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© Journal de Montréal |
Denise Filiatrault entourée des comédiennes de la série |
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LE PETIT MONDE DE LAURA CADIEUX
Tissée serré
David Patry
22-04-2007 | 22h55
Le premier film de Laura Cadieux a vu le jour il y a
maintenant 10 ans. Le phénomène s’est transporté au
petit écran, où la série
Le Petit Monde de Laura Cadieux
connaît du succès depuis trois saisons. Est-ce dû à la
qualité des textes de Denise Filiatrault ? Au jeu des
comédiennes? Probablement un peu des deux. Lise Dion
résume le tout par une image :«Laura Cadieux, c’est
réconfortant comme une grosse poitrine », dit-elle.
L’idée fait sourire, mais Lise Dion, qui
incarne Laura Cadieux dans la populaire
série de TVA, insiste.
«C’est une série réconfortante. Comme
mettre sa tête entre deux gros seins. Même
s’il y a une bombe qui explose, il n’y a rien
qui peut t’arriver entre deux gros seins!»,
lance-t-elle.
L’humoriste et comédienne se rappelle
s’être réfugiée auprès de sa mère pour
chercher un peu de réconfort dans sa
jeunesse. Un peu comme les téléspectateurs
qui allaient chercher dans cette
série un baume pour leurs bobos
quotidiens.
«Denise (Filiatrault) aime les femmes
dans la cinquantaine. Elle les trouve belles
et charmantes», raconte Pierrette Robitaille,
alias Mme Therrien.
Pas surprenant, donc, que l’auteure leur
permette de tomber amoureuses et de
vivres des aventures folles qu’on associe
souvent, à la télévision du moins, aux
femmes plus jeunes.
«Il n’y a pas d’âge dans cette série. Il n’y a
aucune mémé là-dedans», confirme Nathalie
Simard, dont le personnage de Thérèse
s’est joint au petit monde de Laura Cadieux
lors de la deuxième saison. Le DVD de cette
deuxième année vient d’ailleurs tout juste
d’atterrir sur les tablettes.
UN AVENIR INCERTAIN
Mais ceux qui attendent avec impatience
une quatrième année pourraient attendre
longtemps.TVA a décidé de ne pas reconduire
l’émission, malgré ses cotes d’écoute
qui dépassaient le million de téléspectateurs.
Denise Filiatrault ne perd pas espoir de
retrouver ses personnages. «On est toujours
en discussion pour une quatrième saison,
et un projet de film se discute aussi»,
affirme-t-elle.
«Les gens adorent ça, le public répond
bien, alors pourquoi ça ne pourrait pas
continuer?», demande Nathalie Simard.
«Je trouverais ça dommage que ça ne
revienne pas parce que les femmes qui
nous écoutaient, ce sont celles qui écoutent
beaucoup la télé. Il ne faut surtout pas
oublier le public plus âgé», ajoute Lise Dion.
Celle-ci estime que le Québec dépeint dans
Le Petit Monde de Laura Cadieux existe
réellement et que la série avait son utilité.
Sur le plateau de tournage, il arrivait même
que la comédienne confonde de véritables
voisins aux figurants.
«Ça montrait l’amitié entre femmes et
leur émancipation. La perdre, ça ferait un
gros trou dans la télé québécoise»,
ajoute-t-elle.
La grande famille de comédiens de Laura
Cadieux redoute donc de perdre l’émission
qu’elle a eu tant de plaisir à créer.
Même Véronique LeFlaguais a pris plaisir
à jouer les belles-mères acariâtres. «J’adore
jouer des personnages de composition.
C’est tellement agréable de jouer ce qui est
loin de moi», souligne-t-elle.
UNE BELLE AVENTURE
Sur les plateaux de tournage, les comédiennes
ont développé une réelle amitié.
Même que le noyau dur de l’émission se
réunit de temps à autre pour partager un
bon souper.
Nathalie Simard se considère comme
chanceuse d’avoir pris part à l’aventure.
«J’ai été accueillie comme une reine dans
cette belle grande famille tissée serré», se
souvient-elle.
Lise Dion, de son côté, se rappelle d’un plateau
de tournage pas toujours discipliné.
Avec la désormais célèbre humoriste dans
le rôle principal, on n’en attendait
pas moins.
«On était comme des adolescentes sur le
plateau. Une chance qu’il y avait Denise, qui
est un peu plus sévère, pour ne pas qu’on
s’égare», admet de son côté Lise Dion.
DES PROJETS PERSONNELS
Peu importe comment se poursuivra le
fabuleux destin de Laura Cadieux, des décisions
devront être prises rapidement.
La plupart des comédiennes entament de
nouveaux projets, ce qui leur laisse de
moins en moins de temps libre pour un nouveau
tournage.
On pense à Pierrette Robitaille, qui se lance
cet été dans un premier spectacle solo,
un défi qu’elle a longtemps voulu se donner.
«Le projet d’une vie», témoigne-t-elle.
Même chose pour Nathalie Simard, qui
songe sérieusement à tourner la page (sans
mauvais jeu de mots) sur une dure période
de sa vie et à retourner à ses premières
amours, la chanson.
Quant à Lise Dion, elle souhaite retourner
sur la scène pour son troisième spectacle.
«Je ne faisais pas de l’humour dans le but
de devenir comédienne», clame-t-elle.
Il va sans dire qu’elle a toutefois beaucoup
appris sous la direction de Denise Filiatrault.
«Ça s’en venait! Je commençais juste
à avoir des trucs pour me concentrer…»,
lance-t-elle en riant.
Suffisamment appris en tout cas pour
recevoir deux propositions de rôles dans
des films québécois. Selon ses désirs, il ne
serait d’ailleurs pas surprenant de la voir
éventuellement dans un rôle dramatique.