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Nationalisme - Gilles Vigneault craint pour Pauline Marois
© Pierre-Paul Poulin/Agence QMI
Gilles Vigneault rencontré dans son patelin nous a fait part de ses opinions.

NATIONALISME

Gilles Vigneault craint pour Pauline Marois


Agnès Gaudet
15-09-2011 | 06h53

L'auteur-compositeur-interprète et poète québécois, Gilles Vigneault, croit toujours à l'indépendance du Québec, mais il estime que les hommes ne sont pas prêts à accepter Pauline Marois, une femme, comme premier ministre. Il souhaite également un contrôle plus étroit de l'immigration, pour sauver notre langue et notre culture.

Le poète de 82 ans, croit toujours qu'on a l'occasion de se faire un pays, mais il se demande comment on pourra le faire et avec quel dirigeant.

«On a encore du mal à supposer qu'une femme (Pauline Marois, chef du PQ) puisse être un vrai leader», dit-il. L'homme a encore beaucoup de mal à se soumettre à l'idée, à s'imbiber de cette notion qu'une femme peut être premier ministre et peut conduire les moutons à la bergerie sans avoir peur du loup.

Cela fait partie des difficultés de Pauline (Marois) et de la jeunesse d'une nation qui n'a pas encore intégré la notion de pays, poursuit-il. Il faut que beaucoup, beaucoup de gens apprennent d'abord ce qu'est un pays, apprennent ce qui est possible, et cessent d'avoir peur.

Les machines à peur seront toujours là pour nous empêcher de faire un pays, déplore-t-il. Mais comme disait Gaston Miron (poète québécois): »Tant que l'indépendance ne sera pas faite, elle sera à faire. Sans quoi, non seulement Montréal, mais toute la province de Québec sera submergée par l'anglais. Le Québec perdra sa langue et perdre sa langue, c'est perdre son âme, son ADN.»

Trop pressés

C'est en marge d'une entrevue pour son nouvel album de duos qui débute avec la chanson Gens du pays et se termine par Il me reste un pays, deux chansons patriotiques, que Gilles Vigneault, qui aura 83 ans le 27 octobre, se prononce sur l'actualité politique, avec toute la sagesse qu'on lui connaît, effleurant au passage la turbulence qui secoue le Parti québécois (PQ).

Gilles Vigneault estime qu'il reste un pays à faire, comme le dit sa chanson, mais qu'il faut y mettre énergie et temps.

«Le pays est là, dit-il. Il faut qu'on le laisse pousser à l'intérieur de chacun de nous. Nous les Québécois, on est pressé. Y'a des pays, des peuples qui ont attendu trois siècles pour se faire un pays. Nous, on veut ça en 30 ans. C'est l'erreur de jeunesse d'une nation, d'un peuple.»

La couleur des murs

Gilles Vigneault garde toutefois espoir et il croit que les jeunes seront plus audacieux que nous l'avons été jusqu'à maintenant. Il admet néanmoins que l'immigration doit vite subir de profonds changements.

«L'immigration doit être contrôlée, estime-t-il. Pas sur le nombre, mais sur la façon. On est capable d'absorber beaucoup d'immigration à condition que les immigrants soient capables de supporter notre langue. Il faut avoir tout de suite des règles qui fassent que les immigrants ne viennent pas immédiatement changer la couleur des murs.

Ils sont accueillis. Leur manière de nous accueillir à leur tour est d'accueillir notre langue, notre manière d'être et de vivre.»

Le nouvel album de Gilles Vigneault Retrouvailles 2 sera lancé le 15 septembre. On y retrouve 14 duos avec de grands noms de la chanson québécoise, tels Paul Piché, Daniel Lavoie, Richard Séguin, Fred Pellerin, René Martel, Marc Hervieux, Clémence Desrochers et Daniel Boucher. Tous les détails dans notre cahier week-end, de samedi.

* * *

CE QU'IL A DIT SUR...

Les nouveaux partis politiques:

«On dirait déjà pour certains qu'ils ont fait alliance pour diviser et régner. Comme Jules César qui a fait toutes ses conquêtes avec la devise "divise et règne".»

La peur de voter selon ses convictions:

«La peur paralyse. Il faut la regarder en face et l'analyser. Et souvent, on découvre qu'on a peur de soi-même, de ce qu'on peut faire si on ose.»

Sa chanson Gens du pays, comme hymne national du Québec:

«Je regarde passer le monde et jusqu'ici les drapeaux et les hymnes nationaux ont tué et détruit. Ce n'est pas un destin honorable pour une chanson. Alors moi, j'écris des chansons, pas des hymnes nationaux.

Et puis, quand on a un bateau, -si on a un bateau-, le drapeau sur le mat ne le fait pas avancer plus vite. Au contraire, il le retarde un peu.»

L'indépendance du Québec:

«Par contre, si on embarque sur un bateau et qu'on ne croit pas qu'il puisse aller en mer où atteindre l'autre rive, vaut mieux rester à terre.»

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