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Éric Salvail - Enfin, la confiance règne
© Photo Pascal Ratthé - Le Journal de Montréal
Éric Salvail

ÉRIC SALVAIL

Enfin, la confiance règne

Brigitte McCann
Le Journal de Montréal
14-04-2007 | 16h58
Une année, c’est une éternité en télévision. Mais c’est pourtant le temps qu’a mis On n’a pas toute la soirée à se «trouver». Se trouver un ton, un public fidèle, une erre d’aller. «C’est payant, à la longue, d’être patient», assure Éric Salvail.

Cette semaine, l’animateur Éric Salvail clamait avec assurance, mais «sans prétention», que son show de variétés est «l’endroit le plus intéressant pour venir chanter à Montréal».

Si Tout le monde en parle fait vendre les livres qu’on y présente en primeur, On n’a pas toute la soirée fait certainement vendre des albums aux interprètes qui y livrent leur nouveau single.

Mais il n’était pas aussi confiant il y a quelques mois.

«Sur les brakes»

En ondes depuis janvier 2006, l’émission a subi son premier coup de barre cet automne. Fini, l’enregistrement unique de quatre ou cinq heures le vendredi, présenté en cinq tranches du dimanche au jeudi soir à TVA. On n’a pas toute la soirée est désormais présenté en direct le dimanche, de 19h30 à 21h.

Mais ça ne suffit pas. Malgré sa nouvelle formule, Éric Salvail se cherche encore comme intervieweur. «J’étais sur les brakes en entrevue. J’étais inquiet», confesse l’ancien animateur de foule.

Avec ses sept ou huit invités, son show est trop chargé. «On s’est rendu compte que ça ne nous servait pas nécessairement, dit Éric Salvail. Je courais après mon temps.»

L’auditoire s’en ressent. De 895 000 à la mi-septembre, il tombe à 680 000 au début d’octobre. On n’a pas toute la soirée se fait manger tout rond par Tout le monde en parle, à la SRC, et par la téléréalité Loft Story, à TQS, toutes deux millionnaires les dimanches soir.

Deuxième coup de barre

En janvier, autre coup de barre. L’émission passe à 18h30, tassant la très populaire École des fans, au grand dam de Charles Lafortune, qui devra attendre jusqu’à l’automne prochain.

En entrevue avec ses invités, Éric Salvail est plus incisif et plus confiant. «Maintenant, j’ai une couple de questions et je sais où je m’en vais», affirme l’animateur, qui a suivi les conseils d’une coach.

«Je suis plus moi-même», dit l’ami de Julie Snyder.

Depuis janvier, il s’amuse à mettre le doigt où ça fait mal, en direct. Quitte à déplaire à ses invités. Il a demandé à Mario Pelchat de parler de sa condamnation récente pour voies de fait, et posé des questions à Claire Lamarche sur le temps où elle faisait du pouce pour emmener son enfant à la garderie. Des sujets qui leur ont franchement déplu.

«On ne met pas les gens en boîte, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de questions plus crounchies, comme dirait Claire Lamarche», résume l’animateur de 37 ans en souriant.

Villeneuve frustré

Le chanteur et coureur automobile Jacques Villeneuve lui en a voulu d’avoir montré à l’écran la photo de sa maison montréalaise. «Il n’était pas content!» dit Éric Salvail, à qui le coureur automobile avait accordé une primeur télé.

Bref, On n’a pas toute la soirée a trouvé son erre d’aller. «Maintenant, on sait ce que ça nous prend pour faire un bon show», dit Éric Salvail.

Cette saison, ses cotes d’écoute tournaient autour du million, chiffre magique en télé. Et, surtout, il n’a plus à affronter Tout le monde en parle. Ça aide. «J’étais content, lâche Salvail. Je ne voulais pas nécessairement être contre Guy A. Lepage dans la vie!»

Il déplore d’ailleurs la place qu’a prise la guerre des cotes d’écoute entre TVA et Radio-Canada les dimanches soir. «La course à la primeur, je sais que je ne la gagnerai pas sur tous les plans, dit-il. C’est normal. Tout le monde en parle a une bonne cote d’écoute. Mais on a la primeur musicalement.»

Lui-même suit les cotes d’écoute de près et ne croit pas au sérieux de ceux qui en minimise l’importance. «Il faut se tenir au courant des perceptions», explique-t-il.

Les perceptions positives comme les négatives. Sa «façon plutôt cabotine d’animer ses émissions de télévision» ferait d’Éric Salvail la risée de «l’élite culturelle du Québec», selon sa biographie affichée dans l’encyclopédie Wikipédia.

Loin de la prendre personnel, il attribue ce genre de remarque à la «légèreté» de son show. «J’ai jamais senti que des gens me regardaient de haut et je n’ai pas de problème avec ça s’il y en a», dit-il.

«Le divertissement dans la vie, je n’ai pas honte de ça. Je trouve que c’est très honorable de divertir les gens.»

Encore plus près de sa mère

Il n’y a pas si longtemps encore, Éric Salvail passait ses nuits sur un matelas dans le sous-sol de la maison des participants d’Occupation double, téléréalité qui l’a mis au monde comme animateur, en 2003.

Il avait le salaire d’un nouveau venu qui n’a pas encore fait ses preuves. «Si je calcule mes heures travaillées, j’étais payé (par heure) moins qu’un camelot du Journal de Montréal à l’époque», dit-il.

Pendant longtemps, Éric Salvail a été perçu comme un expert de la mise en valeur du talent d’animateurs télé. Des autres. Comme Julie Snyder (Le Poing J) et Patrice L’Ecuyer (L’Ecuyer). Lui, c’était un animateur de foule qui a commencé à 50 $ par jour.

Et maintenant, combien gagne-t-il? «Écrit un million!» lance-t-il à la blague, se gardant de répondre sérieusement.

Sa mère, sa plus grande fan

Après plus de 12 années dans le milieu de la télé, peu de choses déstabilisent encore Éric Salvail. La santé de sa mère, 65 ans, fait partie de ces choses.

Le 7 décembre 2006, Éric Salvail a tourné sa spéciale du temps des fêtes, On n’a pas toute la veillée. La veille, sa mère avait fait un infarctus. Elle en a fait un autre la semaine dernière. «Ça, ça me déstabilise au boutte!» lâche-t-il, inquiet.

L’animateur s’est rapproché de sa mère depuis la mort, cet été, de son père, atteint d’Alzheimer et de Parkinson.

Depuis, sa mère est sa plus grande fan. «Elle aime tout ce que je fais astheure», dit-il, en souriant. À deux reprises, Salvail a diffusé à son émission des échanges téléphoniques avec sa mère, qui habite Sorel, enregistrés à son insu.

«Quand elle vient sur le plateau, c’est une mascotte», dit-il.

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