Sarah Maquet
Agence QMI

Un spectacle format France pour Fred Pellerin

Un spectacle format France pour Fred Pellerin

Fred Pellerin en spectacle à Montréal le 25 février dernier.Photo Archives / Agence QMI

Sarah Maquet

PARIS - Au milieu de la tournée québécoise de son nouveau spectacle Plus tard qu'on pense, Fred Pellerin s'est autorisé une petite virée parisienne samedi pour présenter son spectacle De peigne et de misère qu'il n'avait pas joué depuis plus de trois mois.

Près de 800 personnes ont assisté à cette représentation d'un peu plus d'une heure qui avait lieu dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la Francophonie.

«Mon très cher Paris, ma très chère Parise, j'ai fait six heures et demie de vol, ce n'est pas pour te raconter des conneries», a prévenu d'emblée le conteur avant de céder la place à Méo le barbier et à l'univers de Saint-Élie-de-Caxton.

«Un village paumé, mais qui a l'air merveilleux», ont dit Michelle et Michel, un couple de Parisiens «en amour avec le Canada depuis Félix Leclerc».

Ils ont vu tous les spectacles de Fred Pellerin, comme à peu près la moitié des gens dans la salle. Fred Pellerin a en effet joué devant un public conquis qui riait des déboires de Méo et s'émouvait de son amour pour la belle Solange.

«Je sais que mes mots n'ont pas toujours le format exact de votre orifice de réception, a dit le conteur au public français. J'espère au moins que les images font leur chemin.»

Des rires et des applaudissements fournis lui ont répondu rapidement. Seuls les plus jeunes semblaient s'ennuyer un peu, trop de sous-entendus peut-être ou alors Saint-Élie-de-Caxton est encore un peu loin de Paris pour leur imagination d'enfants.

La foule n'avait qu'un seul regret à la fin du spectacle: le conteur ne traversera pas l'Atlantique pour venir pousser la chansonnette une nouvelle fois. Les 48 dates de Plus tard qu'on pense ne sont, pour l'instant, réservées qu'au public québécois.

La France de Fred Pellerin

De passage dans la capitale française samedi pour une seule représentation de son ancien spectacle De peigne et de misère, Fred Pellerin a pris soin, comme toujours, de bien choisir ses mots. Le conteur passe d'un mille au mètre, d'une piastre à un euro et d'une chemise carreautée à une veste à carreaux.

«Moi je suis un fidèle, a expliqué Fred Pellerin, alors à Paris ça fait 50, 60 fois que j'y reviens».
Fred Pellerin a ses habitudes à Paris. Il dort au même hôtel et réalise toujours la même promenade lors de son premier jour de visite.

«De place de la Nation, je descends jusqu'à faire des sauts, à Saint-Germain-des-Prés», a-t-il précisé. Puis il a tendu l'oreille et poursuivi : «tiens, le canal Saint-Martin qui traverse la ville a été vidé et dans la boue gisent des vélos ?»

L'anecdote est ressortie telle quelle dans le spectacle une heure plus tard. Mais cette fois c'est un habitant de Saint-Élie-de-Caxton qui a enfourché la bicyclette sortie du canal.

«Oui mon inspiration vient du Québec, mais j'écoute tout et parfois je prends une petite entourloupette française, je lui mets un peu de chair de Saint-Élie et le tour est joué», a alors avoué Fred Pellerin.

Ce samedi, à Paris, Fred Pellerin a frissonné en entamant sa dernière tirade.

«Paris est une ville blessée depuis les attentats de novembre alors, en plaquant un accord d'accordéon et en déclamant qu'une humanité se tiendra debout dans la lumière et que peut-être ce sera la nôtre, je me suis demandé si le public pensait à la même chose que moi», a-t-il dit.

Sur scène le conteur s'est finalement ému que les noms des ancêtres des habitants de Saint-Élie-de-Caxton résonnent dans «ce grand théâtre de la Ville lumière». Mais si Fred Pellerin adore Paris, il aime aussi Nantes, la Normandie ou la Bretagne, des régions où sont nées beaucoup de contes et de chansons qui ont nourri, et nourrissent encore, son imaginaire. Il les visitera lors de ses prochaines dates françaises, fin avril et début mai.

Aussi sur Canoe.ca:



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos