Agnès Gaudet
Journal de Montréal

Isabelle Boulay enregistre un duo avec Dolly Parton

Exclusif - Isabelle Boulay enregistre un duo avec Dolly Parton

Agnès Gaudet

Dernière mise à jour: 13-06-2011 | 05h19

Isabelle Boulay a retrouvé son idole de jeunesse, la reine de la musique country américaine, il y a quelques semaines. « J’étais tellement émue que j’ai failli pleurer », confie-t-elle.

Ce serait la première fois que Dolly Parton enregistre une chanson avec une chanteuse francophone. La rencontre en studio à Nashville a été mémorable. Isabelle croyait rêver.

« J’espérais que ça fonctionne, dit-elle, mais sinon, je n’aurais pas été déçue. Je connais la dimension de cette femme-là. Elle est comme Oprah et elle reçoit des dizaines de demandes par semaine. C’est une légende vivante de la musique country américaine. Les gens l’appellent par son prénom : « Dolly ».

Pourtant, le souhait s’est réalisé, par l’intermédiaire de l’ingénieur du son Gary Pacsoza, un collaborateur spécialiste des voix féminines. Isabelle lui avait confié son envie d’enregistrer True Blue sur son nouvel album, une vieille chanson peu connue de la star américaine, avant de savoir qu’il était un ami de Dolly Parton.

« Alors (avec son conjoint et gérant) on s’est mis à délirer, raconte Isabelle, à imaginer que cette chose qui m’apparaissait inatteignable, une grande vedette comme ça, puisse chanter en duo avec moi. »

«I will do it»

Le gérant en question, Marc-André Chicoine, a tenté un appel téléphonique auprès de Gary Pacsoza pour tâter le terrain, puis Isabelle a écrit un mot – en anglais – pour Dolly Parton, son dictionnaire en mains, pour choisir les bons mots. Ils l’ont fait parvenir à la star américaine, avec quelques albums.

C’est un mois et demi plus tard que la réponse est arrivée par fax, dans une lettre signée par Dolly Parton, qui disait « I love her voice and I will do it.»

Isabelle a enregistré sa partition avec l’aide d’une choriste montréalaise, Julie Leblanc, mais elle voulait à tout prix voir Dolly Parton à Nashville.

« Je voulais rencontrer l’humaine et la remercier, dit-elle. Pour moi, tout ça est énorme. C’est venu me chercher très profondément. Dolly Parton représente beaucoup pour moi et les membres de ma famille. Ma g rand-mère l’écoutait, mon père, ma mère, mes cousins aussi.

Émue

« Quand je l’ai vue en studio, poursuit-elle, j’étais tellement émue. Marc-André et moi, on avait les yeux pleins d’eau. On a failli pleurer.

Ce qui m’a le plus ébranlée, c’est de l’entendre chanter sur ma voix, c’était extraordinaire.»

True Blue se retrouve sur le nouvel album Les grands espaces, réalisé par Benjamin Biolay, qui sortira cet automne. Maintenant Isabelle rêve que l’aventure se poursuive.

« Je suis sûre que ce n’est pas fini, dit-elle. J’aimerais tellement l’inviter à chanter avec moi en live, pour mon public.»

Dolly, belle et humble

Avec Dolly Parton, Isabelle Boulay a eu la chance de converser un peu, le temps de voir quelle femme elle est.

« Bien des gens quand ils me rencontrent disent que je suis plus belle en personne qu’à la télé, déclare timidement Isabelle. C’est exactement ce que j’ai pensé en voyant Dolly Parton, à cause de tout ce qui émane de sa personne.

Elle est une personne extrêmement spirituelle, quelqu’un qui prie beaucoup. Elle a une vraie profondeur et de grandes qualités humaines.»

Selon Isabelle, Dolly Parton, qui a grandi dans les montagnes, est restée fidèle à ses racines très humbles.

« J’ai senti son humilité. Notre rencontre s’est faite très simplement. Elle met les gens à l’aise. Elle plaisante sur son apparence.»

Toute délicate

À 67 ans, la chanteuse country serait très jolie.

