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«PETITE GARCE»

Propos scandaleux de Gilles Proulx

Jessica Nadeau -Journal de Montréal
12-09-2005 | 08h01
Après Me Lynda Bureau, qui a scandalisé le Québec la semaine dernière en affirmant que l’adolescente victime d’un viol odieux avait créé son propre malheur, l’animateur Gilles Proulx en a rajouté vendredi matin sur les ondes de TQS, traitant l’adolescente de «petite garce» et de «petite vache».

L’avocate de l’accusé, Frédéric Dompierre, n’y est pas allée de main morte jeudi dernier en affirmant que la victime était libre de refuser, qu’elle n’avait pas la permission de sortir et qu’il était plus de 23 h lorsqu’elle est allée rejoindre ses agresseurs.

Mais ses propos, qui ont soulevé tout un tollé, ne sont rien comparativement à ceux que Gilles Proulx a tenus vendredi matin.

Dans sa nouvelle émission matinale sur les ondes de TQS, L’avocat et le diable, qu’il coanime avec le maire d’Huntingdon Stéphane Gendron, Proulx a défendu l’avocate Bureau et accusé la jeune victime d’avoir provoqué son agresseur.

Selon lui, l’adolescente qui se promène «avec les seins presque à l’air» et qui a «une structure délinquante» s’est volontairement jetée dans la gueule du loup.

Il soutient que «la petite niaiseuse» aurait pu choisir 100 hommes, mais qu’elle a été attirée par un «cochon» parce qu’elle-même est une «petite cochonne». Il a même le culot d’ajouter : «Tant pis pour elle.»

Les parents de la victime envisagent une poursuite
Joints au téléphone hier, les parents de la jeune victime se sont dit révoltés. «C’est épouvantable, pourquoi il a dit des affaires de même?», s’indigne son père, qui croit que l’émission devrait carrément être retirée des ondes.

«Il a atteint des choses personnelles et ce ne sont pas des choses à dire. Ça n’a pas de sens. Il ne sait même pas ce qui est arrivé.»

Pour protéger la dignité de leur fille, les parents de l’adolescente ont préféré ne pas lui rapporter les propos tenus par l’animateur. Ils envisagent néanmoins d’entamer des poursuites judiciaires.

«C’est odieux !»
Les parents de la victime ne sont pas les seuls à être outrés. Après avoir visionné l’émission, la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin, a dénoncé le «profond sexisme» des propos de Gilles Proulx.

«C’est odieux d’utiliser un tel drame pour se faire valoir et chercher des cotes d’écoute», s’insurge Mme Asselin, qui estime complètement irresponsable de tenir de tels propos en ondes.

«Et les patrons de TQS, est-ce qu’ils endossent de tels propos?», se questionne-t-elle.

Le Journal a demandé la même question au directeur général Information, sport et affaires publiques de TQS, Jaque Rochon, qui a préféré attendre de voir l’émission avant de commenter les propos de l’animateur.

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