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SRC/CBC

Des économies de 56 millions

Michelle Coudé-Lord -Le Journal de Montréal
05-10-2005 | 09h38
Après 33 ans de carrière comme analyste politique à Radio-Canada au bureau d’Ottawa, le journaliste Daniel Lessard, qui vient de subir son premier lock-out, un cadeau signé Robert Rabinovitch, ne croyait pas qu’il allait être sauvé un jour par… Don Cherry et le hockey.

Le lock-out de sept semaines vient de prendre fin. Le protocole de retour au travail se négocie. M. Rabinovitch veut à tout prix son hockey samedi soir.

«La direction et son président, totalement coupés de la réalité, viennent d’imposer une perte de salaire de sept semaines à 5 200 employés tout simplement pour récupérer les 20 millions perdus par l’absence du hockey au réseau anglais de Radio-Canada l’an dernier. Ils poussent même le cynisme à nous faire revenir juste avant la reprise du hockey ce week-end. C’est insultant et décourageant», confiait hier Daniel Lessard au Journal de Montréal.

Le lock-out aurait permis de sauver quelque 56 millions, soit un million par jour.

L’ère Rabinovitch!
M. Rabinovitch a fait vivre à la Société d’État et à CBC trois lock-out en cinq ans.

«Après 33 ans de travail à Radio-Canada et plusieurs sacrifices sur le plan familial, j’ai acquis le droit de dire que moi, je ne crois pas à un président comme M. Rabinovitch et des dirigeants qui n’ont aucune vision claire et ne connaissent pas la télévision», ajoute sur un ton amer Daniel Lessard.

Un conflit qui a paralysé tout le bureau politique de Radio-Canada à Ottawa, les Patrice Roy, Emmanuelle Latraverse, Christine Saint-Pierre et Daniel L’Heureux étant devenus soudainement des «cadenassés» sur le trottoir.

«L’erreur du gouvernement fut de renouveler le mandat de M. Rabinovitch. Je me console en pensant que son ère se termine dans 18 mois et qu’on va passer à autre chose. La récente nomination de Sylvain Lafrance est une bonne nouvelle», souligne Patrice Roy.

Christine Saint-Pierre ne s’est pas gênée également pour contester le parcours de ce président qui accumule les lock-out. La reporter de Radio-Canada a quitté récemment Washington pour retourner à Ottawa. Un mauvais timing c’est le moins que l’on puisse dire. De la Maison-Blanche au trottoir!

Le trottoir après Gomery!
Le bureau politique à Ottawa de la Société d’État avait des ailes au printemps avec le succès de sa couverture de la commission Gomery. Les journalistes furent donc assommés par ce conflit.

Une autre mauvaise nouvelle les attendait avec la fin du bulletin de nouvelles de 18 heures. Pascale Nadeau, qui a salué avec émotion le retour au travail de ses collègues, a dû céder sa place à Véro. Et les résultats ne sont pas concluants, comme on le sait.

«Je reconnais le talent de Véro, mais je préférais les nouvelles à 18 heures», souligne à ce sujet Daniel Lessard.

«C’est comme si on avait refusé de continuer la bataille de l’info à cette heure-là. Je trouve cela très dommage. Nous venons de perdre ce que nous avions gagné au printemps. Il faut se retrousser les manches et revenir plus forts», promet Patrice Roy.

  • Dès le mois d’octobre, Daniel Lessard doit animer une nouvelle émission sur les coulisses du monde politique, le dimanche à 10 heures sur RDI et à 11 heures sur la première chaîne.

    mclord@journalmtl.com

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