« Elle est vraiment belle, c’est hallucinant, admet Isabelle. Ce n’est un secret pour personne qu’elle a eu recours à la chirurgie et elle en a fait très bon usage. Elle s’en est servie pour donner une image d’elle-même et pour montrer à son public qu’elle reste la même, un peu par politesse envers lui.

Elle est extrêmement soignée. Elle sentait très bon, ajoute Isabelle, amusée. Elle est comme une petite poupée, toute délicate, pas grande.»

Les deux femmes ont d’ailleurs plaisanté sur leur taille. Isabelle, qui n’atteint pas cinq pieds, Dolly Parton qui le frôle tout juste.

« Je comprends pourquoi les gens l’aiment autant, d’ajouter Isabelle. C’est qu’elle les respecte comme ils sont.»

À son retour à Montréal, Isabelle s’est jetée sur la biographie de Dolly Parton. Elle a appris plein de choses.

« Cette femme a une grande force. Elle a surmonté beaucoup d’épreuves, dit-elle. Mais elle n’en parle pas et garde toujours un grand sourire.»

La chanson True Blue c’est la confession d’une femme à son homme. Elle parle de son amour pour lui, de fidélité, de longévité. C’est une des chansons préférées de Dolly Parton qui a le même mari depuis 43 ans.

Ce n’est pas la première fois qu’Isabelle Boulay chante avec de grands noms. Elle l’a fait avec Johnny Halliday, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Serge Lama. Elle espère encore un jour chanter avec Willy Nelson.

« On a tort parfois de penser qu’ils sont trop big, qu’ils n’accepteront pas. Il faut tenter sa chance.»

Un album magique

On retrouvera True Blue sur le nouvel album folk country Les Grands espaces d’Isabelle Boulay qui sortira au Québec au début du mois de novembre, et deux semaines plus tard en France.

La chanteuse l’a enregistré ici à Montréal sous la direction du réalisateur français Benjamin Biolay, venu chez nous 10 jours pour le projet.

Isabelle a voulu travailler avec Biolay, qui a une grande culture country, pour amener le country au public français avec « le son et l’alliage parfait ». Elle avait connu avec lui le gros succès de 1,5 million d’albums vendus avec Mieux qu’ici bas.

Avec lui, c’est « le mariage créatif idéal », dit-elle.

Du Françoise Hardy

Sur cet album, on retrouvera aussi une vieille chanson de Françoise Hardy, une de Julien Clerc, quelques-unes en anglais et un autre duo-surprise.

Les Grands espaces est une pièce du Québécois Steve Marin qui avait fait pour Isabelle Chanson pour les mois d’hiver. «Les grands espaces, c’est mon essence profonde, dit-elle. J’aime voir loin, la mer, les montagnes à perte de vue. Ça me vient de mon enfance.»

Du côté de la France, on piétine d’impatience. Le patron de Universal, Pascal Nèg re, dit qu’il découvre Isabelle Boulay avec cet album.

Il y a près de quatre ans que la chanteuse n’avait pas produit un album pour la grande francophonie, son dernier opus, Chansons pour les mois d’hiver, ayant été exclusivement lancé au Québec.

Est-ce que son duo avec Dolly Parton lui ouvrira les portes des États-Unis ? Isabelle n’en est pas convaincue, mais elle n’exclut rien du tout.

« Il faut mesurer la portée de ce qu’est une carrière américaine, de préciser toutefois la maman d’un fiston de deux ans. Je suis pour le moment comblée par ma carrière dans la francophonie.»


Isabelle sera au FestiBlues international de Montréal, au parc Ahuntsic avec son propre band le 14 août. Elle aura pour artistes invités : Michel Rivard, Steve Marin et l’harmoniciste Guy Bélanger. La mise en scène sera signée Yves Desgagnés.

Isabelle sera du happening Paris- Québec sous les étoiles dans le cadre du Festival d’été de Québec le 7 juillet. Elle sera aussi des Jeux de la francophonie le 22 juillet à Sudbury, entourée de Zachary Richard et Andrea Lindsay.

La chanteuse sera en grande première au Casino de Paris le 1er décembre 2011 pour quatre soirs consécutifs, le début de sa tournée européenne. Elle reviendra au Québec pour une tournée en mars 2012.



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