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Chronique de Sophie Durocher - Pédophiles, vrais ou faux?

CHRONIQUE DE SOPHIE DUROCHER

Pédophiles, vrais ou faux?

JDM
27-01-2012 | 08h58

Il y a les histoires de pédophiles qui font frémir. Et puis, il y a les fausses histoires de pédophilie… qui donnent tout aussi froid dans le dos.

Les deux côtés de la chasse aux abuseurs d'enfants, celle qui touche les vrais coupables et celle qui dérape dans des fausses accusations, sont illustrés dans deux films français qui prennent l'affiche au Québec: Polisse et Présumé coupable.

Et dans les deux cas, ces films très durs sont comme des coups de poing qui ne vous laisseront pas indifférents.

UN CAUCHEMAR

Dans Présumé coupable, de Vincent Garenq, qui prend l'affiche aujourd'hui, on découvre le cauchemar vécu par Alain Marécaux. Il a été arrêté en 2001 (avec sa femme et 12 autres personnes) et accusé d'avoir violé des enfants qu'il ne connaissait même pas.

Il a passé vingt-trois mois en prison, ses propres enfants ont été placés en famille d'accueil, il a fait la grève de la faim pendant 98 jours pour clamer son innocence. Et tout ça, alors qu'il n'existait aucune preuve matérielle contre lui.

C'est un cauchemar, doublé d'une descente aux enfers. Il a finalement été innocenté quand ses accusateurs ont admis avoir tout inventé, du début jusqu'à la fin!

En France, l'affaire Outreau a provoqué tout un débat. Sur le système de justice. Mais aussi sur la lutte contre la pédophilie. À cause de quelques affaires horribles très médiatisées, est-ce que la population n'en est pas venue à vivre dans ce qu'un juge appelle «l'ère du soupçon»? Le moindre geste d'un adulte envers un enfant, même le plus innocent, est tout de suite mal interprété.

BONJOUR LA POLICE

Dans Polisse, de la réalisatrice Maïwenn, qui prend l'affiche en mars, on suit le quotidien d'un groupe de policiers de la Brigade de protection des mineurs.

C'est à faire dresser les cheveux sur la tête.

Un père qui est fier de sodomiser son ado, une mère qui trouve normal de masturber son bébé, un grand-père qui joue dans les culottes de sa petite-fille: certains des «dossiers» donnent envie de vomir. La réalisatrice a fait un stage d'un mois à la Brigade et toutes les histoires qu'elle raconte dans son film sont des cas vécus. On en sort avec une admiration sans borne pour ces policiers qui sont confrontés chaque jour aux pires horreurs et qui ne s'en sortent eux-mêmes jamais indemnes.

DÉRAPAGES

Ces deux films nous montrent les deux côtés de la médaille. On applaudit bien sûr le fait que les policiers comme ceux de Polisse fassent la chasse aux pédos. Mais on ne peut pas s'empêcher, en voyant Présumé coupable, de se poser des questions…

Est-ce qu'on a tellement peur des pédophiles qu'aujourd'hui n'importe quel enfant peut accuser un prof, un voisin, un parent et qu'on va prendre sa déclaration comme parole d'Évangile? Pendant des siècles, on n'a pas accordé d'importance aux déclarations des enfants. Mais aujourd'hui, est-ce qu'on est tombé dans l'excès contraire et que la moindre accusation d'un mineur est prise trop au sérieux?

En 1996, le premier ministre français Alain Juppé avait déclaré: «Il faut parfois mettre entre parenthèses les droits de l'homme pour protéger ceux de l'enfant.»

Pas sûr qu'Alain Marécaux serait d'accord avec lui.

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