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Exclusif - Cinq questions à...André Ducharme
© Photo Journal de Montréal/Benoît Pelosse
André Ducharme

EXCLUSIF

Cinq questions à...André Ducharme

Propos recueillis par Véronique Beaudet
21-06-2007 | 11h10
Depuis que le groupe culte Rock et Belles Oreilles (RBO) a tiré sa révérence en 1995, avec un retour remarqué en 2006 pour le Bye-Bye, l'ex-RBO André Ducharme n'a pas chômé. Tantôt animateur, concepteur et scripteur-éditeur, tantôt scénariste et comédien, Ducharme porte plusieurs chapeaux et parfois deux ou trois à la fois.

En effet, les jobs se suivent, se chevauchent et ne manquent pas. Dès le 25 juin, le polyvalent Ducharme se lèvera aux aurores afin de retrouver son médium de prédilection: la radio. Pour un deuxième été, il remplacera Paul Arcand à la barre de l'émission matinale Puisqu'il faut se lever au 98,5FM.

À l'automne, André Ducharme sera de retour dans l'oreillette de Guy A. Lepage à l'émission Tout le monde en parle avec toute la répartie qu'on lui connaît, alors que la comédie musicale Les 7 , dont il est le co-auteur et le co-metteur en scène avec Sylvain Cossette, revient en supplémentaires en décembre prochain. Et qui sait, peut-être aurons-nous la chance de revoir l'humoriste en compagnie de ses joyeux lurons de RBO pour un Bye-Bye 2007?

Dès le 25 juin, tu joueras le rôle d'interviewer plutôt que celui de l'interviewé. Dans quel rôle te sens-tu le mieux?

Lisez les cinq premières questions posées à André Ducharme en vous procurant le 24 heures, édition du jeudi 21 juin.

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J'aime les deux. Le rôle de l'interviewer c'est particulier, surtout à la radio, parce t'es en direct. Il faut que tu sois bien préparé, mais j'ai réalisé en le faisant l'été passé que j'ai une seconde nature: je me prépare beaucoup. Dans tout ce que je fais je suis comme ça. Je travaille peut-être trop pour rien, mais je suis prêt. Les entrevues avec les politiciens par exemple, tu as intérêt à connaître la réponse qu'il va te donner parce que sinon, tu peux t'en faire passer une petite vite. La job de scripeur-éditeur que je fais à Tout le monde en parle est un peu dans la même veine, alors c'est un peu pour ça que les patrons du 98,5FM sont venus me chercher l'année passée pour remplacer Paul Arcand.

Pour faire une émission matinale, il faut se lever tôt. Puisqu'il faut se lever commence à 5h30. Tu ne trouves pas le rythme trop difficile?

Non, ça va. Ce qui est plus difficile par contre, c'est quand tu le fais pour une courte période. Je me lève donc à 4h00 et à 4h05, je suis dans mon auto. Pour moi, le sommeil est très important, alors je l'étire le plus possible. J'aime mieux me réveiller à 4h00 pressé que me réveiller à 3h30 et prendre mon temps. J'arrive à la station à 4h30 et je commence à lire le journal. C'est moi qui fait la revue de presse et c'est assez particulier dans le contexte d'une émission matinale, parce que même si tu prends tout le temps que tu veux, tu n'auras jamais le temps de lire un journal au complet. Alors chacun prend son journal et on se divise la lecture. Quand tu as ce beat-là, la concentration est assez difficile parce que tu manques de sommeil, alors inévitablement, tu peux parfois tomber dans la lune!

Ton travail d'humoriste te demande-t-il également de te tenir informé sur l'actualité?

Certainement. Ma job d'humoriste m'oblige à lire facilement de deux à trois journaux par jour et a consommer énormément d'informations. J'ai toujours dit que la job d'humoriste à la Rock et Belles Oreilles, c'est un peu la même job qu'un éditorialiste ou un chroniqueur. Si tu n'es pas informé sur ce qui se passe au Québec, tu ne peux pas faire du RBO, parce que c'est un éditoriale humoristique au même titre qu'un caricaturiste.

Étant donné que le Québec est un petit marché et que la plupart des artistes sont passés une fois et parfois deux à Tout le monde en parle, trouves-tu que l'émission s'essouffle?

Non, ça va finir par s'essouffler, mais je ne crois pas que ça s'essouffle encore. Je ne pense pas que ce soit le fait que plusieurs personnes reviennent, parce que toutes les émissions reçoivent les mêmes invités un moment donné. Ardisson en France n'y échappait pas non plus. Il y a des gens qui pouvaient aller à son émission tant qu'ils voulaient. Quand l'invité est déjà venu une première fois, c'est sûr que ça demande un peu plus de temps et de « challenge » pour sa deuxième visite. Il y a toujours le souci de ne pas refaire l'entrevue qui a été faite ailleurs et d'aller sur d'autres terrains.

Tu as été concepteur et animateur de la série documentaire Humour-PQ. L'émission dressait le portrait, en dix épisodes, de l'industrie de l'humour au Québec. En bout de ligne, qu'est-ce qui ressort de cette émission?

C'est que le métier d'humoriste est un métier qui demande énormément de rigueur et de sérieux. Ce n'est pas l'impression que ça donne vue de l'extérieur, mais les gens qui font ce métier-là sont très travaillants. Les gens pensent que c'est facile, que c'est le party, que c'est le fun, que faire une joke c'est facile et que les humoristes n'ont pas de culture. Mais c'est justement ça être un bon humoriste, c'est de créer l'illusion de la facilité et c'est très difficile de faire rire les gens. Je crois que ce qui ressort de Humour-PQ, c'est que le métier d'humoriste est un métier très exigent, malgré les apparences. On est actuellement en train de travailler sur une suite, Télé-PQ, qui parlera de l'industrie de la télé au Québec.

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