La récompense est payante!

Félix - La récompense est payante!

Pierre O. Nadeau
Le Journal de Québec

Dernière mise à jour: 01-11-2006 | 11h08

Recevoir un Félix, c'est gratifiant, mais c'est surtout payant! Du moins, dans plusieurs cas...

Dans l'industrie, on dit qu'un Félix peut mousser les ventes d'un album de 15 000 exemplaires. Un chiffre que met toutefois en doute Martin Merlino, directeur de la commercialisation chez Audiogram, l'étiquette sortie grande gagnante du 28e gala de l'ADISQ, puisqu'elle réunit notamment sous son aile Ariane Moffatt, Pierre Lapointe et Karkwa.

«C'est sûr qu'un Félix favorise les ventes d'un album, mais, dans le cas de Pierre Lapointe, qui a déjà dépassé le cap des 100 000, l'impact sera moins ressenti par rapport à un nom moins connu, comme Karkwa, qui a vendu 10 000 exemplaires depuis la sortie de son album, il y a un an. On s'attend d'en vendre de 5000 à 10 000 de plus grâce au trophée reçu dimanche (Karkwa et Pierre Lapointe étant ex æquo au titre d'auteur ou compositeur), mais aussi à la faveur du temps des Fêtes qui approche.»

Le Père Noël

Le porte-parole d'Audiogram rappelle que le gala de l'ADISQ survient tout juste avant la période des Fêtes, considérée comme la plus profitable de l'année dans l'industrie du disque. «C'est pourquoi il est plus difficile de quantifier l'impact immédiat d'un Félix, puisque vient s'ajouter l'effervescence du temps des Fêtes.»

Daniel Boucher a connu l'impact le plus considérable occasionné par le gala sur les ventes d'un album. Il a interprété La désise à un gala de l'ADISQ et les ventes de son album, plafonnées à 10 000 la veille du gala, ont explosé à 100 000 à peine une semaine plus tard.

Chez Archambault, le plus gros magasin de disques de Québec, on nous dit que c'est l'album de Kaïn qui a le plus profité des répercussions du gala de l'ADISQ au cours des deux derniers jours. On parle aussi de retombées favorables surtout pour Ariane Moffatt et même pour Diane Dufresne, à qui on a rendu hommage.

L'effet d'entraînement

«Un Félix est d'une importance majeure pour l'effet d'entraînement qu'il provoque», explique pour sa part Pierre «Bill» Saint-Georges, directeur général de Musicor.

«Il suffit qu'un jeune artiste fasse présence remarquée à l'ADISQ et, le lendemain, les stations de radio feront tourner son produit qu'elles boudaient jusque-là. Et plus la radio fera tourner sa musique, plus les journaux en parleront et plus la télé s'y intéressera; au bout, il en résultera plus de ventes du disque, mais aussi des billets de spectacle.»

«À cet égard, le gala de l'ADISQ est une vitrine suprême pour les artistes établis, mais aussi, et surtout, pour les artistes de la relève, car souvent le public peut enfin mettre un visage sur des chansons qu'il a commencé à entendre à la radio.»

«En plus, l'effet d'entraînement se poursuit jusque dans les postes d'écoute des magasins de disques, où les gens veulent en connaître davantage sur l'artiste que leur a fait découvrir le gala», explique le dirigeant de Musicor, maison distribuant notamment les albums de Star Académie et de ses têtes d'affiche, comme Wilfred ou Marie-Élaine Thibert.

Téléchargement

On parle aussi d'un impact positif sur le téléchargement (légal), dont les revenus représentent maintenant de 10 % à 20 % de l'ensemble des ventes de disque.

Depuis sa création, voilà à peine trois ans, Musicor a lancé une quarantaine d'albums; Audiogram en distribue une dizaine par année.


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