MARIE-CHANTAL TOUPINEmbrasser le rockDany Bouchard 23-10-2010 | 14h00
Alors qu’elle chantait Noël l’an dernier, Marie-Chantal Toupin évoquait déjà son envie de faire un prochain album rock. La chanteuse s’est gâtée avec Premier Baiser, son 8e album en carrière, qui sera lancé cette semaine. L’an dernier, la chanteuse a proposé un disque de Noël, Noël, c’est l’amour, qui s’est vendu à quelque 40 000 exemplaires. Comme promis, la chanteuse revient cette fois avec un album rock. «J’étais sur scène, dans plein de projets, dit-elle à propos des mois qui ont suivi sa série de spectacles des Fêtes. J’étais en show avec I Love Rock’n’roll et en préparation du nouvel album.»
«Je suis entrée trois fois en studio. Ça s’est passé tellement vite; on appelle ça un album éclair. Les tounes étaient l’fun à chanter du premier coup, dès que je les recevais», confie la chanteuse. Premier baiser compte 11 titres, comme Laisse faire, Des milliers de sourires, Ta vraie nature, Chacun pour soi et Mal d’amour. «J’étais une bécotteuse quand j’étais petite. Je ne me souviens pas de mon premier baiser ni avec qui non plus. Ça devait être à ma poupée», dit la chanteuse en riant.
SÉNÉCAL, TABRA, D’AMOURClaude Sénécal a été mis à contribution pour plusieurs des chansons, tant au niveau des textes que de la musique. Roger Tabra, qui a écrit plusieurs grandes chansons d’Éric Lapointe, signe pour sa part les paroles de Premier baiser, la pièce titre de l’album. Marie-Chantal Toupin chante aussi Le poème, un texte et une musique de Christian Sbroca. Elle reprend aussi Mal d’amour de Claude Michel. «Ça faisait douze ans que je demandais à Édouard (Éduardo Da Costa, son gérant) de la faire et, finalement, ça a abouti», dit-elle. Deux des titres de l’album portent la griffe de France D’amour, une autre artiste qui est dans le giron d’Éduardo Da Costa. Au départ, ce dernier avait demandé à France D’Amour d’écrire sur l’alzheimer. La chanteuse a rempli sa mission avec Oublier, la quatrième piste de l’album. «On a passé une demande à France D’Amour pour une toune, mais elle m’en a pondu deux», raconte Marie-Chantal Toupin, en disant avoir été charmée par les paroles de Un pour moi. La pochette de Premier baiser est illustrée par deux lèvres rouges, un dessin de Jeska, une artiste-peintre que Marie-Chantal Toupin «parraine». «On peut se permettre de mettre autre chose que ma face sur le cover», estime la chanteuse qui en est à son huitième album en carrière. Marie-Chantal Toupin décrit Premier baiser en trois mots: rafraîchissant, rock’n’roll et authentique. «J’avais une mission dans ma tête de faire un album rock et je suis restée dedans, dit-elle, visiblement très fière du résultat. «Il y a pas une grande différence avec les autres albums, mis à part À distance et Non négociable. C’est la continuité rock de Maudit Bordel. Les guitares sont beaucoup plus prononcées, beaucoup plus en avant», décrit-elle. L’album servira de matériel à un nouveau spectacle pour une tournée qui doit débuter en février prochain. Créative, Marie-Chantal Toupin songe déjà à son prochain album, qui pourrait faire mentir son habitude de proposer du nouveau matériel tous les deux ans. «J’aimerais ça faire un autre album dans pas long. Comment on appelle ça? On the side? Pour les jours (une chanson de son nouvel album), c’est très zen, très relaxant; j’aimerais ça faire un album comme ça», confie-t-elle.
DEPUIS 1997Marie-Chantal Toupin a proposé son premier album au public québécois en 1997, baptisé Après tout. «Ça fait longtemps; 13 ans, c’est beaucoup, dit-elle en regardant pardessus son épaule. Ça fait 13 ans que j’ai un public qui m’est encore fidèle.» Marie-Chantal Toupin se dit fière du travail accompli durant toutes ces années. Avec l’expérience qu’elle a acquise, son conseil à quelqu’un qui commence dans le métier est fort simple: «Trouvez-vous un gérant fou. C’est le gérant qui fait la différence. «Il n’y a plus rien à inventer. T’inventes plus rien aujourd’hui, tout est là», dit-elle.
L’Europe un jour, peut-être…Marie-Chantal Toupin n’a jamais mis une croix sur son souhait d’aller chanter en Europe, de tenter sa chance auprès du public français. «C’est pas mort, mais c’est pas fort. J’arrête pas d’achaler Édouard (Éduardo Da Costa, son gérant) parce que je veux y aller. Un jour, on va y aller. Juste chanter dans les bistros, n’importe quoi… Essayer deux ou trois restos pour voir comment ça marche. (...) En même temps, c’est un nouveau défi: les Français vont-ils aimer ça? C’est recommencer à zéro», dit-elle. Premier baiser n’est pas taillé pour une conquête du marché européen, mais Marie-Chantal Toupin y voit quelques pistes qui seraient susceptibles d’intéresser les Français. «Ce serait l’fun qu’il (son gérant) aille leur faire écouter Mal d’amour, que j’aime particulièrement. On pourrait aller chanter dans des bistros. Je suis tannante avec ça, je le lâcherai pas… Un jour», dit-elle. Si ce n’avait été de sa séparation professionnelle avec Éduardo Da Costa (qui était aussi son amoureux à l’époque), Marie- Chantal Toupin est convaincue qu’elle aurait peut-être déjà sa place en France. «Je serais allée en Europe parce qu’on avait fait les démarches. On avait déjà un contrat là-bas. «Mais je ne vis pas vraiment en arrière, moi, je vis plus en avant», dit-elle, le regard pétillant. Marie-Chantal Toupin et Éduardo Da Costa se sont séparés en 2005, mais ils ont renoué - professionnellement - en 2007. «Avant, c’était mon chum et il était beaucoup plus tenace. Le non, c’était le début d’un oui, ça fait que quand il disait non, t’étais faite. Là, quand je dis non, c’est non. «C’est le champion des gérants dévoués. Je suis contente de l’avoir encore dans ma vie parce que mon rêve reste encore le sien, dans le sens qu’on a toujours de beaux projets. (...) On a une collaboration extraordinaire. On ne s’obstine plus, dit-elle en riant. C’est zen, c’est calme. Édouard lâche prise assez vite et moi aussi.»
BIENTÔT LA QUARANTAINEMarie-Chantal Toupin aura 40 ans en juillet prochain. «Je dis déjà que j’ai 40 ans, comme ça quand je vais l’avoir, je vais être moins traumatisée, dit-elle en souriant. «T’es pas moins ambitieux, mais tes priorités changent, dit-elle à propos de cette étape de vie. Maintenant, c’est de prendre plus soin de moi, de ne pas me rendre malade à faire des shows, et prendre tout ce qui passe parce que j’ai peur de manquer le train. C’est de savoir bien doser.» La chanteuse en sait quelque chose. À la fin de l’été 2009, Marie-Chantal Toupin, épuisée, a pris la décision de ne pas animer, comme prévu, une émission quotidienne sur les ondes de Musimax. «Quand je suis fatiguée, au lieu de pousser et pousser, j’arrête. Pour de vrai. J’ai un système d’alarme assez efficace ; quand ça sonne, ça sonne», dit-elle. Toujours célibataire, la chanteuse se voit encore sur scène dans dix ans. «En santé et encore en train de chanter. Du rock», précise-t-elle. |