GILBERT TURP
Faire enfin son âge!
18-08-2007 | 05h00
«Enfin, je vais dépasser ma puberté !» Pour la
première fois de sa carrière, Gilbert Turp jouera un
homme de son âge. À 50 ans, il était temps !
À 30 ans, Gilbert Turp jouait encore des rôles
d’adolescent. À 40 ans, ses personnages
avaient toujours 10 à 15 ans de moins que lui.
Ce fut notamment le cas de son fameux Jean-
Louis Dubuc, le nerd loser à l’élocution soignée
dont on ne se lassait pas de rire dans Km/h.
Pendant les huit ans qu’il l’a incarné, Jean-
Louis est passé de 30 à 38 ans, alors que Gilbert,
lui, approchait de la cinquantaine…
«Ce décalage-là, c’est l’histoire de ma vie»,
indique-t-il.
DE 28 À 50 ANS
Encore cet été, Gilbert Turp personnifie un
homme de 28 ans, dans la pièce Me Myself &
moi-même au Centre culturel de Joliette. Pas
facile, à 50 ans, de dégager l’énergie de ses
28 ans, soir après soir.
Mais pour la première fois, Gilbert Turp pourra
«faire son âge» à l’écran. Il incarnera
Robert, un homme d’une cinquantaine d’années,
dans la nouvelle télésérie Grande Fille.
Il sourit à l’idée que ses cheveux gris (car oui,
il en a!) seront crédibles, pour la première fois
de sa carrière de comédien.
«Enfin! s’exclame-t-il. Ce rôle-là va me permettre
de tourner une page. Je vais pouvoir
aller travailler des qualités d’homme adulte.
C’est bien pour moi de passer à autre chose.»
«UN TANGUY À L’ENVERS»
La comédie de situation sera présentée à TQS
au début de 2008, et mettra aussi en vedette Sylvain Marcel,
Bianca Gervais, Madeleine Péloquin
(dans le rôle principal) et Nicolas Pinson.
Gilbert Turp y jouera le rôle d’un père «de fin
de semaine», qui, en prenant sa retraite, semet
à envahir la vie de sa grande fille de 22 ans.
«C’est une espèce de Tanguy à l’envers», résumele
comédien avec humour.
UNE DÉCENNIE NÉGLIGÉE
Selon lui, le milieu offre très peu de rôles
d’hommes dans la quarantaine. «C’est pourtant
un âge intéressant», note-t-il.
«Les comédiens, on passe des fils aux pères à
l’écran, continue-t-il. Il y a un saut de génération.
Et l’entre-deux n’est pas toujours évident.
Il y a moins de rôles. Ce n’est pas un problème,
mais c’est comme ça.»
Les comédiennes ne sont donc pas les seules
aux prises avec ce genre de situation.
«On décide trop vite que les femmes sont trop
vieilles (pour des rôles)», disait Julien Poulin
cette semaine.
«Pour les gars, tous les âges sont beaux»,
croit pour sa part Sylvain Massé, qui à 40 ans
joue Ken dans L’Auberge du chien noir.
Et pour les filles? «C’est une autre paire de
manches», lâche-t-il.