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Osheaga - Garbage et Snoop Lion volent le show
Photo GHYSLAIN LAVOIE/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI
Snoop Lion

OSHEAGA

Garbage et Snoop Lion volent le show


Marc-André Lemieux
04-08-2012 | 23h36

Deux en deux pour Osheaga. Le festival affichait de nouveau complet samedi. Dans une chaleur torride, les 40 000 amateurs ont applaudi des performances enflammées, à commencer par celle de Garbage.

En fin de soirée, Snoop Dogg s’est aussi illustré, mais pas toujours pour les bonnes raisons. Le rappeur donnait son deuxième concert sous son nouveau pseudonyme, Snoop Lion. Car tenez-vous bien, le Californien est convaincu d’être la réincarnation de Bob Marley depuis un récent voyage en Jamaïque.

Quoi qu’il en soit, M. Lion est monté sur scène avec 45 minutes de retard. Ses fans n’ont pas semblé lui en tenir rigueur, car l’ont applaudi à tout rompre quand il est sorti des coulisses sur l’air pompeux de Carmina Burana de Carl Off. Accompagné par deux danseuses vêtues de «tracksuits», l’icône a offert ses tubes – et ceux des autres sur lesquels il figure (P.I.M.P. de 50 Cent, California Gurls de Katy Perry) – dans un style relaxe et désinvolte. Un peu triste étant donné qu’en 2010, il nous avait soulevé en milieu d’après-midi.

Shirley Manson avec attitude

Shirley Manson est arrivée sur scène d’un pas décidé à 19 h 15. Charismatique à l’os, la belle Écossaise de 45 ans a montré de quel bois elle se chauffait avant même d’ouvrir la bouche. Les mains sur les hanches, ses cheveux roux ramassés en chignon conique, bas résilles, minishorts, camisole noire, talons hauts, la chanteuse paraissant déterminée à conquérir la planète. Et c’est exactement ce qu’elle a fait (le Parc Jean-Drapeau, du moins).

Entourée de Butch Vig, Duke Erikson et Stev Marker, elle a sonné la charge avec Automatic Systematic Habit, une pièce tirée du nouvel album du groupe (son premier en sept ans), Not Your Kind of People. Arpentant la scène telle une féline ayant repéré sa proie (la foule), Manson a revisité avec intensité les plus grands succès du groupe, dont I Think I’m Paranoid (plus pesante qu’à l’accoutumée), Queer, Special, Vow et #1 Crush, cette belle ballade hypnotique extraite du film Romeo et Juliette de Baz Luhrmann.

Après avoir salué les milliers de fans qui s’étaient déplacés, la chanteuse ne s’est pas gênée pour envoyer un message clair à ses détracteurs. « À tous ceux qui détestent Garbage : allez vous faire foutre! » s’est-elle écriée. Quelques minutes plus tard, Manson révélait une facette plus tendre de sa personnalité. Avant d’entonner Cherry Lips (Go Baby Go), elle a demandé au garde de sécurité de récupérer une lettre qu’une spectatrice postée dans la première rangée lui tendait.

Pendant plus d’une heure, Garbage a prouvé que son rock électronique n’avait pas pris une ride depuis les années 1990. Le quatuor a d’ailleurs conclu sa prestation sous les applaudissements et les cris avec Push it et l’incontournable Only Happy When it Rains … pendant que les premiers nuages de la journée flottaient sur l’île…

Un seul bémol, l’absence remarquée de Stupid Girl. Ne reste plus qu’à souhaiter qu’ils reviennent cet automne pour racheter ce faux pas!

Dumas en belle forme

Dumas et son «britpop québécois» ont aussi tiré leur épingle du jeu en sandwich entre Young the Giant et Brand New à 17 h. Pendant que le soleil disparaissait tranquillement derrière la scène, le chanteur a ouvert sa prestation de 50 minutes avec Mes révolutions avant d’enchaîner avec deux chansons tirées de son dernier album, L’heure et l’endroit (la pièce-titre) et Souvenirs en mitraille.

Grosseur de l’événement oblige, Dumas avait appelé quelques musiciens en renfort. Outre ses musiciens habituels (Jocelyn «The Doctor» Tellier à la guitare, Alex Dumas à la batterie et Marc-André Larocque à la batterie), il était épaulé par Vincent Réhel aux claviers et Liu-Kong aux percussions. Ensemble, ils ont offert des versions bonifiées des plus grands succès de l’auteur-compositeur, dont Miss Ecstasy, Alors alors et Au gré des saisons (le morceau parfait pour lever les mains en l’air en criant des « oh, oh, oh, oh »).

Le thermostat avait beau afficher 30 degrés Celsius, Dumas a porté son éternel complet noir jusqu’à la fin du concert. Au diable la sueur qui ruisselait sur son front! Parlant de chaleur et d’humidité, on n’a pu s’empêcher de sourire quand on l’a entendu chanter les premières paroles de J’erre : « Je marche souvent dans la ville / Montréal en hiver ça rend solitaire. »

Beau clin d’œil, Dumas et son groupe ont joué Le fleuve gelé, sublime ballade dans laquelle il mentionne l’île Sainte-Hélène. « Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de jouer ici! » s’est-il exclamé.

Il a conclu son mini concert devant une foule captive – mais pas assez nombreuse – avec l’accrocheuse Le bonheur, qui décrivait bien notre état d’esprit en cette torride fin d’après-midi.

Un mot sur Feist, la Canadienne a visiblement ravi les spectateurs avec les titres de son plus récent opus, Metals. Épaulée par trois choristes, l’auteur-compositrice a aussi revisité quelques-uns de ses tubes, dont My Moon My Man.

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