Du bon cover band

Seule la musique compte - Du bon cover band

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal

Contrairement aux spectacles mettant en vedette certains artistes charismatiques - Madonna, Bono, Tina Turner, Mick Jagger -, lors d'un spectacle-hommage, seule la musique compte, et celle de Pink Floyd attire encore bien du monde.

Personne n'était dupe, hier, au théâtre du Centre Bell. Les 6750 personnes qui s'étaient déplacées par cette soirée glaciale savaient bien qu'elles n'allaient pas voir Roger Waters ou David Gilmour, mais la troupe Australian Pink Floyd, qui offrait l'album The Wall dans son intégralité et une poignée d'autres classiques des Britanniques.

C'est ça, Pink Floyd. L'oeuvre suffit à elle seule à attirer des milliers de fans pour entendre la musique et vivre l'imaginaire torturé de Waters, qui a pondu 90 % des compositions de l'album de 1982.

Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, voici: The Wall, ce sont les causes liées à une isolation volontaire, symbolisée par le mur du titre, qui fait office de métaphore. L'histoire se veut le suivi de la vie de Pink qui construit peu à peu le mur qui va l'isoler complètement de la race humaine.

N'ayez crainte, je ne suis pas un féru de Pink Floyd à ce point: c'est le résumé que l'on retrouve sur la discographie sélective du site pinkfloydonline.com.

Mais les fans, eux, connaissaient ça à fond et réagissaient aux premières notes de la splendide The Thin Ice et hurlaient dès les premières mesures de Another Brick in the Wall (1, 2 ou 3), Mother, Empty Spaces, Hey You, Is There Anybody out There? ou l'immortelle Comfortably Numb (livraison exceptionnelle).

Écoute religieuse

Sur le fond, la musique de The Wall a plutôt bien vieilli et Bring the Boys Back Home est encore tout à fait d'actualité.

Comme pour un vrai show de Floyd, les gens écoutaient religieusement les Australiens, qui reproduisaient fort bien les compos de l'album, qui défilaient dans le même ordre que sur les quatre faces du vinyle d'antan. En fait, on avait tous l'air d'écouter le disque dans notre salon, sur une chaîne hi-fi surpuissante et soutenu par un écran DVD surdimensionné.

Sur ce plan, on était cependant nettement en deçà de la production et de la kermesse provoquée par Waters quand il est venu jouer récemment Dark Side of the Moon. Dark Side... est plus mythique que The Wall, oui, mais c'est surtout qu'on ne peut remplacer l'émotion provoquée par les créateurs eux-mêmes.

Car si The Australian Pink Floyd est un très bon cover band, il demeure quand même un band de covers.


Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos