Raphaël Gendron-Martin
Journal de Montréal

Vingt ans plus tard

Men Without Hats - Vingt ans plus tard


Raphaël Gendron-Martin

Dernière mise à jour: 23-06-2011 | 17h05

The Safety Dance et Pop Goes the World sont deux succès indémodables des années 1980. Surtout, ils sont l’oeuvre d’un groupe montréalais qui a refait surface cette année après 20 ans d’absence : Men Without Hats. À quelques jours du passage de la formation au Festival de jazz, on s’est entretenu avec le seul membre original encore restant : Ivan Doroschuk. «We can dance if we want to.»

«C’est un grand honneur pour nous d’être invités au Festival de jazz», mentionne le chanteur au bout du fil. Même s’il habite Victoria, en Colombie-Britannique, depuis dix ans, Ivan Doroschuk s’exprime dans un français parfait.

«Mon fils va à l’école francophone ici. J’ai grandi en français. Je suis encore en contact avec Montréal. Ce n’est pas quelque chose que je vais perdre bientôt», explique-t-il.

Quand il habitait la métropole québécoise, le musicien se souvient d’être allé au Festival de jazz à plusieurs reprises. «J’y allais quand c’était sur la rue Saint-Denis. J’ai vu Miles Davis durant ce festival. C’est l’un de mes concerts préférés à vie.»

RETROUVAILLES

Le 1er juillet, le public montréalais renouera avec Men Without Hats pour la première fois en 20 ans.

«Je ne me souviens même pas de notre dernier spectacle à Montréal, dit Ivan Doroschuk. Ça devait être pour la tournée Sideways, en 1991. On avait fait le Jardin des étoiles, à La Ronde. On avait aussi joué aux Foufounes électriques avec Mitsou. Ça fait vraiment 20 ans, ce n’est pas des farces !»

Pour le nouveau spectacle, les amateurs seront heureux d’apprendre qu’il sera constitué essentiellement des vieux succès.

«On se concentre sur le son vintage de Men Without Hats. On fait tous les hits. Ce qui est vraiment cool, c’est que c’est un show best of et c’est la première fois dans ma carrière que j’ai la chance de le faire. D’habitude, on a toujours un nouvel album à promouvoir.»

«En mettant les chansons ensemble, je me suis rendu compte que ça bouge, c’est un spectacle qui n’arrête pas. C’est ça, la musique new wave. C’est un mélange progressif de disco. C’est une musique super dansante, entraînante et accrocheuse. C’est pour ça que le son des années 1980 fait un retour en général.»

PÈRE AU FOYER

Au début des années 1990, Ivan Doroschuk a décidé de prendre une pause du groupe, souhaitant faire autre chose.

«Je suis devenu père au foyer pendant un bout de temps. J’ai élevé mon fils. Là, il a un âge où il peut comprendre. C’est pour ça que je reviens. Il peut apprécier ce que je suis en trainde faire. Les chansons sont encore dans le public aujourd’hui, surtout avec Glee l’année dernière, les films et Les Simpson. Ça n’arrête pas de jouer partout.»

Deux chansons du groupe ont particulièrement résonné aux quatre coins de la planète : The Safety Dance et Pop Goes the World.

«Safety Dance n’était même pas le premier single sur l’album, mentionne le chanteur. Ça nous a pris un peu par surprise. Pop Goes the World, j’ai travaillé beaucoup sur la chanson et je savais que j’avais un single quand je l’ai terminée.»

MALAJUBE

Dès les débuts de la formation, le plan était de s’exporter à l’étranger, Montréal étant plus reconnue pour ses discothèques que ses salles de spectacle, à l’époque.

«Avant même de jouer à Toronto, on a joué à New York et on a descendu la Côte Est. Notre premier contrat de disque était en Angleterre. Notre album est ainsi sorti au Canada en importation. Nul n’est prophète en son pays ! Et ce n’est pas moi qui vais changer la règle.»

Que pense-t-il de la scène montréalaise aujourd’hui ? «Mon groupe préféré en ce moment est Malajube», répond le chanteur. Est-ce qu’on pourrait voir une tournée avec les deux groupes québécois ? «Il y a toujours des possibilités.»

Seul membre original du groupe encore restant, Ivan Doroschuk a vu pas moins d’une trentaine de musiciens joindre les rangs de la formation depuis ses débuts.

Pour la nouvelle tournée, il a passé des auditions sur la Côte Ouest et a choisi des musiciens de Los Angeles, Vancouver et Victoria.

NOUVEL ALBUM

Après le passage au Festival de jazz, le groupe partira en tournée aux États- Unis avec The B-52’s et The Human League. «Je vais rentrer ensuite en studio au mois d’octobre et on va sortir quelque chose pour la nouvelle année.» Foi d’Ivan Doroschuk, la réunion de Men Without Hats n’est pas temporaire. «On veut sortir du matériel et continuer à faire des tournées et avoir du plaisir. On va faire ça pour un bout !»

Men Without Hats se produira le 1er juillet au Métropolis dans le cadre du Festival de jazz.

Infos sur Men Without Hats

- Le groupe a été formé à Montréal en 1977.
- Le nom de la formation serait venu avec la manie qu’avaient Ivan Doroschuk et ses deux frères de ne pas porter de tuques durant le froid hiver québécois.
- Sortie en 1983, la chanson The Safety Dance s’est classée dans les palmarès aux États-Unis (3e rang), au Royaume-Unis (6e rang) et au Canada (11e rang).
- La chanson a été jouée dans les films Hot Tube Time Machine et Bio-Dome, ainsi que dans les émissions Family Guy, Scrubs, The Simpsons, Glee et Gossip Girl.
- Le morceau Pop Goes the World, paru en 1987, s’est hissé en deuxième place du palmarès canadien.
- Jean-Marc Pisapia a fait partie du groupe avant de fonder The Box.



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