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Concert  - Béatrice Bonifassi: charmant délire à la française
© Tzara Maud / Agence QMI
Béatrice Bonifassi, connue aussi pour sa participation à la trame sonore des Triplettes de Belleville.

CONCERT

Béatrice Bonifassi: charmant délire à la française


Jean-François Cyr
09-09-2011 | 22h46

MONTRÉAL – De Piaf à Bashung, en passant par Gainsbourg et Léo Ferré, Béatrice Bonifassi, cette même voix singulière qui a collaboré avec DJ Champion ou encore Jean-Phi Goncalves, du duo électrorock Beast, a revisité avec six musiciens des classiques de multiples époques, vendredi soir, lors d'un spectacle singulier offert au National, à Montréal.

Connue aussi pour sa participation à la trame sonore des Triplettes de Belleville, la chanteuse a complètement changé de registre pour explorer la chanson réaliste française et remettre au goût du jour de grands succès comme Est-ce ainsi que les hommes vivent?, extrait d’un poème de Louis Aragon interprété par Léo Ferré, Madame rêve d’Alain Bashung ou encore Tout fout l’camp, d'Édith Piaf.

Sur la scène, six musiciens étaient disposés en demi-cercle. Une polka entraînante intitulée Overcoat (Alfred Schnittke) a ouvert le bal. Quelques instants après, Bonifassi, a lentement zigzagué entre les instruments, un bâton de pèlerin en bois à la main. Vêtue de noir, la chanteuse aux airs de garçonne séduisante s'est avancée tout près des spectateurs. Ses gestes étaient lents et amplifiés.

Elle a commencé par chanter Le billard électrique, de Piaf. La puissante voix ensorcelante de la chanteuse a fonctionné à merveille. Elle dansait parfois de façon sensuelle, tantôt avec des mouvements quasi déments. C'était presque du théâtre, et la bande s’est généreusement prêtée au jeu.

«Je vous entraîne dans mon réalisme des temps modernes, qui n'est plus là, malheureusement», a-t-elle dit à la foule. En effet, on remonte le temps dans ce spectacle qui puise de la musique des années 1920, mais aussi de plusieurs autres décennies. Elle a même interprété Le temps des cerises (musique Antoine Renard et texte Jean-Baptiste Clément), une chanson datant de 1866.

On a aussi entendu le Tango instrumental d’Igor Stravinsky, L'herbe tendre de Serge Gainsbourg, L’orgue de Barbarie (texte de Jacques Prévert sur une musique de Franz Liszt), ou encore quelques morceaux de son cru, comme Improvisation no 15, de Francis de Francis Poulec, avec des paroles de Béatrice Bonifassi. «Cette chanson respire la tournée des grands-ducs. Vous savez, le party de jour... Dans lequel on voyait Paris comme dans un diaporama», a-t-elle expliqué, dans son accent délicieux, poli par ses origines européennes.

Un cabaret éclaté

D'ailleurs, avec un charme certain, Bonifassi a rapidement installé une agréable complicité avec l'audience en ponctuant la prestation de bribes d’histoires et d'anecdotes sur la vie, la carrière et l'époque des auteurs proposés durant la soirée.

Derrière la musique, Bonifassi a grandement participé aux arrangements de ce concept de style cabaret qui suggère un univers éclaté, burlesque et sensuel. Dans l'ensemble, les 150 personnes présentes ont fortement apprécié le monde particulier dans lequel nous ont plongés les sept artistes.

Rappelons que Bonifassi n'a pour ainsi dire pas chanté en français depuis 25 ans. La chanteuse a offert deux concerts à guichets fermés lors des Francofolies cet été. Ses deux prochains concerts se tiendront les14 octobre et 11 novembre, au National.

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