Camille Dufétel
Agence QMI

6e Pouzza Fest: Montréal sous ses airs «punk rock»

6e Pouzza Fest: Montréal sous ses airs «punk rock»

Hugo Mudie.Photo Maxime Deland / Agence QMI

Camille Dufétel

MONTRÉAL - Une partie de baseball, quelques concerts de rock garage, de ska, de punk rock, de musique hardcore, une pizza à la poutine et une bière de micro-brasserie, le tout ou presque dans le centre-ville. La 6e édition du Pouzza, qui débute vendredi et se poursuit jusqu'à dimanche, promet une expérience musicale... très montréalaise.

«Le Pouzza permet de découvrir des groupes d'ici et d'ailleurs qui œuvrent sur une scène pas nécessairement bien représentée, mais qui est pourtant très importante, puisque des milliers de personnes viennent à notre festival chaque année», lance Hugo Mudie, cofondateur du festival. Ce dernier est également le chanteur du groupe mythique de punk rock «classique» The Sainte Catherines, qui n'existe plus, mais se reforme pour l'événement.

«Il y a autant du rock'n'roll garage qui va jouer à l'extérieur avec Les Breastfeeders et The Fleshtones, que du ska avec The Planet Smashers: ma mère peut aimer ça, explique le chanteur. Notre mandat est d'y aller le plus large là-dedans pour que quelqu'un qui n'est pas nécessairement un fin connaisseur de punk puisse arriver dans le centre-ville, voir un "show" gratuit puis trouver ça le "fun".» Plus de 150 groupes se produiront durant trois jours et les spectacles extérieurs au Jardin de bières - parterre du Quartier des spectacles - seront effectivement libres d'entrée.

Les Foufounes Électriques, les Katacombes, le Théâtre Sainte-Catherine et le Pub Le Sainte-Élisabeth, entre autres lieux, accueilleront également de nombreux spectacles. Ceux-ci, payants, seront parfois plus «intenses», selon Hugo Mudie. «Pour quelqu'un qui est plus au courant, le but c'est un peu d'offrir un buffet "all you can eat", se promener de salles en salles, de voir des classiques, mais aussi des nouveaux "bands" qui arrivent, autant québécois qu'américains ou européens, francophones ou anglophones.»

Les valeurs du punk rock

«Le Pouzza, c'est aussi une fin de semaine que tu passes avec du monde qui voit la vie comme toi, lance Hélène McKoy, l'autre cofondatrice du Festival. «On célèbre l'égalité, le communautarisme, la différence, de belles valeurs utopiques, pointe-t-elle. Ce n'est pas vrai que notre festival est "outcast", sinon ça fait beaucoup de monde qui est marginal!»

Les deux cofondateurs du projet remarquent pourtant que le punk souffre de préjugés. «Les questions qui reviennent de la part de commanditaires potentiels, de banques, de subventionnaires c'est toujours : "Ok, mais avez-vous prévenu la police?" En six ans, les seules émeutes qu'on a eues, ce n'était même pas nous, c'était les carrés rouges», ajoute Hélène McKoy.

«Le punk est apparu dans les années 1970 en étant très contestataire, l'image que le monde en a c'est les Sex Pistols qui vont à la télé et qui disent "fuck", croit Hugo Mudie. Ça en fait partie, mais il y a plein d'autres choses, c'est comme penser que le folk c'est juste un hippie avec une grosse barbe qui joue de la guitare, c'est absurde.»

Une expérience de «lifestyle»

Pour «démystifier les préjugés», il précise que le festival est garni d'activités en tous genres. «On n'est pas juste un festival de musique, c'est une expérience de "lifestyle" qui vient aussi bien du côté bouffe qu'avec les événements qu'on propose à côté. On s'associe avec des restaurateurs qui offrent de la pouzza, un mets inventé pour l'occasion, c'est de la pizza à la poutine, et avec des micro-brasseries qui proposeront leurs produits. C'est très montréalais.»

Une partie de baseball est également prévue en compagnie d'artistes et de personnalités sportives - dont le hockeyeur Georges Laraque - ainsi qu'une soirée d'humour, un brunch hardcore, des barbecues acoustiques, des cours extérieurs de yoga et des expositions d'arts visuels. «Bizarrement, beaucoup de punk rockers tripent sur le baseball, on ne sait pas trop pourquoi, je pense que c'est le côté hot-dog/bière/working class baseball, d'ailleurs beaucoup d'Américains viennent à notre événement», indique le chanteur. Quatre équipes s'affronteront samedi au Parc La Fontaine pour le «Pouzza de cristal».

«On a aussi développé le côté familial avec le Pouzza Bambino, précise Hélène McKoy. Les amateurs de punk rock sont souvent des gens extrêmement nostalgiques, fidèles et dédiés, ils vont pouvoir réécouter des bands qu'ils suivaient quand ils avaient 20 ans en en ayant aujourd'hui 35, avec leurs enfants.» Au-delà de la scène Bambino, des jeux gonflables, de la barbe à papa et des ateliers de faux tatouages seront également proposés.

Samedi, le groupe The Sainte Catherines, qui avait fait ses adieux au public en 2012 et s'était produit en 2014 pour les 15 ans de la formation, remontera sur scène aux Foufounes Électriques.

«On a fait le tour du monde, plus de mille "shows", on a signé avec la plus grosse étiquette punk rock au monde, on est devenus malgré nous une espèce de porte-étendard du punk au Québec, rappelle Hugo Mudie. Cette année on fête les dix ans d'un de nos albums marquants, Dancing For Decadence.» The Suicide Machines, également en tête d'affiche, montera sur scène le même soir.

Détails de la programmation sur pouzzafest.com.

Passes en vente à la journée ou pour les trois jours.

Les grands noms de cette édition

Less Than Jake, Sick Of It All, The Sainte Catherines, The Suicide Machines, The Planet Smashers, Big D And The Kids Table, The Dreadnoughts, Dead To Me, Belevedere, The Fleshtones, Ringworm, Get Dead, Les Breastfeeders.

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