très bien lui-même dans le premier épisode: «Je pense que j'ai réussi à recréer une atmosphère de travail où en premier je suis un ami, en deuxième je suis un boss et en troisième, un humoriste naturel.»

La job le suit, lui et ses pauvres employés (pauvres à force de l'endurer!) dans la succursale Côte-de-Liesse des Papiers Jennings. En fait, tout tourne autour de ce patron pathétique qui se croit drôle, mais qui ne voit jamais les drames se jouer sous ses yeux.

Comme un documentaire

La série a été tournée pour faire croire à un documentaire, comme dans la version originale, avec éclairage néon, cernes sous les yeux et tapis gris. Le kit bureau, quoi.

Bref, ça ne ressemble à rien de ce qui existe jusqu'à présent en télévision québécoise et c'est franchement rafraîchissant. Il est à parier que La Job rassemblera des fidèles aussi mordus ici que sa version originale l'a fait en Angleterre.

Anne-Marie Losique, la productrice, fait confiance aux téléspectateurs et croit qu'ils se familiariseront facilement avec ce nouveau style. «Le public est beaucoup plus intelligent qu'on veut le croire. Il saisira que c'est tourné comme un documentaire», indique-t-elle.

Le premier épisode nous plonge directement dans le bain alors que chacun des personnages s'adresse à tour de rôle aux caméras. Il y a Sam Bisaillon (Paul Ahmarani), seul véritable fan de David Gervais, Louis Tremblay (Sébastien Huberdeau) et Anne Viens, la secrétaire (Sophie Cadieux).

Antoine Vézina n'est d'ailleurs pas la seule révélation de La Job. On y découvre un Paul Ahmarani délirant dans son habit beige, qui fait un travail remarquable en disciple aveugle de son patron. Un genre de rôle dans lequel on le voit peu et qui vaut le détour.

Le public devra cependant être patient avant de croquer dans La Job. Celle-ci ne sera diffusée à Radio-Canada qu'à l'hiver, on ne sait trop quand, et à Artv à l'automne suivant. Les abonnés de Bell ExpressVu pourront cependant se rabattre sur leur terminal, puisque La Job y sera disponible en primeur dès le 9 octobre. Une première pour une série de la société d'État.

Les 12 épisodes de La Job ont été produits chacun avec un budget de moins de 200 000$ la demi-heure.

plevesque@journalmtl.com

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