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Tuskegee - Le vrai Lionel Richie
© Getty Images for CFN /AFP
Lionel Richie

TUSKEGEE

Le vrai Lionel Richie

Jane Stevenson
31-03-2012 | 17h00
Le chanteur de funk, de R&B et de ballades pop sirupeuses Lionel Richie est passé du côté country de la clôture sur son dernier disque, Tuskegee.

On l’y retrouve en compagnie de vedettes de Nashville, notamment la Canadienne Shania Twain, dans des réinterprétations, en duo, de ses plus grands succès comme artiste solo et avec le groupe The Commodores.

Né à Tuskegee, en Alabama, il y a 62 ans, Richie affirme qu’il s’était en fait éloigné de sa fibre naturelle, lorsqu’il a commencé avec The Commodores, en 1968.

«Lionel Richie n’est pas devenu country. J’ai toujours été country; j’ai grandi dans ce milieu et dans cette région», a rappelé le célèbre interprète.

«La pop ne m’est pas venue naturellement, a-t-il poursuivi. Pas plus que d’être un chanteur de R&B. Je ne suis pas un chanteur de soul. Je suis un conteur. Lorsque j’étais jeune, en Alabama, nous écoutions ce qui jouait à la radio, des artistes comme Patsy Cline ou Johnny Cash. Puis, lorsque j’étais avec The Commodores, Conway Twitty a enregistré notre chanson Three Times a Lady, un an après sa consécration sur les palmarès. Kenny Rodgers l’a interprétée à son tour, 22 millions de copies plus tard. Je suis un membre virtuel de la Country Music Association depuis 1982. C’est juste que personne n’était au courant. Je ne suis pas passé au country, mais toutes mes chansons le sont devenues.»

Richie a récemment réussi le tour de force de vendre plus de 20 000 copies de Tuskegee lors d’une apparition d’une heure à la chaîne Home Shopping Network, à St. Petersberg, en Floride.

Il enregistre actuellement, dans les studios de MGM Grand, un spécial de deux heures pour la télé, Lionel Richie and Friends, qui sera diffusé le 13 avril à la chaîne CBS. Cela se fera toutefois sans Twain, qui a été la plus difficile à inclure sur un album mettant entre autres en vedette Jennifer Nettles de Sugarland, Tim McGraw et Kenny Chesney.

Twain, qui chante sur Endless Love, le premier simple de Tuskegee, était aux prises avec de sérieux problèmes vocaux au moment de l’enregistrement du disque, et Richie a dû aller la rejoindre aux Bahamas pour mettre en boîte le duo.

Une fois sur place, il s’est rendu compte qu’elle enregistrait une émission de télévision complète, intitulée Why Not? with Shania Twain, sur ses problèmes de voix, un épisode éventuellement diffusé sur la chaîne OWN.

«Je n’avais pas réalisé l’ampleur de son problème, s’est souvenu Richie. Ce n’est qu’une fois aux Bahamas que je me suis dit: Attendez. C’est une émission de télévision? Mais qu’est-ce que je fais ici?. Et là, j’ai compris. La première note à sortir de sa bouche en sept ans a été la première note d’Endless Love. Il s’agit maintenant de trouver le moyen de la faire remonter sur scène et de faire en sorte qu’elle se sente bien de chanter de nouveau et, ça, c’est une tout autre histoire.»

Richie et Nettles participeront également à une nouvelle émission estivale appelée Duets, à la chaîne ABC, dans le cadre de laquelle les deux chanteurs, de même que Kelly Clarkson et Robin Thicke, parcourront les États-Unis à la recherche de partenaires de duo.

Les bienfaits de l’autodérision

Lionel Richie sait rire de lui-même.

Exemple à l’appui: il s’est bien moqué d’une campagne de promotion qui circule dans les rues du monde entier, où l’on a distribué des circulaires illustrées d'une photo des années 80 du chanteur (il arbore une coupe afro de belle dimension) et titrées Hello?, avec les mots célèbres sous la photo: «Is it me you're looking for?»

Les paroles complètes de la chanson de Richie y sont inscrites sur des bandes à déchirer.

«Je suis au courant», a dit Richie en riant, lorsque l’Agence QMI lui en a montré une copie.

«Ça m’a été envoyé des quatre coins du globe. Cette photo est sur un poteau à Delhi, en Inde. Dans des dortoirs universitaires. C’est devenu viral, il y a environ un an, et ça n’a jamais ralenti. C’est dans tous les pays. Et je me suis dit: Si j’avais essayé de monter un truc pareil, ça n’aurait jamais décollé. J’adore ça.»

«Dans notre milieu, il est essentiel de savoir rire de soi, sinon, tout risque de vous rendre complètement dingue. Rappelez-vous, j’ai voulu projeter cette image de moi. Bien sûr, quand je regarde ça aujourd’hui, je me dis: Mais à quoi est-ce que je pouvais bien penser? Mais ça, c’était il y a une vingtaine d’années. À l’époque, c’était ce qu’il y avait de plus branché, de plus dans le vent.»

L’affiche l’a même obligé à donner raison à son fils de 17 ans, Miles. «J’essayais de le convaincre de se couper les cheveux et je lui ai dit: Miles, tu dois t’occuper de cette tête, tu as bien trop de cheveux. Et là, il a sorti cette photo et m’a répondu: "Vraiment, papa?” J’ai dû m’avouer vaincu. »
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