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Anne-Marie Losique - «Il y a moyen d'aller chercher l'argent ailleurs que dans le public»
©IDI
La distribution de La Job

ANNE-MARIE LOSIQUE

«Il y a moyen d'aller chercher l'argent ailleurs que dans le public»

Pascale Lévesque
Le Journal de Montréal
09-10-2006 | 10h32
Productions à budget réduit financées par plusieurs partenaires privés et des équipes de tournage réduites: sa méthode, qui a fait ses preuves dans le documentaire, Anne-Marie Losique l'applique maintenant dans la fiction. Peut-être une solution à la crise du financement.

Pourquoi attendre après les subventions lorsqu'on peut agir par soi-même? Voilà le leitmotiv de la productive productrice Anne-Marie Losique, dont l'entreprise, IDI, met au monde près de 300 heures de télévision par année dans le monde.

«Je n'ai pas connu les belles années du financement, j'ai toujours appris à ne compter que sur moi. Selon moi, il y a beaucoup de paresse. Il y a moyen d'aller chercher l'argent ailleurs que dans le public», plaide Anne-Marie Losique, qui ne s'est adressée que de rares fois au public.

Déposer un projet et attendre l'accord des institutions n'est pas l'apanage de cette dernière, qui préfère travailler dans des structures légères.

«L'argent n'a rien à voir avec la qualité d'un produit», tranche la productrice, à qui l'on doit La Job, sa première fiction, qui coûte moins de 200 000$ par demi-heure.

Suivant la même logique, Anne-Marie Losique s'est associée à trois diffuseurs pour mettre au monde La Job, soit Radio-Canada, ARTV et Bell ExpressVu. «Travailler avec plusieurs partenaires et diffuseurs permet de conserver une certaine indépendance. J'ai toujours fonctionné ainsi», indique-t-elle.

Un oeil sur la BBC

La débrouillardise de la productrice et sa soif de concrétiser au plus vite ses projets l'amène encore cette année à avoir plein de concepts en branle.

Depuis l'achat des droits The Office pour en faire une adaptation québécoise, Anne-Marie Losique conserve de très bonnes relations avec la BBC. Une autre fiction de la chaîne anglaise l'intéresse pour en faire une adaptation québécoise.

«Les droits ne sont pas réservés officiellement par contrat, mais j'en discute amicalement au téléphone avec les personnes concernées», dit Anne-Marie Losique, sans vouloir préciser de quelle émission il s'agit.

Documoqueur

La Job, le documentaire Culture de star et le «documoqueur» Bimbo seront sans doute présentés par la productrice dans des festivals de documentaires.

Oui, un documentaire. «En anglais, on dit mockumentary. J'ai traduit le terme et j'espère bien que ça se retrouvera dans le dictionnaire. Donc Bimbo, c'est un documentaire avec beaucoup d'humour qui se moque de la perception que les gens ont de moi... qu'il y a, par exemple, sans cesse des filles nues qui se promènent chez moi. De l'humour sexy, bref!» lance Anne-Marie, qui s'est beaucoup inspirée, pour ce projet, des petites capsules de La Minute sexy, présentée à Canal+, en France.

Bimbo, traduit en anglais, a été vendu partout dans le monde. Ici, il sera présenté à Indigo en janvier et à Sex TV. Une chaîne traditionnelle québécoise s'est aussi montrée intéressée. TQS, peut-être?...

Une chaîne AML?

Un autre documentaire, sur la condition féminine celui-là, tourné en décembre et janvier, devrait, idéalement, être prêt pour le 8 mars, Journée internationale de la femme.

Rien de moins: Anne-Marie Losique a aussi dans ses projets d'avoir sa propre chaîne télé. «C'est encore très embryonnaire, mais c'est déjà appuyé par quelqu'un de gros», dit-elle. Avec tous ses projets de télé, elle aura suffisamment de matière pour faire sa programmation.

Anne-Marie Losique n'a pas renouvelé les droits de 93, Faubourg Saint-Honoré, concept original de Thierry Ardisson. Elle les avait acquis à l'été 2005. Ardisson souhaite développer le concept ici avec quelqu'un d'autre.

plevesque@journalmtl.com

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