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Québec à la une - Le Journal de Montréal, témoin privilégié de notre histoire
© Photo Raynald Leblanc
Paul Houde et le réalisateur Yves Thériault devant la demeure de James Cross, à l’époque où ce dernier était pris en otage par le FLQ, durant la Crise d’octobre de 1970, événement couvert dans ses moindres détails par Le Journal de Montréal.

QUÉBEC À LA UNE

Le Journal de Montréal, témoin privilégié de notre histoire

Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal
24-11-2007 | 05h00
Pour animer la série documentaire Le Québec à la une, qui retrace l’histoire du Québec par le biais de celle des unes du Journal de Montréal, Paul Houde, qui a été camelot durant dix ans, est retourné dans ses souvenirs de jeunesse et même dans ses propres archives.

Paul Houde a une mémoire photographique exceptionnelle. Tous les événements qu’il a passés en revue avec les pionniers du Journal de Montréal étaient déjà fixés en lui. C’est avec émotion qu’il a replongé dans l’actualité, a visité les lieux qui ont fait la une du quotidien.

Le point saillant de son aventure télévisuelle a été sa rencontre avec Jacques Lanctôt, ex-membre du FLQ (Front de libération du Québec) devant la maison cossue qu’habitait James Cross rue Redpath Crescent, l’époque de son enlèvement.

«J’étais tellement bien préparé, j’avais tellement lu et relu les articles sur microfilm, page par page, j’étais tellement absorbé que j’en rêvais la nuit, raconte Houde en riant. J’étais vraiment retourné en octobre 1962.

En plus, je travaillais avec le jeune frère de Lanctôt, cameraman pour le jeu Le Cercle

Les moments d’émotion ont été nombreux lors du tournage de la série Le Québec à la une. Notamment pendant l’entrevue avec Lise Payette et Claude Charron, quand ils ont parlé de René Lévesque. Émotions fortes aussi avec Michel Bergeron, qui a raconté, la larme à l’œil, la rivalité Nordiques/Canadien. Chaque fois, Paul Houde a su trouver les mots justes auprès des intervenants, leur a laissé toute la place, les a mis l’aise.

L’HISTOIRE DU QUÉBEC

Dans la série documentaire Le Québec à la une, c’est l’histoire du Québec que racontent Paul Houde et le réalisateur Yves Thériault.

« Le Journal de Montréal a été un témoin privilégié des événements qui ont façonné le Québec, explique ce dernier. Son histoire, au fond, c’est notre histoire.»

En retraçant l’histoire du quotidien, Houde et le réalisateur de la série Yves Thériault, deux boulimiques d’information, ont passé des heures à se raconter les souvenirs de cette folle époque du journalisme. Ils s’en racontent encore.

Ils s’amusent à parler de la rigueur journalistique qui à l’époque laissait à désirer, rappellent le jour où Toto Gingras avait dessiné une rondelle de hockey sur sa photo, le temps où ce n’était pas mal vu d’entretenir des relations d’amitié avec les journalistes. Les deux hommes rappellent aussi l’opportunisme incroyable des journalistes de l’époque et leur fierté de l’être.

«Par tous les moyens, il fallait assurer la survivance du journal et grossir», rappelle Yves Thériault.

«Encore aujourd’hui, le Journal innove avec ses enquêtes et ses journalistes sont des incontournables, des reporters-vedettes qu’on invite aux émissions de radio et de télé», ajoute Paul Houde.

RAT DE BIBLIOTHÈQUE

Le réalisateur Yves Thériault a travaillé durant plus d’un an sur le projet. Rat de bibliothèque, le documentariste a passé des heures et des heures a visionner les pages du Journal de Montréal sur microfilms à la Grande Bibliothèque de Montréal. Il a choisi les reportages où le Journal se distinguait, «là où il clenchait la compétition», admet-il.

L’histoire de l’enfant Marcheterre victime d’un médecin charlatan, l’incendie mortel du Blue Bird et la Crise d’octobre comptent parmi ces incontournables.

«Pour moi, élevé au sein d’une famille fédéraliste, les felquistes et les membres du Parti québécois c’étaient des anarchistes de l’extrême gauche, relate Paul Houde. J’étais fasciné par cet homme d’affaires (Pierre Péladeau) qui avait l’audace de donner un poste de rédaction à René Lévesque et celle d’embaucher un ex-felquiste comme Jean-Denis Lamoureux. C’était de l’audace, mais en même temps une grande ouverture sur la liberté de presse.»

CARTE BLANCHE

La série d’Yves Thériault n’est pas une infopub sur Le Journal de Montréal, loin de là, et le premier épisode s’écoute comme un thriller. Le réalisateur assure d’ailleurs qu’il a obtenu carte blanche de TVA et qu’il fait naviguer son bateau sans l’intervention de la direction jusqu’à la livraison de la série.

«On ne peut pas être totalement objectif, note-t-il toutefois. Un documentaire a toujours un point de vue.

Celui-là est le success story incroyable d’un visionnaire qui s’est hissé au sommet, a misé sur le lectorat et suivi la formule à la lettre.

«Personne ne peut nier le success story du Journal de Montréal dans les années 1960, martèle Thériault. Personne ne peut nier que l’attentat contre Michel Auger été le point tournant de la guerre contre les motards.

Personne ne peut nier que Le Journal de Montréal fait du journalisme d’enquête qui dérange le monde, et personne ne peut nier que Le Journal de Montréal est resté fidèle à son image qui provoque et attire l’attention sur des problèmes de société.»

  • La première partie de Québec à la une est présentée ce mardi à 21h et nous ramène en juin 1964, dans le Québec de la Révolution tranquille.

  • Les deux autres parties de la série seront présentées les mardis suivants, 4 et 11 décembre, à la même heure à TVA.

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