Le cadeau de Gilles Vigneault

Les quatre saisons de piquot - Le cadeau de Gilles Vigneault

Dernière mise à jour: 10-11-2006 | 23h05

Alors que son fils Guillaume était encore tout jeune, Gilles Vigneault prenait un malin plaisir à lui raconter des histoires. Mais pas n’importe lesquelles. Des histoires qu’il avait lui-même écrites.

C’est donc un peu, beaucoup grâce à cet enfant que les autres jeunes peuvent aujourd’hui apprécier les contes d’un des plus grands poètes québécois. «Un jour, j’ai demandé à mon fils Guillaume s’il me permettait de lui faire partager les histoires que j’avais faites pour lui avec les autres enfants francophones de par le monde. Il m’a répondu oui, mais pas toutes», raconte Gilles Vigneault.

En tout, le prolifique écrivain a composé une quarantaine de contes, dont seulement une dizaine ont été publiés. Parmi ceux-là, Les Quatre Saisons de Piquot, parues au début des années 1980 sous forme d’un 33 tours. Aujourd’hui, Guillaume a 36 ans, et c’est aux enfants de cette génération qui a grandi avec ses histoires que Gilles Vigneault s’adresse.

Sous l’invitation d’un ami compositeur, il a mis les aventures de Piquot en version musicale sur CD, avec la collaboration de l’Orchestre symphonique de Drummondville. «Les jeunes sont toujours autant attirés par les histoires, affirme Gilles Vigneault. Quand je dis à mon petit-fils : Veux-tu que grand-papa te conte une histoire ?

Il répond oui tout de suite!» lance-t-il. Il invite donc les parents à écouter et même à lire eux-mêmes à leurs enfants les histoires de Piquot. «Parce que consacrer du temps à nos enfants, c’est le plus beau cadeau qu’on puisse leur faire», assure-t-il. Gilles Vigneault fournira bientôt d’autres occasions aux familles de partager du bon temps, puisqu’il compte déjà sortir les histoires d’Éva l’an prochain, toujours en version symphonique, et pourquoi pas, les autres contes que son fils lui a permis, jadis, de partager. Et qui sait? Peut-être laissera-t-il son père en partager quelques autres ?

Grain de sel de poète
Si Gilles Vigneault aime tout particulièrement s’adresser aux enfants, il n’en demeure pas moins qu’il lui plaît de mettre son grain de sel dans une foule de sujets qui touchent de près ou de loin à l’actualité. Le poète, qui a passé sa vie à jouer avec les mots, à faire des phrases et à leur donner tout leur sens, ne parle jamais pour rien dire.

Sur le virage absurde que prennent parfois la chanson et l’humour ?
«Aujourd’hui, on consomme énormément de distractions. Il y a des artistes qui se sont adaptés à ça. Les humoristes en particulier, c’est-à-dire les humoristes de récréation. Il y a d’autres humoristes qui sont des personnages intervenant dans la société, des analystes de la société qui montrent à l’homme et à la femme un miroir d’eux-mêmes. Le stand-up comic copié sur les Américains, qui n’est pas nécessairement un intervenant socialmais qui aide beaucoup la digestion. Parce que le rire c’est bon pour la digestion. Ce qui manque, c’est de l’humour critique.»

Quelques mots sur la politique…
«Si Stephen Harper perd ses prochaines élections, ça va être sur l’écologie, l’environnement. Et personnellement, je souhaite qu’il les perde!On a bien droit à son opinion de temps en temps… Je ne dis pas que tout va être merveilleux ensuite ou même facile, mais je dis qu’il ne mérite pas, même s’il a tenu ses promesses, d’être réélu. Parce que le refus de Kyoto est une gaffe majeure à la face du monde. C’est suivre les voisins et ce n’est pas rassurant. L’environnement concerne le monde entier. M. Harper n’entend pas ces voix-là alors que le monde entier l’entend. Comme si ses oreilles se Bushent, son esprit se Bush, se ferme. Les dirigeants politiques sont responsables de ce qui va arriver à tout le monde. »

Sur les régions du Québec…
«Les gens qui disent qu’il faudrait fermer les régions devraient fermer leur boîte et réfléchir un peu avant de dire des choses comme ça. D’où viendrait le citadin? Avec quoi est-ce que la ville grossirait? Avec quoi est-ce que la ville se nourrirait sans les régions? Même sur le plan intellectuel et artistique, tout ne vient pas de la ville. Quand les artistes viennent de Montréal, ils s’en vont exercer leur métier en région. Le monde pense qu’ils sont des artistes de Montréal, mais en vérité ils viennent des régions et passent par la ville pour se faire un nom avant de retourner dans les régions chanter. Sur tous les plans, négliger les régions, c’est se négliger soi-même. C’est oublier d’où on vient et oublier d’où viennent tous les biens dont la ville profite.»

Sur la nation…
«Le Québec devient tranquillement un pays, même sans que l’on s’en rende compte parfois. On n’a pas besoin de M. Harper ou de M. Dion, ou de M. Ignatieff ou des autres pour être une nation. Le Québec est une nation. Ceux qui ne veulent pas le reconnaître, c’est un problème qui leur appartient. C’est leur problème, pas le nôtre. Le Québec ne deviendra pas un pays parce que la reine d’Angleterre aura mis sa signature sur la Constitution. Le Québec devient tranquillement un pays, quoi qu’il arrive, toutes les fois où l’on parle français, toutes les fois où l’on pose un geste politique dans ce sens. »


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