LE MOUTON NOIRGrosse bourde pour Sophie VallerandDany Bouchard Le Journal de Montréal 04-10-2006 | 10h25
Le Mouton noir a dû s'excuser hier auprès de la famille de Robert Bourassa après que la chef d'antenne Sophie Vallerand a faussement annoncé que l'ex-premier ministre du Québec est décédé du sida il y a dix ans plutôt que des suites d'un cancer de la peau. L'erreur est survenue durant Le Journal minute de 60 secondes, que Sophie Vallerand présente chaque soir à heures fixes (à 19h, 20h, 21h et 22h) et dans lequel elle énumère rapidement les manchettes en soulignant parfois les invités de Dutrizac, à 22h. «En ce 10e anniversaire de la mort de Robert Bourassa, Benoît Dutrizac reçoit à 22h Michelle Bourassa. C'est la fille de l'ancien premier ministre mort du sida», a-t-elle rapidement annoncé lundi soir dernier à 21h. S'apercevant du lapsus, le directeur général de l'information de TQS, Jacques Rochon, a immédiatement appelé la journaliste pour lui faire part de son mécontentement. À 22h, Sophie Vallerand est réapparue à l'antenne en s'excusant. «D'abord, débutons ce Journal minute en corrigeant un malheureux lapsus qui s'est glissé lors de la dernière manchette», a-t-elle commencé. «Alors, bien sûr, aujourd'hui, c'est le 10e anniversaire de la mort de l'ancien premier ministre du Québec Robert Bourassa, qui, on le sait, bien sûr, est décédé des suites d'un cancer de la peau.» Comme l'émission Dutrizac avait été préenregistrée à 19h30, Michelle Bourassa n'a pas pu réagir en ondes à la fausseté dites au sujet de son père quelques minutes auparavant. «Dévastée» Hier, la direction de TQS a tenu à s'excuser auprès de la famille de l'ex-premier ministre en alléguant qu'il s'agit là d'un «lapsus malencontreusement commis». «C'est une erreur et il ne faut pas que ça se répète», a martelé le porte-parole de TQS, Claude Deraîche. Au sujet de Sophie Vallerand, apparemment «dévastée» par les conséquences de son erreur, elle n'a fait l'objet d'aucune sanction et elle a pu reprendre le travail hier soir comme d'habitude. «Elle a été rencontrée ce matin. [...] Ce n'était pas prémédité et elle ne voulait pas insinuer quoi que ce soit», indique M. Deraîche. En direct, sans télésouffleur Selon lui, la chef d'antenne - qui n'utilise pas de télésouffleur pour présenter ses manchettes en direct - a simplement voulu ajouter une information (malheureusement erronée) pour combler les secondes restant à son court bulletin présenté en direct. «Ça peut être une option», dit Claude Deraîche au sujet de la possibilité de dorénavant préenregistrer les manchettes de 60 secondes. À Radio-Canada et à TVA, les chefs d'antenne livrent les manchettes - en direct et quelquefois préenregistrées - avec l'aide d'un télésouffleur, ce qui leur évite d'improviser en ondes. «Personne n'est à l'abri de l'erreur» Les proches de Robert Bourassa ont sursauté en entendant la fausseté dite à son sujet sur les ondes de TQS, mais ils acceptent tout de même les excuses du diffuseur. «On a sursauté, c'est normal; mais personne n'est à l'abri de l'erreur», tranche le porte-parole du Comité de commémoration du 10e anniversaire de la mort de Robert Bourassa, Jean Masson. Selon lui, la fille du défunt premier ministre, Michelle Bourassa, dit considérer que les excuses du Mouton noir sont «sincères». «On a eu des conversations avec TQS pour savoir ce qui s'est passé et il n'a pas été question de poursuite ou de plainte au CRTC. [...] Pour nous, c'est un dossier clos», ajoute-t-il. «Une erreur» Selon Benoît Dutrizac, qui a réalisé l'entrevue avec Michelle Bourassa lundi soir, la fille du défunt homme politique s'était même dite disponible pour revenir sur son plateau hier soir afin d'accepter publiquement les excuses du diffuseur. «Comme tout le monde qui est en direct, elle a fait une erreur, point à la ligne», dit-il au sujet du lapsus de sa collègue Sophie Vallerand. |