Fonceuse, frondeuse... chanteuse!

Fonceuse, frondeuse... chanteuse!

Dernière mise à jour: 18-08-2006 | 10h40

La rockeuse qui secoue le monde de la musique québécoise depuis maintenant six ans ans a convié, le 4 février, les médias au Studios Mel's, dans l'ouest de Montréal, pour le lancement de son nouvel album. Plus de 800 personnes ont été invitées pour l'occasion.

Ce nouveau CD, son troisième et le deuxième pour la maison de disques Tox, est intitulé «Maudit bordel» et comprend 13 chansons. Lors d'une entrevue accordée à Canoë Digital au mois de mai 2002, Marie-Chantal avait déjà entamé la production de ce disque et nous promettait un album tout aussi différent de son deuxième opus que ce dernier l'était du premier.

«Du premier album au deuxième, j'ai changé pour ressembler à moi-même... Premièrement, je me trouve chanceuse de ne pas avoir eu cinq albums à faire pour savoir quel style de rock je veux faire. À partir de là, les gens m'ont respecté dans ce que je voulais faire. Le prochain album va monter juste une petite coche de plus, avec des loops... Le monde vont pouvoir danser, «swinguer», même quand la toune est triste.»

Née dans le quartier Rosemont à Montréal le 14 juillet 1971, Marie-Chantal Toupin est la benjamine de trois filles.

C'est à l'aube de l'enfance que la petite blonde réalisait la dureté et la pauvreté qui régnaient dans son nouvel environnement. «Une enfance rock'n roll», décrit-elle avec le recul des années. Déjà à la maternelle, Marie-Chantal s'accommodait mal des restrictions de l'école. Elle se disputait régulièrement avec ses parents pour ne plus y remettre les pieds.

Dès l'âge de six ans, Marie-Chantal sait déjà qu'elle veut devenir chanteuse. Ses idoles de l'époque étaient Nathalie Simard, Ginette Reno, Mireille Mathieu, Martine Chevrier, Nicole Martin, Chantal Paris et Céline Dion. Son rêve était de leur ressembler et toutes les occasions étaient bonnes: dès que la visite arrivait, la petite allait se déguiser et montait sur la table du salon afin de leur donner un «show».

Plus tard, la petite Marie-Chantal donnait ses propres spectacles en mettant dehors le gros amplificateur à lampe Marshall qu'elle avait reçu pour Noël et son tourne-disque près de la fenêtre. Elle allait ensuite cogner aux portes des voisins afin qu'ils viennent s'installer devant chez elle avec leurs chaises. Un rituel qu'elle répéta «jusqu'à les écoeurer», se souvient-elle.

Ce fût par la suite la ronde de cours et de concours pour Marie-Chantal qui tentait de mettre toutes les chances de son côté en prenant des cours de claquettes avec Danielle Doris (pour peu de temps car elle détestait celà), des cours de chant avec la «mère supérieure», Clairette, qui prirent fin abruptement lorsque cette dernière est tombée malade.

À seize ans, un événement allait la marquer profondément. Alors qu'elle allait entreprendre son secondaire 3, son père est terassé par un infarctus et tombe aux pieds de Marie-Chantal en la regardant droit dans les yeux et en tentant de lui dire quelque chose. Paniquée, celle-ci se précipite chez un voisin qu'elle sait aux prises avec des problèmes cardiaques, lui demande une pilule de «nitro» mais lorsqu'elle revient chez-elle, il est trop tard. Son père était décédé à l'âge de 46 ans. Depuis ce jour, elle a toujours accordé beaucoup d'importance aux yeux et aux regards des gens (en plus de suivre un cours de RCR).

Un malheur n'arrivant jamais seul, la famille Toupin est contrainte de faire une demande d'aide sociale ayant tout perdu suite à une histoire d'impôts non-payés par leur disparu. Leur mère demanda donc à Marie-Chantal et à sa soeur aînée, Nathalie, d'aller travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Devant la dure réalité, Marie-Chantal se trouve donc un emploi dans une compagnie pharmaceutique.

C'est pendant l'enregistrement de son premier album qui devait avoir pour titre 'Poison fatal' que les choses se sont gâtées. Marie-Chantal se rend compte du subterfuge de son gérant qui avait offert ses chansons à d'autres interprètes dans le but d'obtenir des subventions. Elle fait immédiatement résilier le contrat et part à la recherche d'un autre imprésario. Il y en aura deux autres au cours des années suivantes. Lors d'une sortie avec un ami un certain soir, elle rencontre celui qui la mènera dans les bureaux de Tacca Musique. Un contrat est signé et quelques mois plus tard, soit en 1997, sort enfin le premier disque de Marie-Chantal Toupin, «Après-tout».

Après avoir recruté un nouveau gérant talentueux et respectueux de ses besoins, Marie-Chantal a mis un terme à son entente avec Tacca Musique et se retrouvait rapidement sous contrat avec la maison de disques Tox. Un second album éponyme paraît à l'automne 2000.

En pleine possession de ses moyens, fougueuse comme pas une, Marie-Chantal Toupin a beaucoup appris de la vie, même si celle-ci ne fut pas des plus faciles. Cette femme aux multiples passions; dessin, peinture, lecture, décorations intérieure, bricolage, lève pour la première fois le voile sur sa vie. Sa maturité et ses expériences en ont fait une femme décidée qui n'a certainement pas fini de nous étonner et de nous éblouir. (Canoë)

  • Site officiel de Marie-Chantal
  • Entrevue sur Canoë Digital avec extrait audio et vidéo

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