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Enquête sur des pots-de-vin - EMI paie 3,75M$
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Eliot Spitzer

ENQUÊTE SUR DES POTS-DE-VIN

EMI paie 3,75M$

17-06-2006 | 14h08
L’enquête du procureur général de l’État de New York Eliot Spitzer sur les pratiques de pots-de-vin des compagnies de musique majeures a produit de nouveaux résultats concrets jeudi, avec l’annonce d’un règlement de la part de EMI Music North America.

Tout est en place maintenant pour un deuxième acte dans cette investigation, alors que Spitzer se concentrera dorénavant sur le rôle joué par des chaînes de radio dans l'affaire. En mars, le procureur et aspirant gouverneur démocrate intentait des poursuites à l’endroit de la chaîne pennsylvanienne Entercom, propriétaire de 103 stations de radio, pour de soi-disant activités de pots-de-vin liées à la diffusion préférentielle de musique. D’autres diffuseurs comme Clear Channel, Cox et Citadel ont été cités à comparaître.

Une source familière à l’enquête a laissé entendre que de nouveaux règlements à l’amiable étaient à prévoir au cours des prochaines semaines.

EMI est donc la dernière des quatre firmes de musique majeures à s’entendre avec le bureau de Spitzer dans le cadre de cette enquête de l’État. La compagnie, quatrième en importance dans l’industrie américaine de la musique, a accepté de verser 3,75M$ à l’organisme Rockefeller Philanthropy Advisors pour distribution à des entités à but non lucratif de New York soutenant des programmes d’éducation et d’appréciation de la musique.

Dans une déclaration amendée au désistement de la poursuite émis jeudi, EMI admet que «dans le passé, certains de ses employés avaient mis de l’avant des activités promotionnelles incorrectes et inappropriées. EMI regrette cette conduite et a fait le nécessaire pour que de telles pratiques ne soit pas reproduites.»

Le mois dernier, c’était au tour du chef de file de l’industrie Universal Music Group de régler sa part de la poursuite, acceptant de débourser 12M$ en réparation. Sony Music Group devenait l’année dernière la première compagnie de musique à s’entendre avec le bureau du procureur grâce à un règlement de 10M$; Warner Music Group emboîtait peu après le pas avec une entente de 5M$. Le montant des ententes est proportionnel à la part de marché domestique de chacune des compagnies.

EMI regroupe les étiquettes Virgin Records America, Capitol Records et S Curve Records. Le bureau de Spitzer a spécifié que les artistes ayant bénéficié des pratiques de pots-de-vin de la firme EMI comprennent entre autres gros vendeurs les Rolling Stones, Coldplay, Norah Jones et Gorillaz.

Les pots-de-vin énumérés dans le règlement incluaient notamment: des billets à un concert des Rolling Stones à Toronto fournis à un programmeur non identifié de la station WOTT à Watertown, NY; des billets d’avion et un séjour à l’hôtel pour le programmeur Mike Danger de WXDX à Pittsburgh, PA; un jeu de Playstation 2 à l’intention de Danger lorsqu’il était programmeur pour WXPY à Rochester, NY.

Le document de la poursuite mentionne également d’autres extravagances accordées à des stations de radio en échange pour du temps de diffusion, à savoir: des voyages à l’occasion du «spring break», des lecteurs DVD, des caméras numériques, des Playstations, des Xbox, des iPods, des planches à neige et des guitares autographiées par les Rolling Stones.

L’enquête de Spitzer a même révélé que de faux appels d’auditeurs avaient été placés à des stations de radio pour mousser le temps d’antenne des artistes de la firme EMI et les propulser ainsi sur les palmarès. Des responsables de la compagnie géraient de près ces appels, un programme spécial ayant été mis sur pied pour les faire paraître légitimes.

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