FESTIVAL MUSICALLes FrancoFolies dans une situation précaireMichelle Coudé-Lord 12-05-2010 | 04h00
Les FrancoFolies ne peuvent pas, cette année, profiter du programme d’urgence créé par Ottawa en 2009 pour venir en aide aux manifestations de renom, un programme temporaire de relance économique. Le programme appuie des manifestations touristiques au pays pour 39 M$. Or, cette année, deux événements majeurs écopent : les FrancoFolies, qui voient leur budget amputé de 1,5 M$ et le Grand Rire de Québec, de 955000$. Le ministère de l’Industrie du Canada ne finance cette année que deux grands événements par ville. Ainsi, à Montréal, les festivals de Jazz et Juste pour rire ont reçu 3 M$ chacun. À un mois des FrancoFolies, c’est un peu la panique chez les dirigeants. Alain Simard, le patron de Spectra, en visite en Chine en compagnie du maire de Montréal, fait pression de là-bas pour que le tir soit corrigé. «On frappe à toutes les portes présentement pour corriger la situation. On ne comprend pas que les FrancoFolies sont le 9e grand événement au pays; qu’elles font la promotion de la culture francophone, avec des retombées économiques de 26 M$, et attirent 21 % de touristes dans la ville. On répond à tous les critères de ce programme, tout comme l’an dernier. Nous avons envoyé notre demande le 8 janvier et jamais on ne nous a laissés croire que la subvention ne serait pas renouvelée. De notre côté, les sommes sont déjà engagées. Nous avions déjà un déficit accumulé de 700000$; cette coupure d’Ottawa place les FrancoFolies dans une situation précaire», a expliqué Laurent Saulnier. La ministre Verner en renfortÀ Québec, le patron du Grand Rire, Sylvain Parent-Bédard, a remis en urgence le dossier entre les mains de la ministre Verner. «On ne peut subir une telle coupure à quelques semaines d’un événement. Il nous faut un financement alter natif. On a confiance que la ministre saura trouver une solution.» Le Grand Rire a un budget de 9 M$ et les FrancoFolies, 10 M$. Normalement, ce programme prend fin cette année, mais Gilbert Rozon, qui a aidé à créer la Coalition canadienne des festivals, travaille en compagnie de ses collègues au prolongement de ce programme d’aide, chiffres à l’appui: 15 festivals, 12,6 millions de participants, injection de 650 M$ au produit intérieur brut dans leur économie locale et la création de 15 600 emplois à temps plein. Rappelons que le gouvernement de Stephen Harper n’a déjà pas la cote dans le monde culturel québécois ; ce n’est pas une telle décision, à quelques semaines de gros événements, qui va renverser la situation. «Personne n’a vu venir cette décision. Ces événements demandent des négociations avec des artistes importants des mois d’avance. Ils auraient dû nous donner des signes avant vendredi dernier», soutient Laurent Saulnier, déçu et choqué par cette décision. Précisons que le gouvernement québécois accorde 1 520 000 $ aux FrancoFolies, soit 14,8 % du budget et le fédéral, 1 995 000 $, soit 19,5 %, en incluant la subvention du ministère de l’Industrie ; sans elle, l’aide du fédéral aux FrancoFolies s’élève à 476 667 $. Quelques événements de renom au Québec qui ont reçu leurs subventionsCarnaval de Québec: 1 449 435 $ Festival de montgolfières de Gatineau: 704 578 $ Festival des traditions du monde de Sherbrooke: 146 160 $ Festival d’été de Québec: 2,8 M$ Festival d’été de Tremblant: 703 530 $ Festival de Jazz: 3 M$ Juste pour rire: 3 M$ Festival de St-Tite: 647 625 $ Festivent de Lévis: 230 000 $ Grand Prix de Trois-Rivières: 482 250 $ Festival des Mongolfières de St-Jean-sur-Richelieu: 1 082 100 $ |