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©Boucane Bleue |
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TÊTE-À-TÊTE AVEC DANIEL BOUCHER
«Un gros bouillon de création»
Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal
23-10-2006 | 12h30
Daniel Boucher coanime ce soir
L'Autre Gala de l'ADISQ diffusé à ARTV, un coup de pouce pour le bouillon de création musicale actuel au Québec.
Q. Comment va se passer
L'Autre Gala?
R. On remet 19 prix dans des catégories moins connues du public: le hip-hop, l'électro, le folk contemporain, le classique, le jazz, l'alternatif. Toutes sortes de musiques.
L'Autre Gala est télédiffusé, pas de façon aussi spectaculaire que le gros gala de l'ADISQ de dimanche prochain, mais il donne une petite chance de s'ouvrir à cette musique moins connue.
Il y aura aussi des performances de Karkwa, qui a huit nominations, de la formation hip-hop Attach Tatuq et de Chloé Sainte-Marie.
Q. Quelle est l'importance de cet autre gala?
R. Il faut faire connaître aux gens ces catégories. Avec un gala à ARTV, on va aller chercher un peu de monde.
Q. C'est quoi un bon animateur de gala?
R. C'est quelqu'un qui est capable d'être concis, de bonne humeur, pas comique pour rien, juste quand ça vient naturellement. Il faut qu'il s'efface au profit de la soirée. Dans un gala, on a une job à faire. On a des prix à remettre. Moi, je veux que ça goale et je veux du rythme. On ne s'en va pas à la messe. Il faut que ce soit agréable, léger, mais concis.
Q. Comment tu te prépares à cette animation?
R. J'ai déjà animé ce gala deux fois, animé le show de la Saint-Jean et animé trois ans de temps En route vers l'Adisq. C'est semblable. On fait le line-up du show, on - il anime avec Catherine Pogonat - fait des meetings avec la metteure en scène Tania Kontoyanni. On passe élément par élément. On brainstorme (échange des idées). On voit comment on va présenter ça et en bout de ligne, on finit toujours par choisir la façon la plus simple possible. On est là pour donner des prix et c'est ça qu'on va faire.
Q. Est-ce qu'animer un gala te cause du stress? Plus qu'un show solo?
R. Un peu plus. Mon métier à moi, c'est d'écrire des tounes. Mais j'ai déjà animé et je sais que s'ils (les producteurs et diffuseurs) m'ont demandé, c'est qu'ils me font confiance. C'est une expérience de plus et je vais me défoncer. L'an passé tout s'est bien passé, ça devrait être pareil cette année.
Q. Tu te défonces toujours dans tes projets?
R. Oui. Quand j'embarque, j'embarque. Et si tu embarques avec moi, attache ta tuque, on part.
Q. Qu'est-ce qui t'importe le plus dans L'Autre Gala?
R. L'Autre Gala est à l'image de ce qui se passe au Québec: un gros bouillon de création. Actuellement on vit une des plus belles périodes de création au Québec. Peut-être pas LA plus belle, mais une des plus belles. Il y a plein de ben bon stock qui se fait. Le gros paradoxe, c'est que la diffusion de cette musique est très difficile. On a de la misère à se connecter avec le monde. L'Autre Gala est un début de solution, une p'tite chance pour ceux qui ne sont pas du grand gala du dimanche.
Q. Comment se porte l'industrie de la musique, malgré le piratage d'Internet?
R. Créativement, on se porte très bien. Pour le piratage et la vente de disques, je ne sais pas. C'est sûr que l'industrie est en pleine mutation. On s'en va vers Internet à coup sûr et c'est correct. Il faut juste trouver une façon de rémunérer ceux qui font la musique.
Je n'ai rien contre le fait qu'une chanson soit gratis. Mais il faudrait alors que tout le reste soit gratuit. Si on a envie de découvrir un plat éthiopien dans un restaurant, on devrait pouvoir le faire, manger et sortir sans payer. Il n'y a pas de différence avec une toune qu'on a envie d'écouter sur Internet. Ce n'est pas parce que les chansons passent par un fil que c'est différent. Pirater, ça coupe de l'emploi à plein de personnes.
Q. L'immense possibilité de diffusion de la musique sur Internet, c'est une catastrophe annoncée ou une bonne nouvelle?
R. Ça peut être super positif si c'est bien géré. Ça peut permettre à n'importe qui de se connecter avec le monde partout sur la planète. Il suffit que ce soit bien géré. Internet, c'est merveilleux, et je suis sûr qu'ils (les diffuseurs de sites de téléchargement) sont capables de contrôler le nombre de chansons que tu télécharges.
Q. Parmi tout ce qui se fait de nouveau au Québec, qu'est-ce qui t'inspire?
R. Malajube. Mets ça sur tes oreilles avec un casque d'écoute et tu seras plus capable de t'arrêter. Je suis un fan de Malajube.
Q. Que penses-tu des artistes de la téléréalité, maintenant, avec quelques années de recul?
R. S'il y en a qui ont à rester, ils vont rester. S'ils ont ce qu'il faut, peu importe par où ils sont passés. Je ne les écoute pas beaucoup et je ne me sens pas atteint. Et je ne suis pas le seul. Il y a bien plus de gens qui n'ont pas écouté Star Académie que de gens qui l'ont écouté. Mais si c'est ça que le monde veut, OK.
Q. Est-ce que tu crois que le métier d'auteur-compositeur est laissé pour compte?
R. Il y a beaucoup de bons auteurs-compositeurs, c'est juste qu'on ne les entend pas. Il faut fouiller pour trouver la musique de ces artistes-là.
Q. Où es-tu rendu dans ton cheminement?
R. Je sors un album en février qui va s'appeler Chansonnier, comme le titre du spectacle que j'ai donné au Cabaret. Ce sont mes chansons connues en version acoustique, d'autres qu'on ne connaît pas et des monologues. Ce sont des captations live déjà enregistrées. On est à l'étape des choix.
Q. Est-ce qu'on va te voir en spectacle?
R. On va jouer Chansonnier durant une semaine au Théâtre de Quat'sous au début de mars. Après, si ça va bien, on va reprendre le show au Cabaret (Juste pour rire). Le Quat'sous, c'est une salle légendaire, une salle mythique qui rappelle L'Osstidcho. Jouer dans cette petite salle est une espèce de fantasme, un honneur.
Q. Est-ce que jouer dans Dracula t'a amené ailleurs?
R. C'est sûr que chanter au sein d'une troupe, c'est pas pareil. Ça change la dynamique et on apprend beaucoup de choses. Je recommencerais l'aventure avec d'autres personnages. Je suis ouvert à tout, ça va dépendre des projets.
Q. Quelle est la place que devrait occuper la musique dans le quotidien des gens, en ces temps difficiles?
R. 200% de place! Ça rend heureux. Il faut abolir l'argent et écouter de la musique. Ce n'est pas faisable, alors on continue de se taper dessus.
Daniel Boucher anime L'Autre Gala de l'ADISQ au Métropolis, avec Catherine Pogonat, diffusé aujourd'hui sur ARTV dès 21h.